Quatre grandes villes flamandes ont emboité le pas à plusieurs pays européens et ont interdit les spectacles itinérants mettant en scène des oiseaux de proie. Si, comme nous, vous souhaitez que ces démonstrations de rapaces soient également interdites dans votre commune, adressez dès à présent cette lettre à votre bourgmestre et aux échevins concernés (bien-être animal, culture et environnement). N’hésitez pas à y joindre également notre guide qui expose les arguments contre ces démonstrations !

Jadis, la fauconnerie était l’art de dresser des oiseaux de proie afin d’attraper du gibier. Aujourd’hui adaptée à notre époque, cette maîtrise ancestrale classée par l’UNESCO est essentiellement utilisée afin d’effaroucher des oiseaux qui, en sur nombre, occasionnent des nuisances. Cependant, certains faussaires n’ont pas hésité à détourner ce savoir-faire et exploitent désormais les rapaces au travers d’activités purement lucratives et récréatives. Tel est le cas des spectacles qui exhibent ces oiseaux sauvages lors de marchés médiévaux, de journées portes ouvertes dans les écoles ou encore lors de cérémonies de mariage.

Ces dérives de prétendus « fauconniers » contreviennent au bien-être des rapaces et travestissent de manière dangereuse leur nature sauvage intrinsèque. Par conséquent, la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux invite chaque commune wallonne à interdire les démonstrations d’oiseaux de proie et a fortiori, l’exhibition de rapaces nocturnes lors de festivités et d’évènements occasionnels ou saisonniers.

Les arguments

Atteinteau bien être animal. Les représentations de rapaces transbahutent sur les routes des espèces sauvages et les exhibent à un public bruyant et exubérant. Certains démonstrateurs paradent en compagnie de rapaces nocturnes en pleine journée ou privent les oiseaux de nourriture afin de motiver leur retour lors des spectacles d’envol.  En dehors de ces moments de liberté factices, les rapaces sont tantôt encagés, tantôt attachés.

Entrave à la nature sauvage. Les animaux issus d’espèces sauvagesn’ont plus leur place dans les cirques et les expositions itinérantes depuis 2014 [1]. Cette résolution s’appuie sur  la reconnaissance que ces structures ne sont pas à même de répondre aux besoins éthologiques de tels animaux. Selon la Ligue, cette vérité devrait aussi s’appliquer aux démonstrations itinérantes employant des oiseaux de proie.

Rôle éducatif incohérent et obsolète. Etant captifs, ces « acteurs » à plumes ne peuvent présenter un comportement normal ou naturel.De plus, les documentaires, les plateformes internet et les diverses excursions ornithologiques offrent de nouvelles alternatives pour s’ouvrir au monde sauvage tout en le respectant davantage.

Perception erronée et dangereuse. Elles transfigurent la nature sauvage d’animaux en celle de compagnons domestiques. Elles peuvent inciter à l’achat de rapaces souvent malavisés par les particuliers dont aucune vérification de leur aptitude à manipuler de tels animaux n’est encore exigée à ce jour. L’horizon de l’oiseau se limite alors souvent à la vue de ses barreaux.

Menace sur la conservation d’espèces. L’engouement des démonstrateurs et des particuliers pour les rapaces peut dans certains cas inciter à leur capture en pleine nature et générer un trafic illégal compromettant la conservation de certaines espèces.

Risque écologique. Ces envols itinérants d’oiseaux de proies, parfois exotiques, sont susceptibles d’effrayer et de perturber les oiseaux alentours ainsi que le reste de la faune locale. Ce risque étant décuplé lors de l’évasion de ces rapaces.

Références

[1] Article 4 de l’Arrêté Royal modifiant l’arrêté royal du 2 septembre 2005 relatif au bien-être des animaux utilisés dans les cirques et les expositions itinérantes.

Document à télécharger : La lettre

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