Description et habitat

Le Loup européen, plus petit que son cousin d’Amérique du Nord, occupait jusqu’au Moyen-Âge l’aire de répartition la plus vaste au monde : l’ensemble de l’hémisphère nord. Frôlant l’extermination au XIXème siècle, le Loup survit dans un premier temps en Italie, au Portugal et en Espagne ainsi qu’en Pologne et dans les Carpates roumaines. En Belgique, le dernier loup connu a été tué en 1897. Depuis les années 70, profitant entre autres de son statut de protection et de la présence d’ongulés sauvages, il recolonise peu à peu ses anciens territoires. En effet, des loups sont entrés en Allemagne depuis la Slovaquie et la Pologne. D’autres individus, venant d’Italie, ont recolonisé des territoires français via le Parc National du Mercantour.

Législation

Le loup est à présent repris comme espèce protégée par la Convention de Berne (1979) et la Directive Habitats (1992) de l’Union Européenne. Au niveau belge, il est protégé par la loi de la conservation de la nature (1973) et repris dans l’Arrêté du Gouvernement wallon visant l’indemnisation de dommages liés à certaines espèces animales protégées. La ministre de la nature et de la forêt Céline Tellier travaille de son côté à l’élaboration d’un “plan loup” qui sera présenté en février 2020. Celui-ci vise à l’amélioration de la cohabitation entre éleveurs, chasseurs et loups.

Loup en Belgique

C’est au début 2018 qu’une louve quitte sa meute en Allemagne pour s’établir à plus de 500 de kilomètres de là, dans la province flamande du Limbourg. « Naya » est la première louve de retour en Belgique après plus de 100ans d’absence. En mars 2018, un deuxième loup est arrivé en Flandre, mais a été directement victime du trafic routier. En juin 2018, un nouveau loup a été observé en Wallonie, dans les Hautes-Fagnes. Depuis août 2018, un loup mâle surnommé « August » a été détecté et formait un couple avec « Naya » jusqu’à la disparition de celle-ci, vraisemblablement tuée par des chasseurs. Une nouvelle louve, Noëlla, s’est installée en décembre 2019 sur le territoire d’August.

Comportement et écologie

Prédateur opportuniste et intelligent, le loup est capable de s’adapter à des situations très diverses. Si ses proies principales sont des ongulés sauvages (chevreuils, cerfs, sangliers), il peut également consommer des petites proies, des insectes, des fruits ou se nourrir d’animaux morts.

Le loup est une espèce sociale. Bien que l’on parle de meute comme pour les chiens, les populations se structurent en familles, s’articulant autour d’un couple reproducteur accompagné de ses jeunes. Le couple dominant ne se reproduit qu’une fois par an, engendrant 4 à 8 louveteaux. La mortalité est très élevée chez les jeunes, qui quittent la meute entre 1 et 4 ans pour s’établir sur de nouveaux territoires et fonder leur propre meute. Le loup ajuste toujours ses effectifs aux ressources disponibles et ne provoque donc jamais la disparition de ses proies. Il s’installe préférentiellement dans les sites qui présentent les plus importantes densités de grands herbivores sauvages.

Cohabitation

La prédation sur le bétail est possible et cause des problèmes de cohabitation avec les éleveurs. C’est pour cette raison que certains pays, pour calmer les débats publics, permettent l’élimination de loups malgré la protection légale de l’espèce. Ces éliminations ne sont pourtant pas une solution à court ou long terme. Il est essentiel de mettre en place des méthodes de protection des troupeaux afin de limiter les attaques de loups et faciliter la cohabitation des éleveurs avec ces prédateurs. Bien que le loup soit inoffensif pour l’humain, la peur du loup semble encore bien présente au sein de la population humaine. En Belgique, la plupart des éleveurs et des chasseurs n’ont pas d’expérience de vie commune avec cette espèce. Différentes associations, notamment le WWF et Natagora, mettent en place des projets de communication afin d’informer les citoyens et les différents acteurs concernés et améliorer la connaissance de cet animal hors du commun.

Vous avez vu un loup ?

Si vous avez eu la chance d’apercevoir un loup, vous pouvez contacter le Réseau loup wallon au 081/62.64.20.

Références

https://wwf.be/fr/espece-menacee/loup/

« Brochure Espèce: le loup », Natagora. Disponible en ligne : http://www.tellin.be/illustrations/actualites/livret-loup-natagora.pdf

https://www.wolf-center.eu/fr/informations/le-loup-en-Europe

http://biodiversite.wallonie.be/fr/le-loup-der-wolf.includehtml?IDC=6097