Les dérives de la chasse en Wallonie 1

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La volonté de la Ligue Royale Belge de Protection des Oiseaux est de faire modifier la loi sur la chasse en Région wallonne afin de l’inscrire dans une perspective durable qui tiendrait mieux compte de la biodiversité globale et de l’équilibre des milieux naturels. Cette révision en profondeur reconnaîtrait la souffrance, physique et psychique, de l’animal-gibier en favorisant les modes de chasse les plus sélectifs et efficaces afin de limiter la maltraitance subie par les animaux sauvages.

Emmanuel Verhegghen 

  1. Introduction

Le droit de chasse est fondé sur une vieille loi (1882) qui ne correspond plus à la situation écologique actuelle des milieux naturels, lesquels, très appauvris, sont beaucoup plus fragmentés et déséquilibrés que par le passé. De plus, cette loi est interprétée d’une manière peu rigoureuse, toujours à l’avantage des chasseurs et non pas en faveur du maintien d’un environnement naturel de qualité.

Le choix de chasser ou non résulte du libre arbitre de chacun et de ses motivations propres. Mais cette liberté doit avoir ses limites. Elle ne doit en tous cas pas empêcher le non-chasseur, touriste, naturaliste ou simple promeneur, de dénoncer les pratiques excessives de la chasse lorsqu’elles monopolisent les milieux naturels et mettent à mal le bien commun que constituent la faune et les milieux naturels.

Le présent argumentaire stigmatise, non pas la chasse en elle-même, mais la chasse dite « en conserve », autocentrée, défendant ses seuls intérêts : celle qui impose sa vision destructrice de la biodiversité, qui banalise la nature et simplifie les biotopes dans le seul but de tirer un maximum de gibier.

En Wallonie, la chasse est devenue une activité récréative, une activité de loisir et même parfois un vrai « business ». Cette chasse vise à dépister, à poursuivre, à tuer et à capturer, à l’aide d’une arme à feu, d’un arc ou d’un piège, des animaux appelés soit « gibiers », soit « nuisibles ». Dans ce but, certains chasseurs réunis en société gèrent des territoires, les plus grands possibles, à des fins exclusivement cynégétiques afin de pouvoir gonfler leurs tableaux de chasse au-delà des équilibres naturels. Ils déciment les prédateurs, ils nourrissent le gibier dans les bois, ils remplacent, pour le tir exclusivement, le gibier des plaines par des animaux d’élevage qui sont majoritairement importés d’autres zones géographiques, etc. Ce type de chasse crée une faune surabondante et dénaturée, un déséquilibre entre la faune, la flore et les écosystèmes, des dégâts à l’agriculture et à la sylviculture, voire même aux pelouses des jardins dans le cas du sanglier.

La « gestion cynégétique » de ces territoires de chasse est donc dirigée vers un seul but : la multiplication du gibier afin de réaliser de plantureux tableaux de chasse et de tirer de beaux trophées. Ce type de gestion se fait uniquement « en faveur » des animaux chassables et conduit à des « dérives » inacceptables banalisant la nature. Elle nécessite d’importants moyens financiers, ne favorise pas le chasseur local et n’hésite même pas à introduire dans la nature des espèces non-indigènes (daim, mouflon, sanglochon, perdrix rouge, faisan doré ou vénéré, etc.) ou des souches étrangères d’espèces indigènes (cerf de Hongrie, lièvres de Pologne, …).

Cette gestion-là ne doit pas être confondue, comme tentent de le faire croire le lobby de la chasse, avec la gestion écologique des milieux naturels. Celle-ci agit pour maintenir ou restaurer des écosystèmes équilibrés, protéger et conserver la faune et la flore, ou, plus spécifiquement, pour agir en faveur de certaines espèces dites « parapluies », dont la protection assure en même temps celle d’autres espèces du même biotope. Cette gestion écologique est assurée par des non-chasseurs, le plus souvent les bénévoles des associations de protection de la nature et les agents du Département de la Nature et Forêts (DNF) de la Région wallonne.

Les arguments du puissant lobby des chasseurs auprès du monde politique, pour justifier leur loisir, sont répétés invariablement dans des publications ou lors des débats en radio ou à la télévision. Ces arguments forment alors de beaux discours de respect de la vie sauvage, mais ils ne se traduisent pas concrètement dans les actes. Ils ne valent en fait que pour tenter de justifier une activité récréative et mondaine au prestige factice.

En réalité, aucun des arguments du lobby des chasseurs ne résiste longtemps à un examen objectif, pour peu qu’on les examine dans une perspective d’équilibre durable des milieux naturels.

La méthode utilisée dans cet argumentaire est de lister les clichés, souvent caricaturaux, utilisés par les chasseurs pour se glorifier, justifier le plaisir que leur procure la chasse et dénigrer les non-chasseurs. Ces affirmations en faveur de la chasse sont ensuite commentées en s’appuyant sur la vision qu’ont de la nature ses protecteurs qui, plutôt que de chasser, ont la volonté de respecter les animaux sauvages, de protéger et de restaurer la nature pour sa valeur propre et non pour la consommer.

Les approches de la chasse sont variées selon les méthodes de chasse, les mentalités et les spécialisations du chasseur, les particularités du territoire de chasse, son étendue et en fonction des espèces chassées. Il s’agit ici, non pas d’analyser tous ces modes de chasse point par point, mais d’interroger la chasse dite « de gestion » dans ses fondements mêmes, d’une manière générale, et plus particulièrement en Wallonie.

  1. Le gibier en surnombre

Le mot gibier désigne les animaux dont la chasse est autorisée. Ce mot cache le fait qu’il s’agit d’animaux vivants, appartenant à notre faune indigène. Ceux-ci sont plutôt considérés comme des objets mis à la disposition des chasseurs qui, parce qu’ils ont payé un permis de chasse, obtiennent un pouvoir de vie et de mort sur les animaux. Ce mot sous-entend aussi que les animaux concernés seraient la propriété des chasseurs, qu’ils en auraient la tutelle. Pourtant le gibier vivant n’a pas de maître puisqu’il n’appartient légalement à personne (res nullius).

Depuis 1972, les classes légales de gibier sont : le « grand gibier », le « petit gibier », le « gibier d’eau» et les « autres gibiers ».

Il faut noter que certains des « autres gibiers » font l’objet d’une destruction systématique : plutôt que d’être chassés ils sont considérés comme des concurrents par les chasseurs et qualifiés de « nuisibles déloyaux » !

Selon le vocabulaire de la chasse, le tir du gibier est qualifié pudiquement de « prélèvement ». Ce mot induit que la chasse concernerait un surplus, l’intérêt sur un capital faunistique sauvage. Mais, ce capital n’est plus constitué par une population d’animaux d’origine naturelle, puisque la gestion cynégétique en multiplie artificiellement les populations. Avant d’être fusillé, le gibier « géré cynégétiquement » voit ainsi ses effectifs augmentés artificiellement, au-delà des équilibres naturels. Pour cela il est massivement nourri, pratiquement toute l’année (sangliers par exemple), ou bien il est lâché dans la nature avant la chasse, après élevage ou importation (faisans, perdrix, colverts par exemple).

Pourtant, seuls les animaux réellement sauvages et n’ayant plus de prédateurs naturels devraient être régulés par l’homme.

  1. La maltraitance animale

En quoi le bien-être animal ne concernerait-t-il pas les animaux sauvages ? Poser cette question d’éthique c’est y répondre. Si le chien d’un chasseur est sensible à la douleur, pourquoi le gibier ne le serait-il pas ? En réalité, privé de liberté par une mort brutale, le gibier souffre lorsqu’il est poursuivi, traqué, blessé et puis tué, parfois après avoir été achevé par des chiens.

Selon quelle logique la loi relative au bien-être des animaux domestiques ne devrait-elle pas s’appliquer aussi aux animaux sauvages et donc au gibier?

14 août 1986 – Loi relative à la protection et au bien-être des animaux (M.B. 03.12.1986)

Art 15. « Un vertébré ne peut être mis à mort que par une personne ayant les connaissances et les capacités requises, et suivant la méthode la moins douloureuse. Sauf cas de force majeure ou de nécessité, il ne peut être mis à mort sans anesthésie ou étourdissement.

 Lorsque la mise à mort sans anesthésie ou étourdissement d’un vertébré est tolérée dans le cadre de la pratique de la chasse ou de la pêche ou en vertu d’autres pratiques légales, ou lorsqu’elle rentre dans le cadre de la législation de lutte contre les organismes nuisibles, la mise à mort peut seulement être pratiquée par la méthode la plus sélective, la plus rapide et la moins douloureuse pour l’animal».

http://environnement.wallonie.be/legis/bienetreanimal/bienetre001.html

La chasse à la battue à cor et à cri, la chasse à l’aide d’un arc et la pose de pièges, par exemple, ne répondent pas à l’exigence de base de la loi car il existe des méthodes de chasse alternatives, moins cruelles et plus sélectives (poussée silencieuse, tir au pirch, à l’approche).

  1. La chasse comme art et tradition populaire

« Est-ce que personne ne s’élèvera contre la chasse qui, aux temps passés eut son utilité, sa grandeur même, mais qui, de nos jours et dans nos pays, n’est plus que le conservatoire de petites cruautés lâches et bourgeoises ? ».

Pierre Loti.

Où est l’art du chasseur d’autrefois dans une pratique qui favorise le tir d’un gibier artificialisé survivant dans un territoire aux habitats naturels fragmentés et dégradés ?

La pratique de la chasse remonte à une époque lointaine où les hommes ne connaissaient ni l’agriculture, ni l’élevage. Elle a été réservée ensuite aux princes et aux cours royales. Lorsqu’elle s’est démocratisée, après la révolution française, le territoire n’était pas « aménagé » comme il l’est aujourd’hui au détriment des espaces naturels. L’équilibre qui existait entre l’homme et la faune sauvage, ou la nature en général, a alors été profondément rompu par la puissance industrielle et technologique de l’homme moderne. La chasse excessive d’aujourd’hui accentue ce déséquilibre en y ajoutant une pression négative supplémentaire.

Et que dire de l’armement et des moyens techniques modernes utilisés par la chasse ? L’homme a développé une puissance de feu qui est sans commune mesure avec les moyens de la chasse d’autrefois. La technologie actuelle permet de tirer de loin à l’aide d’armes puissantes et sans nécessiter de grands efforts physiques de la part du chasseur, elle permet de géo-localiser les chiens de meute, les lunettes de visée permettent le tir de fort loin, etc. L’époque est donc bien révolue où la chasse permettait à l’homme au ventre vide d’exercer son courage pour se défendre et pour s’alimenter, ou, plus proche de nous, lorsqu’elle était une activité pratiquée à petite échelle avec un équipement peu performant, par des acteurs locaux. La population était alors très majoritairement rurale et la chasse n’exerçait pas une pression excessive sur la faune. Elle était aussi pratiquée dans un environnement naturel moins déséquilibré écologiquement qu’aujourd’hui, bien que progressivement bouleversé par l’extension de l’agriculture et la déforestation.

La chasse « traditionnelle » n’existe plus. La chasse n’est, en tous cas, plus justifiable à notre époque et dans nos régions par un besoin de survie, de se protéger, de se nourrir. Elle est devenue une activité de loisir pratiquée par des chasseurs le plus souvent étrangers à la localité ou à la région. Cet attachement au domaine local ayant disparu, l’invitation mutuelle à la chasse, comme autrefois, est remplacée par une participation payante qui doit être rentabilisée par de beaux tableaux de chasse.

Justifier la chasse par la tradition est donc devenu un non-sens. D’ailleurs, maintes « traditions populaires » sont aujourd’hui condamnées ou ont disparu la corrida, la tenderie, les combats de coqs, le jet de chats du haut d’une tour, les concours de chants des pinsons, les tigres et les lions dans les cirques, …

Le lecteur trouvera dans le rapport de Lionel Delvaux « La forêt wallonne, une chasse gardée. Le poids du lobby de la chasse » davantage d’informations à propos de l’histoire de la chasse en Wallonie et de son évolution.

  1. Les sociétés de chasse

Les plus puissantes des sociétés de chasse, souvent liées au monde des affaires, pratiquent une « gestion cynégétique » sur leurs territoires. Elles cherchent à les agrandir sans cesse et à y concentrer la plus grande densité de gibier possible, cela au détriment des équilibres naturels et de la sylviculture, mais au profit d’un tableau de chasse démesuré. La pratique intensive et continue du nourrissage du gibier ou du lâcher d’animaux d’élevage, avec excès et sans respect des normes tolérées, y est pratiquée à large échelle pour augmenter le « cheptel » gibier.

En réalité, le pouvoir d’influence du lobby de la chasse auprès du monde politique parvient à imposer un modèle de chasse fastueux privilégiant un nombre excessif d’animaux à tuer ; cela conduit à une banalisation et à une banalisation grave de la faune et de la flore, ainsi qu’à une érosion de la biodiversité et à des dommages tant sylvicoles que agricoles.

Soulignons toutefois positivement les partenariats de certaines chasses en plaine avec les agriculteurs pour l’installation des bandes faune (mesures agro-environnementales) qui profitent à la perdrix et à d’autres espèces. Ces chasseurs progressistes réalisent des aménagements favorables à la faune et il leur arrive de limiter leurs prélèvements. Mais ces démarches volontaires, à encourager, sont très rares par rapport aux pratiques courantes de la chasse en Wallonie.

De même, les chasses à licences imposées par certaines communes s’inscrivent dans une logique plus respectueuse de la nature et des animaux.

 « Il faut démystifier la chasse. Ses privilèges et ses droits doivent faire place à un souci constant et réel pour une gestion scientifique du patrimoine naturel commun ».

Roger Arnhem.

  1. Les motivations des chasseurs

« Comme une alternative à un monde individualiste, les chasseurs font valoir leur amour de la nature et de l’environnement, la tradition familiale, le plaisir d’être en groupe ».

La nature vue par le chasseur « déviant » est artificialisée et ne concerne que le gibier à tirer. Cela ne peut pas empêcher les non-chasseurs de pouvoir profiter de la nature sauvage en toute tranquillité et sécurité. En France, une demande citoyenne d’interdiction de la chasse le dimanche exprime fort bien ce besoin.

« Que les chasseurs se disent bien intentionnés n’implique aucunement qu’ils ne font aucun mal et que leurs pratiques sont dès lors justifiées! Prétendre le contraire est un sophisme de la bonne intention ».

Jean-Baptiste Jeangène Vilmer.

 « La chasse est une passion pour la vie sauvage. La plupart du temps le chasseur ne se sert pas de son fusil ».

Quel dommage qu’une telle passion et tout l’argent qui y est investi soient destinés au seul objectif de tuer des animaux. Quant à la vie sauvage, ce n’est pas celle que connaît le chasseur lorsqu’il tire sur des animaux d’élevage ou qui sont effrayés à cor et à cri.

« Le chasseur aime la nature et en est le protecteur ».

Le chasseur dit aimer la nature et en être le protecteur. Ce n’est qu’un prétexte pour mieux la dominer. Car, comment expliquer autrement ce besoin de tuer le plus d’animaux possibles pour son seul plaisir, alors qu’il n’y a aucune nécessité de le faire pour sa sécurité ou pour des raisons alimentaires ? Cette déclaration d’amour permet sans doute de cacher la réalité : celle qui nécessite de se rendre insensible à la souffrance d’êtres vivants pour se distraire.

Et puis, comment peut-on justifier d’ajouter la chasse aux autres causes de raréfaction rapide de la biodiversité ? Elles sont multiples et elles ne doivent pas être aggravées : l’urbanisation croissante, la densité de l’infrastructure routière, la fragmentation des habitats, l’intensification des pratiques agricoles, les pollutions de toutes sortes, etc.

« Certains voudraient interdire, de leur seule autorité, la chasse sous des prétextes fallacieux. Il faudrait interdire, au bout de leur raisonnement nihiliste, les droits de pêche, abandonner les vendanges, supprimer les moissons et les cueillettes. Dès lors, sous les mêmes prétextes de garde à vue de la vie, il leur faudrait aussi interdire l’avortement sans nuance et promettre légalement aux violeurs et aux criminels de s’ébattre sans contraintes au travers de la société »

(Naturopa n° 52, 1986, page 30).

Ce type d’argumentation en faveur de la chasse est grotesque. Il formule des amalgames, il est irrationnel et biaisé par l’aveuglement pour un loisir, tout en feignant de croire encore à un prestige disparu.

  1. Les arguments éthiques des chasseurs

« Sur la piste du sanglier wallon. L’enquête de Paris-Match met au jour un plantureux business et des méthodes peu éthiques ».

Paris-Match. 31.01.2013.

« Le plaisir du chasseur est de consacrer ses loisirs à la nature et de retrouver par moments l’émotion qui étreignait ses ancêtres lorsqu’ils devaient rassembler leurs forces physiques et morales pour triompher d’un animal ».

Nos ancêtres chassaient en mettant leur vie en danger pour survivre et se nourrir dans des écosystèmes en équilibre naturel et sans l’arsenal de la technologie moderne. Le chasseur d’aujourd’hui prétend perpétuer la chasse d’autrefois en la présentant comme indispensable, en laissant croire que son loisir est un impératif de service public. Or, tuer des animaux sans grand effort physique et sans nécessité c’est nier la souffrance animale et c’est s’attaquer à la conséquence (le gibier surabondant) de la gestion cynégétique (lâchers et nourrissages du gibier) plutôt que d’en arrêter la cause.

Le tir d’un animal ne devrait être justifié que pour des raisons de sécurité des biens et des personnes, dans certaines circonstances précises et en nombre limité, tout en favorisant les prédateurs naturels, plutôt que de les exterminer.

« Le chasseur est bâtisseur d’un monde meilleur, les pieds dans l’humus de la terre et les yeux fixés sur l’horizon des valeurs des hommes ».

Naturopa n° 52, 1986, page 30.

Bâtir un monde meilleur : pour qui ? Avec des armes ?

Quelle prétention qui nie des valeurs premières d’une société moderne : la sensibilité, et la compassion due aux êtres vivants, humains et non-humains, et le rejet de la violence. C’est l’orgueil qui fait croire au chasseur qu’il peut mieux faire que la nature.

« La chasse endurcit le cœur aussi bien que le corps : elle accoutume au sang, à la cruauté ».

Jean-Jacques Rousseau.

« La chasse est un art qui se joue tout en finesse pour déjouer les ruses du gibier. La chasse est une lutte loyale où le gibier a sa chance. »

Il est vrai que les chasseurs ne tuent pas, ils ne font que tirer. Et pas sur des animaux, mais sur une cible, ou sur des « pièces » ou des trophées. En fait ce sont comme des artistes qui créent des « tableaux » de chasse. En réalité, le gibier élevé par ingénierie cynégétique n’a que peu de chances de se sauver face à un chasseur dans des conditions (tir, battue) qui ne sont pas naturelles. Il n’y a pas grand art à tirer sur de telles cibles.

De plus, les chasseurs ne sont pas toujours de fins tireurs. Pour compenser leur manque d’adresse, ils utilisent des munitions au calibre très puissant et dévastateur. L’animal blessé n’a que peu de chances de se sauver. Parfois, il n’est pas retrouvé et va mourir à petit feu quelque part. En battue à cor et à cri il faut plusieurs balles, plutôt qu’une, pour tirer un animal… A quand le test véritable d’aptitude au tir, sur cible fixe et mobile ?

« Le chasseur assure une protection véritable du gibier, notamment contre les braconniers, la famine, les épidémies, les chiens et les chats errants ».

Naturopa n° 52, 1986, page 5.

La lutte contre le braconnage est du ressort des autorités. D’ailleurs, en Wallonie, les importations de gibier et la diminution de la consommation ont conduit à une diminution des prix de la viande de chasse et donc à une diminution du braconnage. Sinon, l’arrêt des pratiques abusives de la chasse de gestion évitera la surpopulation d’une faune artificialisée qui est aussi plus facile à braconner.

Les épidémies sont disséminées par le gibier d’élevage non adapté aux conditions de vie naturelle, ainsi que par l’action des garde-chasses qui éliminent les renards et les mustélidés. Pourtant, les prédateurs sont systématiquement remplacés par d’autres, subadultes : ce brassement favorise le développement et la propagation des maladies. C’est l’action naturelle des écosystèmes en équilibre, et pas le chasseur, qui permet d’éviter les épidémies.

« Il s’avère très difficile de faire baisser une population de renards d’année en année. En effet, après les premières saisons de régulation, la population est restée très proche de son niveau initial dans la partie régulée et identique au territoire témoin. L’effort de diminution des populations de renards, bien qu’important, n’a donc pas été suffisant pour faire chuter les effectifs. En revanche, la proportion de renards contaminés semble avoir augmenté dans la partie régulée. Ce phénomène pourrait être expliqué par une modification de la structure des populations, notamment une augmentation de la proportion de renards subadultes plus sensibles au parasite et plus en déplacement. Les premières analyses des données récoltées laissent supposer que la régulation ne serait donc pas d’un rapport coût/efficacité convenable pour contrôler correctement la présence du parasite près de l’homme ».

Entente de lutte interdépartementale contre les zoonoses. 2012.

Et pour ce qui concerne les chats errants, la politique de stérilisation des chats domestiques permettra d’en limiter le nombre. Il n’est nul besoin de chasseurs pour cela.

Plutôt que des gardes-chasses, il faudrait idéalement des gardes-nature indépendants qui auraient le droit de sévir contre tous les abus causant un dommage à l’environnement naturel.

« Le plaisir de la chasse : tuer n’est qu’un très bref moment de la vie du chasseur »

Pas un bref moment, mais toute l’action du chasseur est orientée vers ce seul but : l’instant du tir qui défoule et sera fatal à l’animal. Alors, pour se justifier, il prétend qu’elle est nécessaire mais c’est pour minimiser le fait que son plaisir de chasser nécessite le tir d’un animal sensible à la souffrance.

L’éthique des humains à l’égard des animaux implique, chaque jour davantage, qu’il faut éviter de faire souffrir un animal ; c’est malheureusement tout le contraire de ce que fait la chasse.

« La qualité de l’environnement a une influence formatrice plus puissante à mon gré que l’enseignement, parce que l’un s’adresse à la sensibilité, l’autre à l’intelligence ; et je mets le développement des facultés d’aimer au-dessus du développement des facultés intellectuelles et combien au-dessus de la simple acquisition d’information ».

Bertrand de Jouvenel.

Tuer ou blesser un animal sans nécessité, par divertissement, est un acte immoral si l’on considère, comme le démontre de plus en plus l’étude scientifique du comportement des animaux, que ceux-ci sont sensibles psychiquement à la douleur.

« Les ball-traps aux pigeons vivants ont été interdits. Pourquoi ne pourrait-il en êtrede même pour ces centaines de milliers d’oiseaux semi-domestiques victimes d’une activité récréative ? ».

Michel David.

« Les « écologistes » devraient d’abord se soucier de la faim dans le monde. Ceux qui défendent les animaux feraient mieux de se consacrer à des combats plus importants ».

Voilà un bon prétexte pour un donneur de leçon de ne pas agir lui-même contre la misère humaine ou pour la sauvegarde de la biodiversité. Il faut être sensible soi-même pour éprouver des émotions face à la souffrance, quelle qu’elle soit, animale ou humaine.

 « On n’a pas deux cœurs, l’un pour l’homme, l’autre pour l’animal. On n’en a qu’un, ou on n’en a pas ».

Lamartine.

« Le chasseur aime son gibier ».

Le chasseur dit aimer les animaux qu’il chasse, mais pourtant il les élève, il les nourrit, il les enferme dans des enclos, tout cela afin de pouvoir ensuite les tirer dans des conditions complètement artificielles. Imaginez que ce traitement soit réservé à un animal domestique !

« Le gibier ne souffre pas lorsqu’il est tiré ».

« Pour des coups de bâtons sur du bétail au marché de Ciney, des agriculteurs et des marchands de bestiaux ont été condamnés en justice. Quelle différence entre les chairs meurtries de coups de bâton et celles des oiseaux meurtries par la pénétration des billes de plomb ? ».

Michel David.

L’opinion de certains rationalistes du siècle des Lumières, comme Nicolas Malebranche (disciple de René Descartes), selon qui un animal est comparable à une machine qui ne disposerait pas, au contraire des hommes, de la faculté psychique de ressentir la douleur et qui serait dès lors insensible à la souffrance, heurte le simple bon sens. Cette opinion, que l’animal ne réagit que par un instinct aveugle, est battue en brèche par les avancées de l’étude du comportement des animaux (science de l’éthologie).

« Que les mammifères souffrent comme nous, la science n’en doute plus … Humains ou pas, les mammifères ont un cortex et une innervation qui leur permettent de ressentir de la même façon le stress, la douleur morale, la souffrance physique ou la nociception, perception sensorielle d’alarme ».

Franz-Olivier Giesbert.

Tirer, blesser et tuer inutilement un animal c’est nier sa sensibilité et sa souffrance psychique et physique. Nombreux sont les animaux stressés et blessés lors d’une partie de chasse. Certains ne sont même pas retrouvés blessés pour abréger leurs souffrances.

  1. Les chasseurs et les protecteurs de la nature mènent-ils un même combat ?

« Les chasseurs ont beaucoup en commun avec les naturalistes de terrain : amour et connaissance de la vie sauvage, longues balades ».

Cette comparaison n’est pas crédible. L’homme n’a nul besoin de dialoguer dans et avec la nature à l’aide d’un fusil ! Loin de cette violence, le naturaliste a pour but d’observer et d’étudier, de sauver la faune et ses habitats. Un contact avec la nature se fait plus agréablement en balade, avec un appareil photographique et une paire de jumelles et le souvenir en fin de journée est alors celui d’animaux en vie et non de cadavres pleins de sang.

« Quant à l’image bucolique du protecteur de la nature, c’est une dérision. Le chasseur ne se promène pas, il chasse. Il ne va pas par les champs et les forêts humant les senteurs de la campagne et des forêts, attentif aux couleurs de l’automne, à l’écoute du vent dans les branches, sensible à la grâce des bêtes. Non : son seul souci est de tirer vite. La seule odeur qu’il aime c’est celle de la poudre. Le seul bruit qu’il guette c’est le froissement de l’oiseau qui tombe, déchirant le ciel ; le seul spectacle qu’il recherche c’est celui de l’animal arrêté net et projeté en l’air par le plomb pour retomber ensuite comme un pantin désarticulé ».

Pierre Viansson-Ponté.

Alors que les chasseurs, par leurs excès, nuisent aux équilibres naturels, les naturalistes œuvrent pour les protéger, les restaurer et les étendre, ils veulent en avoir une vue globale, éco-systémique (habitats, faune et végétation, vision à long terme).

La chasse déviante est anti-éducative, elle manque de respect pour la faune prise pour cible. Ses pratiquants ont pour la plupart une connaissance limitée et orientée de la vie sauvage. La grande majorité des chasseurs connaît-elle, malgré le permis de chasse, la nature autrement que dans des conditions anormales, au travers d’une ligne de mire. Connaissent-ils même le territoire où ils chassent ?

« Avant même que les diverses pollutions, l’expansion de la population, l’urbanisation, l’exploitation des ressources naturelles, etc. ne menacent gravement la biodiversité, toutes les espèces éteintes les derniers siècles l’ont été par la chasse. L’extinction des grands mammifères sur tous les continents est la résultante de l’accroissement des hommes et de leurs techniques de chasse ».

Harari Yuval Noah.

Les chasseurs ont une vision restrictive de la nature (le gibier). Ils n’acceptent même pas que des espèces menacées (Perdrix grise, Sarcelle d’hiver, …) soient interdites à la chasse, même provisoirement. Pour protéger leur volaille, les chasseurs ou leurs gardes n’hésitent pas à détruire les prédateurs naturels. Les rapaces, pourtant protégés par la loi, blessés au fusil ou par piège, ceux intoxiqués par des appâts empoisonnés et qui sont apportés dans les centres de revalidation en sont la preuve régulière.

Les territoires de chasse sont destinés au gibier, ce ne sont pas des réserves naturelles favorisant la vie d’une faune variée et équilibrée. Les actions de gestion, menées par les chasseurs, qui ont pour seul but de multiplier le gibier pour ensuite le fusiller, alors qu’ils combattent renards, fouines, putois, même parfois les rapaces pourtant protégés, n’ont pas pour effet d’équilibrer la nature.

Les chasseurs ne se manifestent pas dans les débats et les combats publics en faveur de la biodiversité.

 « Il est évident que si le monde de la chasse s’enferme délibérément dans un discours conservateur, voire rétrograde, il y a gros à parier qu’aucun terrain d’entente ne puisse être trouvé ».

Roland Libois.

Le chasseur qui maintient des territoires artificiellement giboyeux accentue les dégâts faits aux plantations de ligneux et aux cultures.

Les chasseurs n’hésitent pas à venir chasser dans les réserves naturelles agréées (exemple des réserves naturelles LRBPO de « Sous-Saint-Roch » et de Jalna, à Prés Rosières, à la réserve naturelle du Tournibois à Lessines (empoisonnement), etc.).

Lorsque des chasseurs prétendent mener des actions en faveur de la biodiversité : création d’un plan d’eau, plantation de quelques haies, extension des territoires de chasse… c’est dans l’unique but de chasser. Ces aménagements sont d’ailleurs négligeables au regard des préjudices causés par la chasse. Combien de territoires où la chasse est interdite les chasseurs ont-ils créés en Wallonie ?

Et si le naturaliste, par son action, ne prive pas le chasseur de l’objet de sa convoitise, l’inverse n’est pas vrai puisque le chasseur s’approprie des animaux sauvages et banalise les biotopes. Et puis, combien sont-ils les chasseurs lucides face à la diminution dramatique de la biodiversité, ceux qui renoncent aux tableaux de chasse importants ? Combien sont-ils ceux qui s’inscrivent dans les principes de restauration et de conservation de la nature, en bannissant tous les artifices de la gestion cynégétique et en visant une exploitation rationnelle de la faune, soutenable biologiquement, dans une vision globale des milieux naturels ?

  1. La règlementation sur la chasse : un déni de démocratie ?

La chasse « de gestion » est une activité contestée et critiquée tant ses excès sont catastrophiques pour la nature. C’est pourquoi le lobby des chasseurs habille ses discours de vert (« greenwashing ») : sa chasse serait devenue durable, écologique, elle favoriserait la biodiversité. Dans les actes c’est pourtant tout le contraire que l’on peut observer, surtout dans les grandes chasses qui visent avant tout à développer les populations de gibier pour accroître les tableaux de chasse et satisfaire la demande des actionnaires.

Cette chasse de loisir, déviante, est bien éloignée des motivations qui animent des associations de protection de la nature, dont l’action se focalise sur la sauvegarde et la restauration des espèces animales et végétales, favorise les zones vertes et les corridors écologiques qui les relient, crée et gère des réserves naturelles, combat le bétonnage et les aménagements inconsidérés du territoire, la dégradation généralisée de l’environnement et lutte pour la sauvegarde des pollinisateurs, etc. Ces actions-là visent à protéger la faune et ses habitats plutôt que de tuer du gibier. De multiples associations œuvrent dans ce but, tant à l’échelle nationale (comme la Ligue de Protection des oiseaux, Natagora, Ardennes & Gaume, les Cercles des Naturalistes de Belgique, …) que par l’action d’associations plus locales. Toutes ces associations accueillent de nombreux visiteurs dans les milieux naturels, tout au long de l’année, pour sensibiliser nos concitoyens à la conservation de la nature. Pour que la pratique de la chasse s’inscrive dans une même politique de conservation des écosystèmes, les chasseurs devraient admettre une utilisation résolument moins consommatrice de la nature, par exemple en admettant un arrêt de la chasse des espèces en danger de disparition et en donnant la priorité à l’équilibre gibier/biotopes dans les territoires de chasse.

Les chasseurs ne représentent qu’une très petite minorité (moins de 0,3 %) de la population wallonne. Ce sont plutôt les milliers de scientifiques, de mammologistes, d’entomologistes, de botanistes, d’ornithologues, etc., de profession ou par passion, ce sont les gestionnaires des réserves naturelles et les membres actifs et bénévoles des associations de protection de la nature, ce sont les agents du DNF, ce sont aussi des propriétaires particuliers, ce sont tous ceux-là qui consacrent leur temps, depuis des décennies, à sauver ce qui reste de la nature.

Alors, comment faut-il comprendre le pouvoir d’influence démesuré du lobby de la chasse auprès du monde politique, celui qui doit veiller à l’intérêt collectif et donc promouvoir, selon son propre discours, les actions positives en faveur de la biodiversité. En effet, comme chacun le sait maintenant, la diminution de celle-ci réduit la productivité de la nature en général et des plaines agricoles et des forêts en particulier ?

  1. Les chasseurs régulent-ils la faune ?

Lorsque le chasseur s’autoproclame « régulateur de la nature », il se dit à la fois juge (naturaliste) et partie (chasseur). Il n’est donc pas indépendant, comme doit l’être un écologue, puisqu’il défend la plupart du temps ses intérêts propres, c’est-à-dire le « gibier » et non l’ensemble de la biodiversité.

« Les déséquilibres induits par la « chasse gestion » contribuent aujourd’hui à l’érosion de la biodiversité sur des territoires importants ».

Lionel Delvaux (IEW).

« La régulation déléguée aux chasseurs s’avère être un échec dont les conséquences, particulièrement pour la biodiversité, continuent d’être sous-estimées ».

Lionel Delvaux.

Le concept de régulation de la faune, selon les chasseurs-consommateurs, est très réducteur : il consiste à tirer en grand nombre le gibier qu’ils ont volontairement et artificiellement rendu pléthorique dans la nature. C’est une démarche similaire à celle du pompier pyromane: mettre le feu pour ensuite prétendre être utile pour éteindre l’incendie. Et ce chasseur n’arrive pas à éteindre le feu …, puisque la population de sangliers en Wallonie a quadruplé en 30 ans, créant un déséquilibre néfaste à la nature. Quelle hypocrisie de certaines autorités politiques, complices car elles autorisent le nourrissage, de présenter ensuite ce chasseur comme le sauveur face aux dégâts causés à l’agriculture par le sanglier.

 « La stabilité de la nature est due à l’action entrecroisée, compensée, de très nombreux facteurs, donc aussi des prédateurs variés. Je suis bien trop conscient et trop admirateur des carnassiers pour être un adversaire du principe de la chasse. Si j’en veux aux chasseurs c’est avant tout pour leur haine des autres prédateurs. Le prédateur doit être peu nombreux par rapport aux espèces dont il se nourrit et pas trop bien armé pour leur capture. S’il y a eu des prédateurs trop efficaces ils se sont détruits eux-mêmes en détruisant leur gibier. … Les chasseurs, pour la plupart, voudraient être les seuls prédateurs. C’est ne rien comprendre aux équilibres complexes de la nature et c’en est à se demander si se promener le fusil à l’épaule est bien le bon moyen de pénétrer son intimité ».

Robert Hainard.

« Le chasseur chasse pour réguler la faune ».

 « En fait, encore maintenant, malgré le contenu de certains discours, il est évident que le comportement de la toute grande majorité des chasseurs est en contradiction avec les principes d’une gestion « en bon père de famille » de notre patrimoine naturel. La chasse s’accompagne en effet, sauf exception rare, de toute une série d’aberrations écologiques: piégeage ou limitation des carnivores, utilisation de poisons contre les rapaces, élevage en vue du tir (faisans, sangliers), introduction d’espèces non indigènes (Mouflon, Perdrix rouge, Faisan vénéré) ou de souches étrangères d’espèces indigènes (Cerfs de Hongrie, Lièvres de Tchécoslovaquie ou de Pologne, voire de sanglochons !), cloisonnement de l’espace forestier par des clôtures, comme si les autoroutes ne suffisaient pas à limiter les échanges génétiques; absence de plan de gestion reposant sur des bases biologiques… ».

Roland Libois.

Le chasseur qui extermine les renards et les autres « nuisibles », celui qui nourrit le gibier pour développer ses populations de manière artificielle avant de le tuer, celui-là ne régule pas la faune, il la déstructure et il détruit ses biotopes. En effet, par le développement excessif et massif des populations de gibier, par le tir et par le dérangement, il fragilise tout l’écosystème, en ce compris les plantes et les animaux ; même les points d’eau deviennent des mares de boue. Les animaux qui échappent au tir deviennent plus craintifs. Une modification de la distribution géographique des espèces s’opère.

A l’inverse, dans la nature, la biodiversité évolue lentement et s’équilibre d’elle-même selon les milieux. Il s’agit d’un processus complexe qui résulte de la coévolution de tous les vivants sur terre et de l’interaction de ceux-ci, en réseaux et à diverses échelles, avec les écosystèmes.

L’homme moderne a déjà un impact considérable sur les équilibres naturels et sur la faune et la flore : agriculture intensive, agrochimie, fractionnement géographique par les infrastructures de transport, bétonnages et asphaltages, « assainissements » des milieux marécageux, réchauffement climatique, pollutions diverses, épuisement des ressources naturelles, etc. Dans ce contexte, les dérives de la chasse de loisir constituent une pression supplémentaire sur la faune et les biotopes. Elles deviennent un facteur aggravant qui accélère les disparitions et contrecarre les efforts réalisés par d’autres pour la sauvegarde et la protection de la nature.

La gestion de la faune et de ses habitats est une responsabilité du propriétaire mais avant tout de l’autorité publique et doit être assumée par le DNF. Cette gestion doit se baser sur des données objectives et doit veiller à l’intérêt général de la collectivité. En l’occurrence, son but doit être de veiller à assurer des conditions de vie naturelle à la faune sauvage afin de la protéger et de la sauvegarder à long terme.

La régulation des grands mammifères, en l’absence de prédateurs naturels, nécessite un suivi scientifique permanent de la faune.

Seuls des plans de tirs sélectifs, établis par le DNF sur cette base objective, permettent de viser l’équilibre naturel et non la maximisation des tableaux de chasse.

« Le chasseur remplace les grands prédateurs ».

Les chasseurs ont traqué, voire éliminé, pendant des siècles, avec acharnement, tous les prédateurs qu’ils considéraient comme des concurrents. Aujourd’hui, ils prétendent encore se substituer à eux. Même les plus petits de ceux-ci, comme les « becs droits et crochus » (les corvidés et les rapaces dans le langage des chasseurs) sont toujours persécutés. C’est ainsi que, régulièrement, s’élève la voix du chasseur pour dire qu’il y a trop de pies, de corneilles, d’autours et de buses. Certains d’entre eux réclament alors la cessation de la protection des corvidés et des oiseaux de proie, qu’ils jugent trop abondants.

Pour le chasseur, réguler c’est donc éliminer: comme le renard, dont la destruction est inutile et contreproductive puisque les individus tués sont systématiquement remplacés par les jeunes d’autres territoires qui doivent ensuite, eux aussi, être tirés ; ce brassage forcé des populations a alors pour effet de favoriser la dispersion des maladies (zoonoses).

« Que la marche du monde soit basée sur le triomphe du fort et l’élimination du faible, c’est une idée trop simple. Il est nécessaire qu’un équilibre s’établisse, car le fort ne peut régner sur le désert et il ne faut pas télescoper l’idée d’évolution en imaginant que la nature fournisse sans cesse au fort de nouveaux organismes avec qui se mesurer. Le mécanisme de cet équilibre, c‘est justement que la crainte du puissant délivre les faibles de leurs peurs réciproques et les coalise contre lui. Il s’établit ainsi un équilibre entre une certaine masse de petits et quelques puissants, qui ne peuvent pas être très nombreux, car le manque d’espace vital les pousse à se détruire, par concurrence violente ou plus simplement par les privations ».

Robert Hainard.

Que les prédateurs soient régulés par le nombre de leurs proies et qu’ils les recyclent dans l’écosystème, c’est une loi écologique que le monde de la chasse de loisir refuse d’entendre. Pourquoi ? Car elle dit l’inutilité de celle-ci pour la nature : la régulation de la faune se fait par l’écosystème lui-même. Dans ce système les prédateurs naturels font partie d’une chaîne trophique où proies et prédateurs s’équilibrent les uns les autres depuis toujours.

La nature n’a pas besoin des dérives de la chasse mais plutôt d’espaces et de milieux naturels plus équilibrés. Le retour en Wallonie des grands prédateurs, comme le Lynx ou le Loup, doit être accepté et favorisé. L’intervention du chasseur doit se limiter à se substituer à ces prédateurs s’ils sont absents et s’il n’y a pas de solution alternative.

« La chasse, facteur de sélection ».

La prédation est un comportement par lequel un animal localise une proie et produit un effort pour la tuer dans le but de la consommer. Le prédateur procède suivant la loi du moindre effort : il recherche l’animal le plus déviant par rapport à la moyenne, celui qui est blessé, malade, épuisé. Le prédateur naturel sélectionne donc ses proies, souvent les plus faibles; en outre, sa présence permanente induit une dispersion plus importante de celles-ci, ce qui est bénéfique à l’équilibre global de la nature. Le prédateur contribue dès lors au maintien d’une population saine de ses proies qui, a contrario, se sont adaptées à la prédation qui s’exerce sur elles.

Il paraît évident que le gibier n’a pas été sélectionné par l’évolution pour faire face au chasseur en réagissant comme il le ferait face à un prédateur naturel pour se défendre. Pourtant, le chasseur prétend se substituer aux prédateurs naturels. Son impact sur la faune est fort différent de celui qu’exerce la prédation naturelle, d’autant plus qu’il injecte dans la nature du gibier d’élevage, totalement inadapté à la vie sauvage, ou qu’il le nourrit artificiellement.

Puisque les prédateurs contribuent à l’équilibre de la nature, il faut donc les favoriser, eux, plutôt que les combattre, et non favoriser la chasse. D’ailleurs, ces prédateurs disparaissent ou diminuent proportionnellement au nombre de leurs proies disponibles. Mais, malheureusement, lorsqu’une espèce diminue (Perdrix grise, Sarcelle d’hiver par exemple), plutôt que d’accepter un moratoire sur la chasse, le chasseur-consommateur préfère continuer son hobby avec du gibier artificiel, élevé ou nourri de manière intensive. La chasse d’élevage ne peut en aucun cas mener à l’équilibre des populations et du biotope.

La vision de la nature qui se résume au gibier artificialisé et qui ne se préoccupe pas de la faune naturelle dans son ensemble est une position très réductrice.

  1. La chasse limite-t-elle les effectifs du « gibier » qui dégrade les forêts et les cultures ?

« Seule la maîtrise des populations des cervidés et des sangliers par les chasseurs permet de régénérer et diversifier la forêt ».

Non, la chasse de loisir a pour seul effet de réduire ses propres excès.

« En l’absence des grands prédateurs naturels, cette maîtrise n’est possible qu’en donnant au DNF, et non aux chasseurs, la responsabilité de l’équilibre forêt/gibier au bénéfice du patrimoine naturel et du budget communal, tout en encourageant la chasse à licences qui donne la possibilité de chasser à l’affût quelques jours par an (10 à 15 jours par chasseur) en dehors des week-ends (sauf le samedi matin). Lorsque les quotas fixés par le DNF ne sont pas atteints, des chasses collectives (à l’affût) sont organisées en novembre. Cette chasse est prioritairement réservée aux locaux et est donc plus démocratique. L’affût permet un tir sélectif, les animaux ne sont pas stressés par les rabatteurs bruyants. Le nourrissage n’est plus nécessaire et l’état sanitaire de la faune est meilleur ».

Michel David.

La régulation de la nature se fait par elle-même car elle s’autogère depuis toujours et lorsqu’un accident survient elle trouve les solutions adaptées à la nouvelle situation (résilience).

En l’absence des prédateurs et sans chasse, nous aurions aussi des populations de cervidés et de sangliers qu’il faudrait contenir et qui seraient la cause de dégâts sur la biodiversité. Leurs populations seraient alors limitées par les ressources en nourriture disponibles et par les maladies.

Il y a donc lieu de favoriser le retour des grands prédateurs, ainsi que la chasse sélective pratiquée par des chasseurs non consommateurs et d’interdire la chasse de loisir et tous ses excès.

De quel droit 0.3 de fusillots peuvent-ils exterminer la faune que 99,7 de copropriétaires préféreraient voir survivre ? Ces nemrods « repeuplent », paraît-il. Mon œil ! Ils lâchent quelques volailles : perdreaux, faisans, quasi domestiques, soignés au grain avant de l’être au plomb ».

Hervé Bazin. (Chiffres adaptés à la Wallonie)

« Les prélèvements cynégétiques de faisans et de perdrix sont insignifiants et se substituent à d’autres causes de mortalité ».

Ce raisonnement ne tiendrait que si la faune était variée, à son optimum démographique et en équilibre avec les ressources naturelles du milieu et si les « prélèvements » de la chasse étaient limités. Mais ces conditions ne sont plus réunies depuis longtemps et la chasse de loisir s’ajoute aux autres causes de mortalité de la faune. Certes, la disparition et la régression des espèces et de leurs populations est due en premier lieu à la disparition des biotopes favorables, à la rapidité du changement climatique, à la pollution, aux pratiques agricoles intensives, à l’étalement urbain, au trafic routier, au morcellement des zones naturelles de plus en plus petites, etc. Mais ce n’est pas une raison pour y rajouter une cause supplémentaire comme la chasse.

Il suffit d’ailleurs d’interdire la chasse d’une espèce pour voir ses effectifs remonter, comme cela a été constaté en période de guerre, ou dans les territoires non-chassés, et décrit abondamment par des études scientifiques.

  1. La chasse est-elle indispensable et nécessaire ?

 « Chaque année, à l’automne, une partie de la population humaine mâle de notre pays empoigne ses fusils, et se précipite dans les campagnes pour tuer. Sans autre raison, sans aucun besoin que le plaisir de tuer … Les héros s’en donnent à cœur joie, ça sent la poudre, la plume vole,et on termine par un gueuleton. Le grand air et le meurtre donnent bonne mine… Au fusil, au piège, à la strychnine, on tue, on tue, on tue …».

René Barjavel.

« Une gestion de plus de 40 ans sans chasseurs, sans lâcher ou nourrissage de gibier, existe dans le canton de Genève, en Suisse, depuis 1974. Les populations d’animaux y ont retrouvé un meilleur équilibre naturel. Depuis, les espèces qui pouvaient être chassées ne se sont pas accrues de façon excessive et les dégâts causés par le gibier ont diminué. Certaines espèces sont revenues. La plus grande partie des problèmes que la suppression de la chasse a posé a été des problèmes humains : politiques ou psychologiques et non pas des problèmes écologiques. Elle démontre qu’une alternative (respectueuse des milieux et de la souffrance des animaux) à la chasse de loisir est possible et réaliste ».

Luc Fournier.

Ce sont plutôt la protection et la restauration des biotopes qui doivent être privilégiés et non la chasse. Ce dont la nature a surtout besoin c’est de quiétude et d’un espace libre suffisamment grand.

La seule justification éthique de la chasse est le prélèvement d’un intérêt sur un capital gibier en équilibre. Dans le cas où une espèce gibier grandirait naturellement mais avec excès, par exemple du fait de l’absence de prédateurs, le DNF devrait prendre les mesures appropriées et faire appel aux chasseurs s’il n’y a pas d’alternative.

 « Le Département Nature et Forêts impose des quotas minimums d’animaux à tuer ; le chasseur est poussé à abattre beaucoup ! »

Ces quotas laissent croire au grand public que les chasseurs sont des super prédateurs indispensables, alors qu’ils sont à l’origine du mal qu’ils disent devoir combattre. En réalité, sans nourrissage et lâcher d’animaux, ces quotas ne seraient pas nécessaires pour réduire des populations gonflées artificiellement par une gestion cynégétique visant à obtenir des tableaux de chasse plantureux.

Les limites devraient plutôt jouer à l’inverse: interdire ou limiter la chasse des espèces menacées de disparition, comme la Perdrix grise et la Sarcelle d’hiver, avec obligation de restaurer les habitats.

  1. Le « gibier » appartient-il aux chasseurs ?

Les chasseurs n’admettent généralement pas qu’un tiers émette un avis sur leur gestion du gibier car ils paient cher pour exercer leur loisir. Mais ont-ils pour autant tous les droits sur la faune ? Il faut se poser la question de savoir à qui appartient le gibier.

En fait, la faune sauvage est qualifiée de « res nullius » en droit civil, c.-à-d. elle n’appartient à personne et donc pas plus aux chasseurs qu’à d’autres. La faune sauvage est libre et chacun doit avoir le droit de l’observer. De nos jours et vu sa raréfaction, elle est avant tout un patrimoine naturel commun à préserver, au point qu’il est à présent admis que les générations actuelles en sont responsables et comptables vis-à-vis des générations futures.

Même le « gibier » de repeuplement est « res nullius » dans la nature. Il n’appartient pas non plus aux chasseurs qui le confinent pourtant dans des territoires de chasse.

« Le chasseur a mandat de gestion sur le patrimoine naturel de la faune sauvage dont il est à la fois détenteur et responsable. Il peut accomplir cette gestion parce qu’il puise dans son hérédité les sources de son attitude de capacité ».

Naturopa n° 52, 1986, page 30.

Autrement dit, des intérêts particuliers se font passer pour un intérêt public et la capacité de chasser se transmettrait par hérédité. Nous voilà revenu à l’époque moyenâgeuse où le seigneur avait droit de vie et de mort sur ses sujets, humains ou non ! Un tel discours, toujours d’actualité pour certains, n’est plus crédible : car les besoins de chasser de l’homme d’autrefois ont disparu et parce que la biodiversité doit s’appréhender globalement et non pas par le prisme de la chasse.

  1. L’artificialisation de la nature

Les chasseurs sont propriétaires ou louent des espaces naturels pour y créer, en vertu de leur droit de chasse, un environnement artificiel dédié à leurs activités ludiques. Autant tirer pour son loisir sur des cibles non vivantes.

A propos du nourrissage du « gibier ».

« L’absence de nourriture en hiver est la principale manière dont la nature régule le sanglier ».

Valéry Schollaert.

Mieux vaut une chasse raisonnée qui élimine les sangliers en automne et diminue la concurrence pour la nourriture en hiver, qu’une population abondante nourrie artificiellement toute l’année.

Elever des animaux (faisans, colverts, perdrix) pour les lâcher dans la nature, importer du petit gibier en plaine, lâcher du sanglier d’élevage et nourrir le gros gibier en forêt … pour tirer ensuite ces animaux semi-domestiqués sont des dérives évidentes de la chasse « moderne ».

Ces pratiques ne respectent manifestement pas l’éthique et la tradition dont se revendiquent les chasseurs. En effet, plutôt que de respecter l’idée première du nourrissage qui était de ne le faire qu’exceptionnellement, soit en période de grand froid et donc de disette pour le gibier, soit afin de contenir le gibier en milieu de forêt afin de protéger les cultures, le chasseur nourrit, comme c’est le cas pour le sanglier, avec excès : de manière non limitée dans le temps, sur de grandes surfaces et aussi à proximité des lisières.

Alors, au lieu d’une portée par an, le sanglier, nourri abondamment, en fait deux et la population explose. Ce nourrissage profite indirectement aussi aux cervidés et à d’autres espèces. Ensuite, par débordement, l’augmentation du gibier en forêt favorise son expansion et la colonisation des milieux agricoles adjacents. Les chasseurs prétendent ensuite qu’il faut réguler les animaux trop nombreux par le tir !

Les animaux nourris artificiellement et excessivement ne sont plus sauvages, ils prennent la place des populations locales et les fragilisent. Cet accroissement du gibier est voulu par les chasseurs mondains afin de réaliser de gros tableaux et satisfaire les actionnaires de la société de chasse. Ce type de chasse d’affaires est une mascarade écologique.

Les surdensités de gibier compromettent la régénération des forêts en étant la cause originelle des dégâts aux plantations et aux peuplements forestiers.

« Parmi les effets indirects importants », le nourrissage altère considérablement le développement d’une multitude d’espèces non cibles. Ainsi, des non cibles (geais, mustélidés…) profitent directement ou indirectement de cette manne alimentaire et contribuent avec le sanglier à la déprédation des nids d’oiseaux nicheurs au sol et ce dans des proportions et sur des surfaces importantes. Plus grave, les sites de nourrissage « dissuasifs » sont également accessibles et sont fréquentés par les cervidés. Le cerf et le chevreuil s’y retrouvent très régulièrement et pas uniquement quand la nourriture naturelle se fait rare ou à la mauvaise saison. Utilisé dans le cadre d’une « chasse gestion », le nourrissage dissuasif du sanglier permet de maintenir et, dans une certaine mesure, de fixer des populations importantes de ces deux espèces de cervidés, sans rapport avec la capacité d’accueil de la forêt ».

Lionel Delvaux.

A propos des lâchers d’animaux pour la chasse.

Le lâcher dans la nature d’animaux, importés ou non, issus de l’élevage, crée des pollutions génétiques (le patrimoine génétique est adapté aux conditions locales et varie, pour une même espèce, suivant les zones géographiques) et introduit dans la nature des maladies, ce qui conduit à l’élimination des souches sauvages qui sont les seules à garantir l’avenir des espèces. Les animaux relâchés sont parfois des hybrides qui participent eux aussi à la banalisation de la faune. Ces lâchers concernent diverses espèces, comme indiqué ci-avant, et diluent la biodiversité génétique locale.

Avec la disparition progressive et l’extinction locale du Lièvre, de la Perdrix, de la Caille, due principalement aux pratiques agricoles industrielles, les territoires ont été vidés de leur maigre faune sauvage. Est-ce gérer naturellement que de compenser ces disparitions par des lâchers massifs d’animaux d’élevage, dans un territoire de quelques ha, pour ensuite récolter, après le feu nourri des invités, un maximum de « pièces » ?

« Les lâchers entraînent le maintien d’une forte pression de chasse qui s’exerce aussi sur d’autres espèces, de façon non rationnelle, pouvant entraîner leur régression… ».

Biadi et P. Havet.

« Cette pratique est indéfendable devant l’opinion publique ».

Michel d’Ornano, ministre de l’environnement (France),1980.

« Il n’y a guère de différence de fond entre cette pratique et le tir au pigeon vivant interdit ».

Michel Crépeau, ministre de l’environnement (France), février 1983.

« Les territoires de chasse deviennent des basses-cours ».

H. Baledent.

Le repeuplement d’animaux d’élevage pour le tir s’accompagne du piégeage des prédateurs car ces animaux inexpérimentés (stressés, malades, blessés) attirent le renard, par exemple, en nombre plus important, qui est alors tué. En effet, en augmentant artificiellement et de manière massive les populations de gibiers/proies, la chasse de loisir augmente en même temps le nombre des prédateurs … qu’elle combat ensuite comme concurrents. Quant à la mortalité des animaux lâchés, elle est importante et est due aux difficultés d’adaptation à la vie sauvage.

« Le chasseur organisé nous prétendra qu’il enrichit la nature par des apports de gibier élevé ou d’importation! Grave erreur! Car non seulement ces chasses sont vidées de leur substance sauvage par le piégeage pour la protection des ces « poulets colorés », mais l’irruption soudaine de milliers de volatiles ahuris et omnivores provoque des répercussions désastreuses sur la faune locale, déjà réduite volontairement, et soudainement privée de ses ressources naturelles et contrainte de partager un habitat déjà restreint ».

Roger Arnhem.

A propos du dérangement de la faune

La chasse a également un effet négatif indirect, le dérangement qui rend les animaux plus sensibles aux activités humaines et ne leur permet pas de tirer parti correctement des ressources naturelles. Il perturbe aussi le comportement animal en rendant nocturne des animaux diurnes, en modifiant le comportement social des groupes d’individus et leur hiérarchie.

Surtout en période hivernale, le dérangement fait fuir les animaux (envols, déplacements) et occasionne des dépenses énergétiques qui provoquent la fonte des réserves lipidiques et protéiniques, ce qui se traduit par des animaux affaiblis.

Les dérangements perturbent également la reproduction naturelle des individus déjà affaiblis ou obligés de se déplacer prématurément. Ils provoquent des distances de fuite plus élevées.

  1. Les chasseurs restaurent-ils les biotopes ?

Les chasseurs de loisir favorisent artificiellement le gibier par intérêt cynégétique.

« La gestion de l’espace naturel par l’homme se définit par l’ensemble des actes visant à la plus grande diversification possible, aussi bien des structures des sols que des espèces de plantes et d’animaux qui vivent dans des écosystèmes résultant d’évolutions naturelles, abiotiques et biotiques. Ces actes apportent un enrichissement pour l’ensemble de la diversité des espèces et aux structures des paysages. Ce n’est que dans certains cas limites que la chasse peut s’inscrire dans la gestion de l’espace nature, mais elle n’est en aucun cas cette gestion elle-même, contrairement à ce que les organisations cynégétiques veulent faire croire ».

Nederlandse Vereniging tot behoud van Natuurmonumenten.

La gestion cynégétique banalise les biotopes et diminue la diversité des espèces qui y sont présentes. La chasse de loisir ne restaure rien, elle abîme.

« La conservation de la nature recouvre l’ensemble des mesures prises ou à prendre pour garantir la sauvegarde des espèces, animales et végétales, ainsi que de leurs conditions de vie à l’état sauvage. Elle trouve son fondement dans la volonté de transmettre un certain patrimoine aux générations futures, cela tant pour des raisons scientifiques, économiques qu’esthétiques ou éthiques ».

Roland Libois.

  1. Les arguments écologiques des chasseurs.

 « Les chasseurs pratiquent une chasse durable et éthique ».

« L’élite cynégétique est bien représentée au sein des Conseils cynégétiques ou dans les organes représentatifs du monde de la chasse. Elle freine toute forme d’écologisation de la chasse et d’ouverture aux autres acteurs ».

Lionel Delvaux.

La biodiversité au sens du monde de la chasse n’est pas la biodiversité naturelle. Elle se résume pour certains à trois catégories d’animaux à tuer : le « gibier », les « inutiles » et les « nuisibles ». Leur vision de la nature se résume à l’armement et au « gibier » et est caractérisée par une négation des principes fondamentaux de l’écologie des biotopes, comme l’équilibre entre proies et prédateurs dans une pyramide de la chaîne alimentaire la plus diversifiée possible en espèces différentes.

La gestion des biotopes doit avoir une visée plus large que la gestion dirigée à des fins cynégétiques. Elle doit favoriser l’évolution spontanée et complexe de la diversité biologique et bénéficier à toutes les espèces indigènes. En fait, il n’y a plus de place pour la chasse sous sa forme ludique actuelle.

Nombreux sont les chasseurs qui semblent d’une grande ignorance en matière de faune sauvage et de gestion des biotopes. Alors, combien y a-t-il de chasseurs naturalistes, fins connaisseurs de la faune et respectueux de la vraie nature, comme l’était l’écrivain ardennais Adrien de Prémorel à une époque déjà lointaine ? Et dans quelle mesure sont-ils écoutés et suivis par leurs fédérations ?

La gestion cynégétique du grand gibier (cerf, chevreuil, sanglier) conduit à une densité excessive dont l’impact négatif sur la forêt et sur la biodiversité est considérable. La surabondance de ce gibier bouleverse gravement les écosystèmes. De multiples nuisances accompagnent l’arrivée brutale de ces animaux en surnombre : chasse non sélective, hécatombe d’insectes rares, de reptiles, de batraciens, perturbation de l’organisation sociale des populations, propagations de maladies, etc.

Une fois tué, le gibier est emporté et n’est pas consommé dans le circuit écologique. Sauf lorsqu’il est, vu son nombre excessif, pléthorique et laissé sur place … voire enterré !

« De telles surdensités de grands gibiers ne sont pas le fait du hasard… Y contribuent indirectement une terrible compétition entre chasseurs pour louer les territoires communaux, compétition qui a fait flamber les loyers de chasse. La raison de cette compétition accrue se trouve dans la disparition du petit gibier des plaines, suite à l’évolution des pratiques agricoles. Et les investissements (outre le loyer, le garde-chasse, les traqueurs…) doivent être rentabilisés. Pour y arriver, il faut un territoire de chasse giboyeux. Si on paie 1.500 euros pour une journée au grand air, ce n’est pas pour perdre son temps à attendre un éventuel gibier. Aussi, le gérant veille sur son capital : il faut préserver les laies, biches et chevrettes ! Comment ? Avec des consignes restrictives de tir, parfois clairement formulées ou précisées sous couvert. Ensuite, en recourant largement au nourrissage « dissuasif » qui, comme son nom l’indique, dissuade le cheptel d’aller voir si l’herbe est plus verte sur le territoire voisin. Nourries au grain chaque jour de l’année, les laies deviennent plus productives et restent en place. Ajoutons à cela la volonté du bailleur de maintenir les clôtures en forêt pour s’assurer que le gibier ne fuie pas après les périodes de chasse. »

Lionel Delvaux.

Dans la nature, la sélection naturelle engendre une efficacité accrue des prédateurs et le perfectionnement des moyens défensifs des proies. Il est rare qu’une des deux parties s’assure un avantage décisif pour autant que l’environnement ne subisse pas de modification brutale ou que de nouvelles espèces n’y soient introduites.

« En moyenne, 550 autorisations de destruction du Pigeon ramier sont accordées annuellement par les Directions du Département Nature et Forêts en dérogation à l’application de la Directive oiseaux pour la prévention des dommages importants aux cultures. Ces dérogations sont même parfois accordées alors qu’il n’y aucune culture à protéger, au contraire, les cultures concernées sont destinées à la chasse ! ».

Michel David.

« Demandes d’allongement de la durée de la chasse ».

Les chasseurs n’ont de cesse de presser les autorités politiques et administratives afin d’étendre leur pratique. Ainsi, par leurs actions de lobbying et de promotion de la chasse, ils cherchent à allonger les durées de chasse, même la nuit, et à supprimer la protection dont bénéficient certaines espèces, qualifiées de nuisibles parce qu’elles sont des prédatrices naturelles. Une de leurs justifications est qu’il faut tirer le gibier excédentaire … mais qui est dû à leur gestion cynégétique.

  1. Mesures de protection ou demandes de destruction ?

 « Il faut limiter la prolifération des espèces, comme disent les gens qui ne songent jamais à limiter la leur. Jusqu’à un certain point nous sommes tous d’accord, mais je songe aux millions de pigeons migrateurs qui couvraient de leur vol le ciel des Etats-Unis : c’est une espèce aujourd’hui éteinte, dont il ne subsiste qu’un misérable spécimen dans un musée de la Nouvelle-Angleterre ».

Marguerite Yourcenar.

Le lobby de la chasse est systématiquement opposé aux mesures de protection. Il se soucie avant tout de promouvoir la chasse et de défendre les chasseurs. Le projet « Nassonia » nous l’a encore rappelé récemment. Mais où sont donc les chasseurs qui sont prêts à arrêter leur loisir, afin de permettre la protection des espèces et la reconstitution des populations sauvages ?

Selon l’Atlas des oiseaux nicheurs de Wallonie il ne subsistait plus qu’environ 3.700 couples de Perdrix grises en Wallonie et ce chiffre est en diminution continuelle ; l’aire de répartition de cet oiseau agricole se réduit chaque jour. Par contre, de l’ordre de 17.000 perdrix ont été lâchées dans la nature sur 41 du territoire qu’elle occupait en 2006 ; si le nombre de perdrix lâchées est proportionnellement le même pour les autres territoires, il y aurait plus de 40.000 oiseaux lâchés annuellement.

En 2015, près de 10.000 perdrix ont été importées de France pour la chasse. Ce chiffre monte à 142.000 pour le faisan, en provenance de France et des Pays-Bas. Pour la sarcelle d’hiver la moitié de la population hivernante est tuée par la chasse chaque année !

Notons qu’il n’existe pas de chiffres précis quant aux nombres d’oiseaux lâchés, mais aussi tués, par la chasse en Wallonie. Eluder les statistiques permet d’éviter le débat !

Les chiffres de destructions concernant les corvidés sont édifiants: environ 50.000 Corneilles noires et 25 000 Pies bavardes ont été tuées en 2013. A comparer, selon l’Atlas des oiseaux nicheurs, à 39.000 couples de corneilles et 30.000 couples de pies.

Pour les corvidés, les chasseurs en viennent même à se plaindre à la place des agriculteurs pour pouvoir les tirer.

  1. Les conséquences de la chasse sur la faune

Impacts quantitatifs

La chasse augmente artificiellement les effectifs du gibier et diminue ceux de la faune sauvage indigène par mortalité directe (les « prélèvements ») ou indirecte (les blessures) et par les dérangements qu’elle provoque. Trop rares sont les chasseurs qui plantent des haies, laissent sur pied des friches pour le petit gibier, ce qui profiterait à de nombreuses autres espèces…

Cette surpopulation animale dégrade les strates basses de la forêt, abîme les arbres et empêche leur régénération naturelle; elle augmente les risques sanitaires et entraîne des dégâts aux parcelles agricoles.

Même les opérations de repeuplement du petit gibier sont contre-productives, comme l’indique la revue « Faune sauvage » de décembre 2006 : « …on ne dispose pas d’exemples où le maintien de la chasse avec des lâchers annuels de perdrix permette de maintenir ou d’accroître l’abondance à long terme de la population ». Cette revue met également en évidence les impacts négatifs sanitaires et génétiques de ces lâchers. Cette thèse est aussi validée par l’Association Nationale (France) pour une Chasse Ecologiquement Responsable (ANCER).

Lorsque les prélèvements de la chasse sont supérieurs au taux de renouvellement de l’espèce la réponse logique serait de cesser la chasse.

Impacts qualitatifs

La chasse de loisir, avec tous ses excès (pression de chasse inadaptée, aménagements des territoires inexistants, élevage du gibier), déstructure le système social des animaux, augmente la distance de fuite des animaux stressés, pas uniquement celle du gibier mais aussi celle de l’ensemble de la faune, ce qui, par ailleurs, rend plus difficile l’observation de la nature pour le naturaliste ou le simple promeneur.

Les espèces non chassées sont fragilisées elles aussi. Par exemple les oiseaux migrateurs ou hivernants qui sont amenés à dépenser de l’énergie du fait des dérangements ou qui doivent modifier leur distribution géographique pour trouver la quiétude.

  1. La chasse des oiseaux migrateurs

« Les chasseurs sont capables de distinguer et de chasser les espèces durant l’heure qui précède le lever du soleil et l’heure qui suit son coucher officiel ».

Les chasseurs sont donc mieux capables qu’un ornithologue confirmé de reconnaître dans le noir une espèce d’oiseau ! En réalité, la chasse de nuit à l’aveugle est la cause du tir d’espèces migratrices et protégées. De plus, les détonations de nuit, à proximité des mares, étangs et autres zones humides, mettent en fuite de nombreuses espèces protégées et en déclin, dont les roselières constituent des dortoirs importants. Avec l’obscurité qui s’est installée ces oiseaux sont alors contraints de se poser au hasard dans la campagne. Ces dérangements sont évidemment néfastes pour des oiseaux en migration ou en hivernage et qui sont déjà affaiblis.

Les oiseaux migrateurs sont un patrimoine commun local et international. Ils sont particulièrement vulnérables, car ils se reposent et se nourrissent dans des milieux qui se sont raréfiés, comme dans les marais dont le nombre et l’étendue ont fortement régressé, ou qui sont pollués. En effet, leurs terrains de nourrissage, que ce soit en migration ou dans leurs zones d’hivernage, ont disparu à vive allure, chez nous, mais aussi dans les autres pays. Ces milieux doivent être protégés intégralement, plutôt que de servir de zone récréative aux chasseurs.

La chasse de tous les oiseaux migrateurs doit être interdite partout et en tous temps. Quels sens cela a-t-il sinon de protéger des oiseaux localement pour qu’ils soient chassés dans un autre pays ?

  1. La pollution due à la chasse.

Les lâchers d’animaux dans la nature polluent génétiquement les espèces : hybridations massives, perte de l’instinct, dissémination de germes pathogènes, maladies, perte des souches naturelles, etc.

Les cartouches des chasseurs (petit gibier et gibier d’eau) sont remplies de billes de plomb, alors qu’il existe des cartouches alternatives non-toxiques. En conséquence, un grand nombre d’oiseaux meurt chaque année par une intoxication au plomb causée par la chasse. Cette grenaille de plomb, lâchée en grande quantité dans la nature, pollue à long terme les sols et les eaux et toute la chaîne alimentaire.

  1. Le chasseur et la sécurité publique

L’armement des chasseurs, l’abus occasionnel de l’usage de leurs armes et le non- respect des règles de sécurité occasionnent des accidents de chasse… qui ne frappent malheureusement pas que les chasseurs.

  1. La chasse et les autres usagers de la nature

Il n’est pas démocratique d’empêcher, pour des raisons de sécurité, la grande majorité des citoyens de se balader le week-end dans la nature à cause d’une chasse en cours. Il reste le samedi pour chasser si le dimanche devient chasse interdite, comme demandé en France par une majorité de citoyens.

Nassonia

La chasse est encadrée par l’administration. Le Département Nature et Forêt et l’Unité Anti Braconnage, malgré des ressources humaines et des moyens techniques trop limités, font un excellent travail. Malheureusement les décideurs politiques sont largement influencés par le lobby des chasseurs de loisir. Nous avons à nouveau pu le constater fin 2016 dans le cadre du projet dit « Nassonia », lorsque certains chasseurs n’ont pas caché, à l’occasion des discussions nées autour de ce projet, qu’ils veulent s’approprier de manière exclusive la forêt pour leurs activités cynégétiques ; et également, dans le cadre de projets de privatisation des forêts domaniales et de modification de la Loi sur la Conservation de la Nature du Ministre R. Collin qui veut conserver la libre introduction d’espèces non protégées (faisans, perdrix, etc.) et faciliter la destruction d’espèces jugées prédatrices (corneilles et pies). Cet avant-projet de décret, qui devait améliorer durablement la loi sur la Conservation de la Nature, donc la biodiversité, apparaît, au contraire, comme une régression destinée principalement à favoriser le maintien d’une chasse constituée essentiellement de massacres d’animaux d’élevage ou semi-domestiqués.

  1. Les arguments économiques des chasseurs de loisir

Selon les chasseurs, « la chasse en Wallonie est un secteur économique important ».

Les deux tableaux ci-dessous sont extraits d’un intéressant mémoire de fin d’études basé sur les données d’une chasse au grand gibier. Son auteure est administratrice du « Royal Saint-Hubert Club de Belgique », une fédération qui regroupe de l’ordre de 12.000 membres cotisants et dont le but statutaire est la promotion de la chasse de loisir et la défense des chasseurs.

Selon le premier tableau ci-dessous, le secteur de la chasse pèse près de 135 millions d’euros par an en Région wallonne. Ce chiffre mérite d’être commenté et les dépenses indiquées d’être remises dans leur contexte.

Les permis et les taxes payés par les chasseurs s’élèvent à 4,0 M€/an. Ce montant peut être considéré comme un impôt en échange duquel il est permis de prélever le gibier qui appartient à la collectivité. Ce montant est toutefois largement compensé par les revenus de la chasse, qui s’élèvent à 6,1 M€/an et qui proviennent de la vente, par les sociétés de chasse, du gibier abattu. Les chasseurs réalisent donc un profit de près de 2 M€/an sur le tir et la vente du gibier.

« Des hommes achètent à bon compte le droit de détruire et de verser le sang à leur guise, parce que c’est là qu’ils trouvent leur joie. Voilà la vérité sur la chasse ».

Pierre Viansson-Ponté.

Ce tableau établit le bilan des dépenses des chasseurs, mais il ne donne, par contre, aucune indication concernant les dommages causés à la nature par les dérives de la chasse. Pour être complet, ce tableau devrait donc aussi afficher la valeur des dégâts environnementaux dus à la gestion cynégétique lorsqu’elle crée un dommage au bien commun, sans contrepartie. Ces dégâts disparaîtraient en cas de limitation de la chasse de loisir.

Les dégâts sylvicoles dus à l’abroutissement (consommation de broussailles et de jeunes arbres par les animaux sauvages), au déracinement et à l’écorcement de la forêt, qui sont provoqués par le gibier maintenu artificiellement en surnombre, obligent à des coupes précoces d’arbres dévalorisés et qui contiennent des vices cachés (pourriture, fibre sèche, décoloration). Ces dégâts devraient être pris en compte comme externalité négative (voir aussi le point 2 ci-dessous). Tout comme devraient l’être les dispositifs pour rendre la chasse possible (grillages pour protéger des zones agricoles, information du risque pour les promeneurs, etc.), les frais environnementaux de déplacement vers le territoire de chasse, les nuisances liées à la pollution par le plomb, la dépréciation du patrimoine génétique de la faune du fait de l’élevage et de l’importation de souches non locales ou du nourrissage artificiel, la perte de capital naturel indigène du fait de la chasse, la disparition des espèces due à la banalisation des milieux, le désagrément des non-chasseurs empêchés de se balader à cause d’une chasse en cours, etc. Et il faudrait, de plus, tenir compte du coût sociétal des accidents et incidents dus à la chasse, dont sont victimes des chasseurs eux-mêmes, ainsi que de simples citoyens et leurs biens.

Le poste « gestion des territoires » de 12,4 M€/an représente des frais de nourrissage du gibier, d’aménagement et d’entretien du territoire et d’introduction éventuelle de gibier d’élevage. De tels frais ne bénéficient pas à la nature, ils ne servent qu’aux chasseurs et illustrent bien ce que l’activité de chasse est devenue pour certains: une activité d’élevage. Ces frais de gestion sont dépensés en pure perte pour la collectivité car ils sont contre-productifs pour la qualité des biotopes et de leurs hôtes, parce qu’ils polluent le patrimoine génétique local et qu’ils ont pour effet d’importer et de disséminer des maladies. Les aménagements de la gestion cynégétique qui ne favorisent pas la faune et la flore indigène peuvent même se révéler désastreux, comme les cultures de maïs dans un bois ou en lisière, la disparition des reptiles et des batraciens du fait du lâcher de milliers de faisans dans la nature et de la surabondance des sangliers, la destruction des « nuisibles » considérés comme concurrents, etc.


Le simple abandon du nourrissage permettrait l’économie de ces coûts inutiles et nocifs pour la biodiversité. Des montants équivalents seraient plus utilement investis pour la collectivité dans des actions de conservation et de restauration des milieux naturels, pour le bien commun plutôt qu’à des fins ludiques.

Les retombées économiques pour le secteur de l’Horeca wallon sont estimées à 9,2 M €/an. Mais quel est l’impact négatif pour le secteur de l’Horeca de l’absence des amateurs de promenades et de nature qui fuient les week-ends de chasse ? Le tourisme « vert » ne peut-il se développer en Wallonie indépendamment de la chasse ? En outre, sans la chasse de loisir il y aurait en fin de compte moins de cerfs et de sangliers dopés par les nourrissages artificiels. De plus, ils seraient sans doute moins farouches et le promeneur-touriste pourrait alors les observer plus facilement.

Le poste de 10,7 M€ de « nourriture et de boissons » seraient dépensés sans l’activité de chasse aussi. Si la chasse de loisir devait être limitée ou interdite, les chasseurs concernés feraient d’autres dépenses et favoriseraient, par exemple, la photographie ou le tir aux clays, inoffensifs pour la faune.

« Les services écosystémiques sont sous-représentés dans les décisions politiques. Les écosystèmes sont essentiels à notre bien-être, à notre économie et à notre santé. La nature doit être pensée globalement et les enjeux financiers sont considérables. Dans ce contexte, les dépenses des chasseurs pour soi-disant protéger la nature sont dérisoires ».

Boeraeve Fanny.

Si la chasse crée du travail, c’est à relativement petite échelle. Cela concerne les participants aux battues et les garde-chasses. Les premiers effraient les animaux pour les faire fuir et les faire tirer par les chasseurs postés. Quant à l’impact sur la nature des seconds, il est tout aussi négatif pour la collectivité car leur travail se limite à alimenter les animaux en fourrage, à limiter le nombre des carnassiers, à organiser les battues, à faire sortir les promeneurs des bois …

Mais, non contents de chasser en Wallonie, selon cette étude, 51 % des chasseurs chassent,   régulièrement à l’étranger, essentiellement en France, Pologne et Grande-Bretagne pour un budget annuel qui dépasse quelques milliers d’euros par chasseur : voyage, gardes, logement, paiement au tir… En Belgique, cela équivaut à 1500 euros/jour pour le gros gibier ! Il est difficile de croire que ces chasseurs participent activement à la protection de la nature. Par contre, la chasse là-bas d’espèces rares ou absentes chez nous augmente leur fierté.

A l’inverse, dans le Hainaut par exemple, d’importantes chasses de plaine sont reprises par des chasseurs français qui y installent leurs gardes, spécialisés en piégeage. Ils empoisonnent les prédateurs naturels. Ils utilisent du « raccourcisseur » de paille, un produit hautement toxique qu’il est aisé de se procurer dans les exploitations agricoles. Nombre d’agents du Département Nature et Forêts (DNF) n’étant pas remplacés, et de même à l’U.A.B. (Unité Anti Braconnage), ces chasseurs « tuent-tout » courent peu de risques d’être contrôlés …

Notons que de nombreuses et importantes données à propos du nourrissage et des prélèvements de la chasse figurent dans le rapport de Lionel Delvaux « La forêt wallonne, une chasse gardée. Le poids du lobby de la chasse » (IEW).

Selon ce deuxième tableau, ci-dessus, le chasseur dépense en moyenne pondérée près de 6.000 euros (en 2004) par an. La chasse de loisir est donc bien une activité coûteuse qui concerne avant tout une partie relativement aisée de la population, laquelle exige en retour des « prélèvements » en suffisance pour rentabiliser son investissement.

Les chasseurs doivent payer aux cultivateurs pour les dégâts occasionnés par le gibier aux champs, fruits et récoltes.

C’est tout simplement prévu par la loi du 14 juillet 1961. Et c’est d’autant plus justifié que de nos jours les chasseurs de loisir sont à l’origine de la surabondance du gibier (sangliers et cervidés) et sont à l’origine des dégâts amplifiés causés à l’agriculture et à la sylviculture et même aux jardins dans le cas du sanglier. En l’absence de prédateurs naturels, qui sont pourchassés et exterminés par leurs soins depuis toujours, c’est donc bien le moins qu’ils assument les dommages causés par la multiplication du gibier due à la gestion cynégétique.

Même mis devant leurs responsabilités, les chasseurs de loisir rechignent à dédommager les dégâts. Ainsi, plutôt que de payer les cultivateurs pour les dommages causés aux cultures par les sangliers, trop nombreux car nourris artificiellement, ils ont tenté de faire payer ces dommages par la Région wallonne en les imputant aux blaireaux. En effet, au début des années 2010, la Région dû payer plus de 400.000 euros de dégâts à cause du mustélidé. Ensuite, après qu’une formation ait été mise en place pour bien différencier les dégâts des blaireaux de ceux des sangliers, les dégâts à rembourser par la Région ont été divisés par 10 ! Notons que les titulaires de droits de chasse dans le cœur des massifs forestiers et qui n’ont donc pas de zones agricoles adjacentes à leurs territoires ne doivent payer aucun dégât, au contraire du « petit » chasseur ayant son territoire en bordure du massif, là où les prairies et les champs sont localisés, et qui n’est pourtant pas responsable de l’abondance du suidé.

Notons encore que les dégâts du sanglier surdensitaire faits aux forêts et aux jardins ne sont pas dédommagés.

Et que dire de la pratique qui consiste à payer des agriculteurs pour cultiver du maïs en périphérie des bois et le laisser tout l’hiver pour nourrir les sangliers ? La superficie concernée atteint plusieurs centaines d’ha pour la Wallonie ! Ou celle consistant à cultiver de maïs en forêt ?

Revenus nets de la chasse pour les propriétaires en cas de surdensité de gibier

Les revenus de la location de territoires de chasse sont souvent considérés par les propriétaires comme des revenus nets. Un article paru dans la revue Forêt wallonne en 2014 indique, à partir de l’exemple d’une zone de chasse d’une superficie de 1602 hectares, louée par une commune et située en Haute Ardenne, que ce n’est pas le cas si les populations d’ongulés sont en surdensité. Les recettes des locations de chasse sont alors inférieures aux frais engendrés par les dégâts de gibier (écorcement, abroutissement, mortalité des plants), par les pertes sur la valeur du bois et par les protections à installer pour le reboisement. Les recettes nettes seraient plus importantes pour la commune si la densité de gibier était à l’équilibre. Ne serait-il pas logique que les chasseurs prennent aussi à leur charge les dégâts causés aux forêts et aux jardins comme suite à leur gestion cynégétique ?

« … en moyenne, les rentrées financières annuelles liées à l’exploitation forestière dans les communes sont quatre à cinq fois supérieures à celle des revenus de la chasse. Les dégâts occasionnés aux peuplements forestiers sont par contre un manque à gagner considérable ».

Le Soir. Michel de Muelenaere.

  1. Conclusions générales

 « Le lobby de la chasse est très puissant en Wallonie et il influence largement, en sa faveur, la réglementation et la législation.

La loi sur la chasse est trop peu contraignante et n’est même pas toujours appliquée. Le Département Nature et Forêts (DNF) de la Région wallonne manque de personnel pour exercer sa mission de contrôle et des procès-verbaux sont classés sans suite.

Depuis 30 ans, c’est le statu quo politique en la matière. Les ministres en charge sont proches du monde de la chasse, voire chasseurs eux-mêmes. Le seul qui ait pris des mesures pour inverser la tendance (Carlo Di Antonio) a vu ses efforts annulés par son successeur !

 La chasse est devenue un business et son lobby veut garder le monopole sur la gestion cynégétique ».

 Toutes ces constatations se retrouvent dans un article que consacre la revue Imagine (n°122, juillet-août 2017) au déséquilibre entre la forêt et la grande faune.

A propos de la régulation de la nature par les chasseurs

Réguler en matière de chasse devrait signifier qu’une quantité connue de gibier, au départ, est maintenue à l’arrivée. Or, personne, même pas les chasseurs, n’est capable de connaître précisément la quantité et la qualité des animaux chassables sur un territoire. Au mieux, il est possible de fixer un indice de population ; mais sans pouvoir assurer qu’il sera respecté par les chasseurs de loisir. Au contraire même, puisque ceux-ci favorisent une gestion augmentant artificiellement les populations de gibier, que ce soit en plaine et dans les milieux humides (lâchage de faisans, perdrix, colverts) ou en forêt (nourrissage continu des sangliers et indirectement des cervidés). Même des espèces rares ou peu présentes (Sarcelle d’hiver) ou en voie de disparition (Perdrix grise) sont chassées. En outre, ces pratiques détruisent les écosystèmes.

A propos de la grande faune

La forêt wallonne souffre d’une surdensité de grand gibier. Celle-ci, déjà favorisée par des hivers moins rigoureux est liée, principalement, à la pratique inutile de nourrissages artificiels, auxquels s’ajoute une gestion cynégétique qui organise un déséquilibre des sexes (plus de femelles) pour produire du gibier au-delà des capacités naturelles. Il en résulte un grand déséquilibre forêt/gibier en défaveur de la biodiversité. Ce grand écart est flagrant dans certains grands territoires de chasse qui représentent près de 20 % de la surface de la forêt wallonne. C’est à partir de ces « points noirs » (voir à ce sujet « La forêt wallonne, une chasse gardée. Le poids du lobby de la chasse ». Lionel Delvaux, 2015) qu’un gibier pléthorique déborde pour coloniser les milieux voisins agricoles. Lorsque, au printemps, la densité de gibier dépasse les 50 sangliers/1.000ha elle classe, selon les normes de la chasse en France, la Région wallonne en « point noir » généralisé !

Cette surdensité d’animaux met en danger la biodiversité locale mais aussi, par les dégâts occasionnés aux arbres et à la végétation, le bon état sanitaire et même la certification des forêts labellisées PEFC.

A propos de la petite faune des plaines et des milieux humides

Quant au petit gibier des plaines il est en manque d’habitats, et les espèces indigènes sont menacées, voire en voie de disparition. Les introductions de gibier d’élevage pour le tir nuisent aux populations locales, ainsi qu’à la faune et la flore en général (voir par exemple : Faune sauvage. N°274. Décembre 2006). Seules, des mesures agro-environnementales importantes et un moratoire sur la chasse des espèces en danger permettront un repeuplement durable et de qualité bien adapté aux biotopes locaux

A propos de la chasse de loisir et d’affaires

La chasse de loisir est celle qui, par ses excès, ses artifices, ses dérives et l’attitude dominatrice de ses représentants par rapport aux autres usagers de la nature, s’est rendue insupportable aux yeux de la majorité des citoyens. Elle ne représente pourtant que 0,2 % (1 chasseur sur 452 habitants) de la population belge selon la revue « Chasse et Nature » (2012). Ce % n’est guère plus élevé pour la seule Région wallonne où les chasseurs (18.000 permis de chasse délivrés) sont également très largement minoritaires.

Ces chasseurs, qui sont bien moins nombreux que les membres et sympathisants des associations de protection de la nature, disposent d’un lobby dominant exercé par des gens très influents auprès des décideurs politiques. Ils parviennent aussi à s’assurer une présence régulière dans le cabinet ministériel en charge des affaires relatives à la nature et à la chasse.

Le gibier est un bien commun inestimable en grand danger d’appauvrissement. Il est, néanmoins, littéralement offert aux chasseurs par le permis de chasse à un prix dérisoire, inférieur aux produits de la vente des animaux morts.

Les décisions politiques sont très fortement influencées par les arguments du lobby de la chasse. Ceux-ci se révèlent fallacieux lorsqu’ils sont examinés, non pas comme un chasseur qui défend son loisir et son plaisir de chasser, mais en fonction du bien commun, c.-à-d. d’un point de vue écologique, en faveur de l’équilibre des milieux naturels, d’un point de vue social en faveur de l’accès à la forêt, par exemple et, d’un point de vue moral si l’on prend en compte la souffrance animale.

Le projet d’admettre à nouveau la pose de clôtures dans les forêts wallonnes, pour de soi-disant raisons sécuritaires, en est un dernier exemple, ainsi que la poursuite de la chasse de deux espèces menacées : la perdrix, sans obligation de gestion à l’aide de mesures agro-environnementales de long terme, et la sarcelle.

Le chasseur « en conserve », celui qui accepte de tirer sur des animaux d’élevage, dans un territoire clôturé si possible, devrait avoir l’honnêteté d’admettre ce que sa pratique est devenue : une activité d’élevage à but récréatif, un loisir, mais aussi un danger pour l’équilibre naturel.

Il est inacceptable que le chasseur de loisir se justifie en prétendant être un bon gestionnaire de la nature. Les discussions avec le lobby de la chasse seraient du reste bien clarifiées s’il reconnaissait cette réalité, évidente : la chasse d’agrément, par ses dérives, banalise et simplifie le monde naturel. Elle n’est en aucune manière une activité de gestion écologique globale et durable des milieux et de sa faune. D’ailleurs, face à la disparition et à la raréfaction des milieux naturels et du vivant sauvage, la raison d’être de la plus importante fédération de chasseurs de Wallonie (le RSHCB, 12.000 membres) est « la promotion de la chasse et la défense des chasseurs » et non pas la protection et la défense de la nature et de la biodiversité.

A propos du soi-disant poids économique de la chasse

La chasse de loisir ne génère aucune « externalité » positive particulière, que du contraire. Son bilan économique complet, qui tiendrait aussi compte de sa dette cachée envers les écosystèmes et la biodiversité, est sans doute négatif. En effet, la prise en compte des dégâts collatéraux de la chasse de loisir, comme les impacts négatifs sur le tourisme, la production sylvicole et agricole (quelle ineptie écologique par exemple de persécuter les prédateurs), les milieux naturels … doivent être pris en compte pour une analyse économique globale du secteur. De plus, le secteur économique lié strictement à la chasse est marginal et sans doute pour partie non fiscalisé.

Des sommes importantes sont donc à économiser en évitant l’élevage et les introductions à l’emporte-pièce de gibier de tir, comme les faisans et perdrix dans les plaines, les Canards colverts sur les étangs, ou en s’abstenant de nourrir les sangliers qui sont alors privés de leur caractère sauvage. Les amateurs de chasse de kermesse iront bien se divertir ailleurs en cas d’interdiction de ses pratiques ahurissantes.

Tout l’argent consacré à la chasse serait plus utilement dépensé du point de vue de la collectivité et pour les générations futures dans l’achat et la protection de réserves naturelles, l’aménagement de biotopes favorables à la faune sauvage et le maintien des corridors verts qui les relient. C’est le rôle des associations de protection de l’environnement et de leurs bénévoles qui devrait être reconnu et mieux valorisé par la Région wallonne

Notons enfin qu’il serait intéressant de comparer les filières économiques de la « chasse », d’une part, et des activités « nature », d’autre part. Les dépenses des promeneurs, des randonneurs, des naturalistes et des photographes nature, etc. sont en plein développement et ne peuvent être négligées (frais de séjour, de guidance et en matériel spécialisé, comme les vêtements et les chaussures adaptés, les jumelles, les guides, etc.).

A propos de la souffrance animale

Un animal chassé n’est pas un objet inerte mais un être vivant sensible.

La chasse fait souffrir les animaux d’origine sauvage et aussi le « gibier » provenant d’élevages. Il n’est pas crédible de prétendre le contraire en affirmant que l’animal tiré n’a pas le temps de souffrir, et que la recherche d’animaux blessés, afin de les achever, permet d’éviter leur souffrance.

La loi relative au bien-être animal du 14 août 1986, en son article 15 relatif à la mise à mort d’animaux, devrait s’appliquer au tir de chasse également en excluant les formes de chasse non sélectives, ni efficaces (tir à l’arc, chasse à la battue à cor et à cri, piégeage, etc.. Comme l’écrivait feu Albert Demaret, ancien Président d’AVES, « Le respect de la vie s’ajoute désormais aux principes de la protection de l’environnement et de la conservation des ressources naturelles ».

A propos des « seigneurs cynégétiques »

Le pouvoir d’influence du lobby de la chasse aide à forcer des décisions politiques locales pour privatiser des chemins publics, pour placer des panneaux qui donnent au promeneur l’idée que ces chemins sont privés et interdits d’accès, pour placer des barrières à l’entrée de ces chemins pour faire croire à un accès interdit ; il les autorise à ne pas enlever ces barrières, mais seulement les cadenas, lorsqu’ils sont rappelés à l’ordre .

A propos de l‘évolution souhaitée de la chasse

La liste des espèces de la faune sauvage chassables (le gibier) doit être actualisée et revue à la baisse.

Les prédateurs naturels doivent être respectés et non pourchassés, tirés et piégés.

La chasse ne peut faire souffrir les animaux « inutilement », par des tirs peu efficace ou le piégeage.

Les tirs doivent être sélectifs pour respecter l’équilibre des populations.

Les animaux sauvages doivent être considérés comme un bien commun à protéger, comme res communis et non pas res nullius.

Le nourrissage, dans le but d’obtenir plus d’animaux à tirer, doit être strictement interdit. La chasse du gros gibier doit être sélective et accompagnée de plans de tirs (cervidés) ou de quotas de tir (sangliers) validés scientifiquement sous la responsabilité du DNF. Lorsque ces plans ou quotas ne sont pas atteints le DNF doit intervenir ou faire intervenir des chasseurs agréés.

Les lâchers de gibier d’élevage doivent être interdits car ils ne servent qu’à la chasse de loisir et non au repeuplement ou au renforcement des populations. Aussi parce qu’ils favorisent le disséminement de maladies, de virus et de bactéries. Trop peu d’études scientifiques sont menées pour suivre les effectifs des populations de gibier et servir de cadre aux plans ou aux quotas de tir. Pour ce faire, le petit gibier d’élevage doit être bagué pour pouvoir le distinguer de la faune naturelle. Mieux, tout lâcher de gibier d’élevage doit être interdit.

Pour ce qui concerne la petite faune des milieux agricoles, trop peu nombreux sont les territoires de chasse accompagnant leur pratique par une gestion agro-environnementale continue qui bénéficie aussi à d’autres espèces que le gibier. Les quelques territoires de chasse qui procèdent ainsi doivent être encouragés. Au lieu d’introduire des animaux d’élevage pour le tir, un arrêt de la chasse doit être imposé tant que les populations n’ont pas été restaurées par des mesures agro-environnementales appropriées, qui doivent être amplifiées. Des abris, des zones refuges pour la faune et la flore sauvage, des haies, des reliefs, etc. doivent être aménagés prioritairement. Et s’il faut repeupler, il est impératif de le faire avec des individus bagués issus de territoires proches, non domestiqués.

Vu la raréfaction des zones propices aux haltes migratoires et d’hivernage, tant en Europe qu’en Afrique, la chasse des oiseaux migrateurs (en ce compris la Bécasse des Bois) doit être complètement interdite, partout, d’autant plus lorsque les espèces concernées sont protégées ailleurs ou sont reprises sur la liste des animaux en déclin ou menacés de disparition. Il n’existe du reste aucun argument, sinon le seul plaisir des chasseurs, justifiant le tir des oiseaux, quels qu’ils soient.

La chasse de loisir est nuisible pour l’ensemble de la nature et cause des dégâts à l’agriculture, à la sylviculture et aux milieux naturels. Sa véritable importance économique est exagérée. Ses nuisances ne sont pas prises en compte, malgré les discours politiques en faveur de la sauvegarde et de la restauration durable de la biodiversité pour les générations futures.

La gestion de la chasse par les autorités, au travers de la législation et de l’Administration, doit tenir compte aussi de l’avis des scientifiques et des naturalistes. Elle doit être coordonnée et contrôlée par le Département Nature et Forêts de la Région wallonne, avec des moyens adéquats (personnel, matériel) et conformes aux engagements politiques de la Région wallonne en faveur de la durabilité de l’ensemble du patrimoine naturel wallon.

L’autorité publique, pour répondre à ses propres engagements et à la sensibilité des citoyens, plutôt qu’à celle des chasseurs non représentatifs de ceux-ci, a l’obligation morale d’équilibrer les formes d’usages de la nature entre les multiples acteurs de la ruralité, en tenant compte de l’importance relative de chacun. Elle doit veiller à l’équilibre durable de la biodiversité et répondre aux attentes de la société civile en matière de sécurité, de loisirs paisibles et d’éthique environnementale.

A propos d’une révision de la loi sur la chasse

La nature est un patrimoine commun. La loi sur la chasse devrait s’inscrire dans une vision globale de la conservation de la nature et de la biodiversité. Elle devrait aussi être compatible avec les attentes des autres « consommateurs » ou usagers de la nature, comme les sylviculteurs et les agriculteurs, les randonneurs, les naturalistes, les sportifs, les touristes, etc.

La chasse de loisir heurte l’éthique de l’humain face à l’animal qu’elle fait souffrir. Elle détruit, par ses pratiques, la biodiversité et les milieux naturels. Elle doit, dès lors, se remettre en question et accepter une révision de la loi sur la chasse en faveur d’une chasse de qualité (chasse de type « cueillette ») plutôt que celle visant à la quantité (logique d’actionnariat des chasses) et au plaisir mondain.

Une révision profonde de la loi sur la chasse est absolument nécessaire. Conçue à une époque où les chasseurs prélevaient le gibier, sans risques majeurs de détruire les équilibres naturels, la loi doit être adaptée à la situation actuelle, celle qui est caractérisée par le déséquilibre des biotopes où la faune est soit en voie de disparition (petite faune), soit voit ses effectifs artificiellement dopés (grande faune).

Il existe de nombreuses pistes proposant une révision de la loi sur la chasse. Entre autres, « La chasse en Wallonie : une nécessaire évolution » (Etopia, octobre 2011) ; ou encore « Proposition de résolution déposée en conclusion du débat relatif à la problématique de la chasse » (Parlement wallon, session 2003-2004) et les propositions, en 2010, de la Fédération Inter-Environnement Wallonie dans son « Plaidoyer pour une révision de la Loi sur la chasse ».

Un exemple concret d’une chasse à licence, éthique, existe déjà en Wallonie, dans la commune de Bütchenbach (et en partie dans la forêt d’Anlier) : elle favorise les chasseurs locaux, les quotas de tir des grands gibiers y sont fixés par le DNF, le tir se fait à partir de miradors, une battue silencieuse est organisée en fin de saison si ces quotas ne sont pas atteints et … la chasse est interdite le samedi après-midi et le dimanche toute la journée. Quant au gibier, il reste la propriété de la commune qui peut le vendre à son profit.

A l’étranger, des exemples probants existent aussi, comme au grand-duché de Luxembourg depuis 2011 ou, en Suisse, dans le canton de Genève, où la chasse de loisir est interdite depuis 1974.

Un article, paru dans le magazine « L’Homme et l’Oiseau » (n°3, juillet-août- septembre 2016), apporte aussi des propositions concrètes pour une révision de la loi sur la chasse en Wallonie.

Une révision de la loi devra tenir compte du fait que tous les animaux remplissent une fonction utile dans les écosystèmes et qu’aucun animal n’est nuisible à l’autre. Elle devra servir l’intérêt global de la faune sauvage et des milieux naturels, et non pas celui des chasseurs d’affaires qui favorisent un gibier artificialisé, fragilisé et dénaturé afin d’amplifier les tableaux de chasse. Elle devra être guidée et encadrée par un réel suivi scientifique, indépendant et continu, des populations animales. Elle devra veiller à l’application de l’interdiction de toute souffrance « inutile » faite aux animaux sauvages. Elle devra prendre en compte les valeurs éthiques de la société civile : ne pas tolérer la maltraitance animale, veiller à faire respecter une véritable éthique de la chasse, interdire les piégeages et la chasse le dimanche pour permettre l’accès aux milieux naturels à tous, etc.

Enfin, remarquons que le budget, consacré à l’acquisition de réserves naturelles par la Région wallonne, était à peine de quelques centaines de milliers d’euros par an il y a quelques années. Il a été ramené à néant. Les achats de terrains par les associations de protection de la nature, pour les mettre en réserves naturelles, ne sont plus subsidiés depuis quelques années. Quant aux subsides d’entretien, ils se montent à moins de 100 € à l’ha et par an, ce qui est insuffisant pour assumer une gestion efficace de la plupart des milieux naturels.

La chasse est une activité consommatrice de nature. Il serait logique que les montants versés par les chasseurs aux autorités publiques (de l’ordre de 4 millions d’euros (2004)) pour le droit de chasse (permis de chasse, primes et taxes diverses), qui les autorise à tuer le gibier et à le revendre, soient entièrement consacrés à la conservation et à la restauration des milieux naturels et de leur biodiversité.

Notons finalement que l’argumentation développée dans ce document contre la chasse de loisir et ses excès est proche de celle de l’Association pour une Chasse Ecologiquement Responsable (ANCER), en France, qui condamne le nourrissage et l’introduction d’animaux dans la nature par la chasse de loisir : elle considère que ces pratiques sont « le cancer » de la chasse !

 Argumentaire écrit en 2017.

 

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