SA merle oisillon

Elagage et abattage : un danger pour la nidification

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Au printemps, beaucoup de jardiniers taillent haies et arbres pour préparer la belle saison. Malheureusement, cette période correspond aussi à la reproduction de nombreuses espèces : intervenir à ce moment-là, dans ces milieux, n’est donc pas anodin.

Chaque année, ces travaux mènent à des situations catastrophiques pour la nidification. Entre nids détruits, oiseaux blessés et fuite des parents, chaque semaine, des oisillons en détresse arrivent dans les Centres de Soins pour la Faune Sauvage.

La LRBPO appelle les citoyens et les communes à adapter leurs pratiques pour préserver la faune ailée de nos jardins.

Où et quand nichent les oiseaux ?

Bon nombre d’oiseaux s’installent dans la végétation pour nidifier : le Merle noir et le Rougegorge familier, par exemple, se cachent dans les haies ; le Pigeon ramier et le Geai des chênes nichent dans les branches ; les Mésanges et la Sittelle torchepot utilisent les cavités des troncs et des vieux arbres pour élever leurs jeunes.

La période de nidification a lieu de mi-mars à mi-août – parfois dès début mars si l’hiver est doux.

Les rapaces nocturnes, comme les chouettes et hiboux, se reproduisent pour leur part dès le mois de janvier. Même en dehors de la période mars-août, il est donc essentiel de toujours bien vérifier qu’aucun oiseau ne niche dans vos arbres et haies avant d’entamer vos travaux d’entretien.

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Pourquoi ne pas déranger la faune en cette période ?

  1. Atteinte aux couvées
    L’élagage et l’abattage d’arbres et haies lors de la période de reproduction nuit gravement aux couvées en provoquant chutes (parfois mortelles), en détruisant les nids et en délogeant les parents, effrayés par le bruit.
  2. Utilité de la végétation
    Les arbres et haies procurent aux oiseaux des sites de nidification, des abris pour passer la nuit ou encore des postes de chant. Ils sont aussi très importants pour leur alimentation, les oiseaux y trouvant des graines, fruits et insectes. Enfin, la végétation permet aux espèces de se mettre à l’abri des prédateurs.
  3. Saturation des centres de soins pour la faune sauvage
    Les centres de revalidation, déjà débordés le reste de l’année, sont à cette période à saturation. L’arrivée d’un nid complet est symbole d’une charge de travail colossale : chaque oisillon sera nourri à la main, à intervalles réguliers (parfois jusqu’à toutes les 30 minutes pour les plus petits !). Tous ne survivent pas au transport et à cet élevage en contexte non naturel.

Que dit la loi ?

A Bruxellesil est interdit de couper des arbres et de les élaguer avec des engins motorisés entre le 1er avril et le 15 août. Plus précisément, il est interdit de tailler/abattre des arbres à haute-tige (plus de 4 m de hauteur et 40 cm de circonférence à 1m50 du sol ).

En Wallonie, il n’existe malheureusement pas de législation régionale concernant l’abattage et l’élagage des arbres. La législation dépend du règlement communal de police.

Cependant, tous les oiseaux sauvages européens sont protégés en vertu de la Directive Oiseaux de l’Union Européenne, de l’Ordonnance Nature en Région bruxelloise, et de la Loi sur la Conservation de la Nature en Région wallonne, avec une attention particulière à la protection des nids.

Comment agir face au problème dans votre jardin ?

  • Adaptez votre calendrier: dans votre propre jardin, la solution est assez simple – effectuez vos travaux de jardinage en automne et en hiver, avant la montée de la sève ! Ce simple changement dans le calendrier est bénéfique tant pour vos arbres que pour la biodiversité. Nous recommandons de ne pas tailler entre le 1er mars et le 15 août.
  • Repensez vos pratiques au jardin : de manière plus générale, remettre en question l’intensité et la fréquence des tailles, et envisager d’intervenir le moins possible dans votre jardin sera bénéfique pour toute la faune. Garder de vieux arbres à cavité est essentiel pour assurer l’habitat de nombreuses espèces, tout comme le fait d’aménager des espaces plus « sauvages », avec des essences indigènes, ainsi que des tas de branches ou de feuilles mortes (appréciés des hérissons, notamment).

Je suis témoin d’élagage ou d’abatage, que faire ?

J’habite à Bruxelles

Si vous êtes témoin de ce type d’actes à l’aide d’engins motorisés, contactez le service environnement de votre commune pour vérifier qu’un permis a bien été obtenu. Si c’est le cas, contactez ensuite Bruxelles Environnement pour vérifier qu’une dérogation a également bien été obtenue de leur part. En cas d’infraction, récoltez un maximum d’informations, prenez des photos et envoyez-les à votre commune ou à Bruxelles Environnement (inspection-inspectie@environnement.brussels) et/ou appelez la police pour faire constater et arrêter l’infraction.

J’habite en Wallonie

En Wallonie, cette thématique est une compétence communale mais la plupart des communes ne légifèrent pas à ce propos. Vérifiez donc le règlement de police de votre commune.

Si vous constatez une infraction, récoltez un maximum d’informations, prenez des photos et envoyez-les au service environnement de votre commune.

Aucune législation régionale n’interdit la taille et la coupe d’arbres et d’arbustes en période de reproduction à ce jour. La législation wallonne relative à la protection des oiseaux protège pourtant la grande majorité des espèces d’oiseaux sauvages, mais également leurs nids, couvées et nichées. Essayez dès lors de sensibiliser la personne responsable de l’élagage ou de l’abattage d’arbres à l’aide de notre flyer que vous pouvez télécharger ci-dessous.

En dehors de la période de nidification, il est autorisé d’élaguer et d’abattre des arbres. Certains oiseaux, comme les rapaces nocturnes (chouettes, hiboux) se reproduisent cependant plus tôt. Veillez donc à toujours vérifier qu’aucun oiseau ne niche dans vos arbres et haies avant d’entamer vos travaux d’entretien.

Position de la Ligue

En Région bruxelloise, l’élagage et l’abattage des arbres à l’aide d’engins motorisés sont interdits du 1er avril au 15 août. La Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux (LRBPO) appelle à une interdiction similaire en Wallonie, mais en y apportant deux modifications :

  • avancer le début de l’interdiction au 1er mars, pour mieux protéger les oiseaux, qui se reproduisent de plus en plus tôt en raison du réchauffement climatique. L’avancée de la date d’entrée en vigueur saisonnière de cette mesure est également nécessaire car l’expérience bruxelloise démontre que les semaines précédant immédiatement l’interdiction est chaque année une période de tailles intenses.
  • élargir cette mesure pour inclure les tailles des haies, plutôt que de se limiter uniquement aux arbres, pour plus de cohérence. En effet, les haies sont des havres de biodiversité, et une grande partie des espèces d’oiseaux des jardins (tels que les merles, les rougegorges ou les troglodytes) nichent dans les haies plutôt que dans les arbres.

Un tel règlement applicable aux particuliers et aux organisations semble d’autant plus nécessaire que les agriculteurs sont déjà, à juste titre, soumis à une obligation similaire dans le cadre de la politique agricole commune (PAC).

Agissez à nos côtés !

Vous êtes wallon et souhaitez faire changer les choses ? Interpellez votre commune ! Vous trouverez ci-dessous un projet de lettre à adresser à votre bourgmestre afin de modifier la législation au sein de votre commune.

Documents à télécharger

Lettre "Interdiction des travaux d’élagage, d’abattage en période de nidification"

Télécharger notre lettre à destination de votre commune

Flyer « Pas d’abattages et d’élagages d’arbres en période de nidification »

Télécharger notre flyer

Affiche « Pas d’abattages et d’élagages d’arbres en période de nidification »

Télécharger notre affiche

Memorandum sur l’élagage et l’abattage d’arbre en période de reproduction

Télécharger notre Memorandum

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