Sur un site industriel d’Anderlecht, 22 grands arbres ont été abattus sans permis valable

La Ligue Royale Belge a été contactée par l’association de protection de la nature CCN Vogelzang CBN qui milite depuis des années pour la protection de la nature dans la vallée de Vogelzangbeek à Anderlecht, pour nous alerter de l’abattage illégale d’arbres pendant le confinement. Après l’assouplissement des mesures de confinement, l’association a été surprise de découvrir qu’un important corridor écologique situé chaussée de Mons, 1425, à Anderlecht avait complètement disparu. Le site est adjacent à la réserve naturelle de Vogelzang. Ce corridor écologique était constitué de hautes tiges de différentes espèces datant de plusieurs décennies et constituait ainsi un lien indispensable pour la migration de la faune et de la flore dans l’environnement urbain. Le couloir ressemblait à une “mini-forêt”. La plantation d’arbres occupe une place de choix dans les plans politiques visant à rendre la ville plus résistante au climat et pourtant, cette zone boisée disparaît !

 

Remplacer des arbres par des panneaux solaires

Après enquête auprès du service de l’urbanisme, il est apparu que le 30/3/2017, le Collège des Bourgmestre et Échevins avait délivré un permis d’abattage d’une validité de 2 ans. Le permis a donc expiré le 30/3/2019 ! Bien que les arbres étaient sains, l’administration communale a trouvé 4 raisons pour justifier l’abattage. La raison la plus étonnante était le souhait du propriétaire d’installer des panneaux solaires alors que les arbres cachaient 70 % du toit. Si l’administration estime que les grands arbres doivent être remplacés par des panneaux solaires, les objectifs climatiques risquent de ne jamais être atteints. Le permis n’a pas tenu compte de la valeur naturelle de ce corridor écologique et l’obligation pour le propriétaire de planter 25 nouveaux petits arbres montre le manque de connaissances sur la fonction des grands arbres dans l’écosystème.

 

Protéger pour mieux détruire

La Région de Bruxelles-Capitale applique à juste titre une législation stricte pour protéger la faune et la flore dans les réserves naturelles. En dehors des réserves, c’est l’inverse qui se produit, et les règlements d’urbanisme existants permettent de plus en plus que la nature soit ignorée pour pouvoir réaliser toutes sortes de projets privés et publics. Ainsi, un permis d’abattage dans la réserve est soumis à une procédure stricte et est interdit après le 1er mars. Le même arbre en dehors de la réserve peut être abattu jusqu’au 1er avril et sa valeur écologique ne compte plus visiblement. Pour les sites privés, le permis n’a pas à être annoncé publiquement alors que ces arbres font tout autant partie de l’environnement bruxellois. Ces 22 arbres ont probablement été abattus pendant la période de reproduction, mais personne ne le sait car le prestataire n’est pas tenu d’informer la Commune de la date du début des travaux.

De nombreuses autres associations de protection de la nature à Bruxelles doivent également faire face aux menaces qui pèsent sur l’environnement dues à toutes sortes de projets ainsi qu’à la minéralisation quasi systématique des sols. Malheureusement, les exemples sont nombreux, la friche Josaphat, le marais Wiels, le Donderberg, Mediapark, etc. En tant que Capitale européenne, Bruxelles aurait tout intérêt à devenir le fer de lance de la préservation de l’environnement en milieu urbain et pourtant, c’est tout le contraire qui se présente. Il faut radicalement renverser la vapeur.

 

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