Aménager son jardin en faveur de la nature, aussi petit qu’il soit, permet de créer un maillage écologique, essentiel à la flore et la faune. En ville comme à la campagne, les êtres vivants ont de moins en moins de place, leur habitat disparaisse ou se dégrade. Votre jardin ou même votre balcon peut donc vite devenir un havre de paix pour de nombreuses espèces. De petits détails peuvent faire le bonheur de nombreux animaux.

LES ARBRES ET ARBUSTES

Il est indéniable que la présence d’arbres et d’arbustes constitue un élément essentiel pour attirer les oiseaux dans le jardin. Leur feuillage offre des abris indispensables et est une des bases de la chaine alimentaire en fournissant une nourriture à de nombreux invertébrés. Les troncs et branches sont aussi utilisés par de nombreuses espèces d’oiseaux telles que les sittelles, les grimpereaux ou les pics. Ainsi, si votre terrain n’est que peu ou pas arboré, n’hésitez pas à planter quelques arbres et arbustes.

Le choix des essences

Les essences indigènes sont à préférer aux exotiques car les animaux ont co-évolué en sa présence et sont adaptés à y construire leur nid, à se nourrir de leurs feuilles ou de leurs fruits, etc. En l’absence de grands arbres, il est intéressant de planter en premier lieu des essences à pousse rapide telles que les sorbiers, les saules, les bouleaux, les peupliers, les aulnes, … En quelques années, ils atteindront une taille respectable et rempliront leur fonction de refuge et de réserve de nourriture. A cet égard, les arbres fruitiers, tels que les pommiers et les cerisiers, ont l’avantage de joindre l’utile à l’agréable. Les fruits laissés sur l’arbre ou au sol, seront une aubaine pour vos protégés. Les conifères, quant à eux, sont à planter avec parcimonie car ils ne sont pas indigènes et ne profitent qu’à quelques espèces. Ils peuvent tout de même fournir de bons refuges contre les prédateurs et les intempéries.

Il est conseillé d’associer des essences de hauteurs différentes car cette disposition permet d’héberger une faune plus variée. Enfin, l’automne est la meilleure époque pour procéder à la plantation des essences nues, à l’exception des conifères qu’il est préférable de mettre en place au début du printemps.

ESPÈCESHAUTEUR MAXIMALE (M)MOIS DE FLORAISONATTRACTIVITÉ POUR LES INSECTESABRI POUR LES MAMMIFÈRESFRUITS APPRÉCIÉS PAR LES OISEAUXFRUITS COMESTIBLES POUR LES HOMMES
ARBRES
Aulne glutineux25Mars-AvrilMoindre+
Cerisier15MaiTrès élevée+++
Charme20Avril-MaiNon+
Chêne40Avril-MaiMoindre++
Châtaigner30JuinTrès élevée+++
Erable15Avril-MaiTrès élevée+
Hêtre40Avril-MaiMoindre+++
Houx15Mai-JuinElevée++Toxique
Noisetier15Février-AvrilElevée+++
Pommier15Avril-MaiElevée++
Sorbier des oiseleurs20Mai-JuinMoindre++Toxique
ARBUSTES
Aubépine10Mai-JuinTrès élevée+++
Cornouiller sanguin4Mai-JuinElevée++
Eglantier5Mai-JuilletTrès élevée++
Framboisier1.5Mai-JuilletTrès élevée+++
Fusain d’Europe4Mai-JuinTrès élevée++
Prunellier5Mars-MaiTrès élevée+++
Sureau noir7Juin-JuilletMoindre+++
Viorne obier4Mai-JuinMoindre++

UNE HAIE VIVE

La haie offre, à la fois, le gîte et le couvert à une multitude d’espèces dont beaucoup d’oiseaux (accenteur, fauvette, rouge-gorge, etc.). Elle peut donc être très utile au jardin. Pour composer votre haie, choisissez des espèces végétales indigènes et variées. Vous pouvez sélectionner des espèces de tailles différentes et offrant aux animaux divers types de fruits et baies.

Les baies décoratives sont des éléments attractifs pour les oiseaux, qui en raffolent. Alors que les habitats naturels se raréfient, une haie de fusain, de houx ou de berbéris représente un précieux garde-manger pour nos amis ailés. La plantation de tels végétaux est l’idéal pour la faune, et permet aussi l’observation des mésanges voletant d’un arbuste à l’autre en picorant des baies.

Les haies et buissons accueillent de nombreuses espèces. 

Plantation et entretien

La meilleure époque pour planter une haie se situe entre novembre et mars, en dehors des périodes de gel. Il est recommandé de préparer le sol quelques temps avant la plantation afin de retirer la végétation et de l’’ameublir pour faciliter la pénétration des racines. Une fois les haies plantées et profondément enracinées, leur entretien se réduit à peu de chose. Les arbustes feuillus indigènes ne sont guère malades et résistent bien aux parasites. Par contre, une haie livrée à elle-même, peut atteindre assez rapidement une épaisseur conséquente. Il sera donc nécessaire de procéder, environ une fois par an, à des tailles, afin de la maintenir à un niveau acceptable en fonction de la surface du terrain, et surtout veiller à ce qu’elle ne soit pas envahie par les ronces qui pourraient devenir incontrôlables.

LES ARBRES MORTS

Généralement considéré comme inutile, l’arbre mort est souvent condamné à figurer parmi les victimes de la tronçonneuse. Pourtant, ce n’est pas parce qu’il a cessé de vivre que la vie l’a déserté.

Le gîte et le couvert

Pendant la longue période durant laquelle l’arbre va se décomposer, une multitude d’animaux et de végétaux vont s’installer. Les champignons vont être parmi les premiers organismes à le coloniser et à commencer à le dégrader, ouvrant ainsi la porte à de nombreux insectes et larves. Attirés par ces proies, les oiseaux insectivores vont à leur tour investir les lieux. Aussi, si vous avez la chance d’avoir un arbre mort ou dépérissant dans votre jardin (sauf risque de chute), surtout ne l’abattez pas ! Son maintien le rendra beaucoup plus attrayant.

Les arbres morts avec les insectes xylophages qu’ils recèlent et les cavités qu’ils présentent, sont recherchés par de nombreuses espèces. 

Les oiseaux des cavités 

  • Chevêche d’Athéna
  • Mésange nonnette
  • Pic épeiche
  • Pic vert
  • Sittelle torchepot

Des troncs et des grosses branches mortes abandonnés au sol, seront vite colonisés par les insectes, mets de choix pour un grand nombre d’oiseaux.