Figure 1 : Les activités de chasse peuvent avoir lieu tous les jours de la semaine. Il est donc difficile pour les autres utilisateurs de la forêt de prévoir leurs activités.

La LRBPO a réalisé un dossier présentant cinq des plus graves dérives de la chasse en Wallonie. Chaque semaine, une dérive vous est présentée. Ci-dessous, vous pourrez découvrir la deuxième.

Les dérives de la chasse sont mises en évidence car elles ont des impacts nuisibles pour l’ensemble de la nature. Les chasseurs créent des déséquilibres en augmentant artificiellement les effectifs des espèces dites « gibiers », pour pouvoir en abattre plus. Ils ne respectent ni le bien-être animal ni une éthique largement acceptée dans notre société. Ils chassent également des espèces en déclin et des prédateurs, dont le rôle est important dans l’équilibre des écosystèmes.

Les chasseurs ne représentent même pas 0,3 % de la population wallonne. Pourtant cette minorité impose ses vues depuis de longues années au gouvernement wallon. La LRBPO demande dès lors une modification rapide de la législation sur la chasse.

Deuxième dérive : l’appropriation de la forêt par les chasseurs

La plupart des chasseurs louent les droits de chasse sur un territoire. Cette location ne concerne que les activités cynégétiques mais beaucoup de chasseurs s’approprient complètement la forêt. C’est pourquoi le projet Nassonia est fortement attaqué par le monde cynégétique.

Des panneaux illégaux posés par les chasseurs interdisant l’accès sont régulièrement rencontrés en forêt (Figure 2). Pour être légales, ces affiches doivent obligatoirement contenir les informations suivantes : les dates de chasse ; la durée d’interdiction de passage ; le numéro de l’autorisation de

Figure 2 : Affiche illégale posée par un chasseur interdisant l’accès à la forêt.

fermeture de la forêt ; le nom et le numéro de téléphone du responsable de la pose des affiches ; le nom et le numéro de téléphone du responsable de la surveillance (l’agent du DNF de la Région wallonne).

Pendant la période de chasse, il n’y a de répit, ni pour les animaux ni pour les personnes voulant elles-aussi jouir du bien commun qu’est la forêt. Les chasseurs peuvent chasser chaque jour de la semaine, de l’aube au crépuscule. Dans ce contexte, il est difficile pour les autres utilisateurs du milieu forestier de prévoir leurs activités. Ce randonneur pourra-t-il faire cette boucle de 13 km traversant plusieurs territoires de chasse ? Ce sylviculteur aura-t-il accès à la parcelle où il doit travailler ? Ces scouts pourront-ils construire une cabane dans ce bois communal ?

Nous plaidons pour que le dimanche soit un jour sans chasse. C’est en effet le week-end que les promeneurs, cyclistes, pêcheurs, familles et autres cavaliers peuvent profiter le plus de la forêt. Pouvoir s’adonner sereinement à son loisir dans l’espace public ne devrait pas être une option mais un droit élémentaire. Les menaces et les dérangements émanant d’une seule activité ne devraient pas nuire à toutes les autres pendant tous les jours de la semaine !

Dérive déjà parue :

Le non-respect du bien-être animal et de la législation

A suivre :

Le nourrissage du sanglier

La chasse d’espèces en déclin : Perdrix grise et Sarcelle d’hiver

L’introduction de perdrix et de faisans d’élevage pour la chasse