Les feux d’artifice font pleinement partie de nos célébrations nationales.Ces explosions de couleurs ont pourtant des impacts néfastes tant sur l’environnement que sur la faune sauvage.

Nos arguments

1. Impact environnemental

Lors d’une explosion, des millions de particules fines ainsi qu’une importante quantité de gaz et de divers composés (perchlorates, oxydes et métaux) sont libérées dans l’atmosphère. Ces éléments se retrouvent donc dans l’environnement et contribuent à la contamination des écosystèmes (1). Les bombes de feux d’artifice produisent également des déchets qui retombent alors dans la nature et polluent alors les sols et les cours d’eau.

2. Impact sur les oiseaux

Les feux d’artifice ne sont pas sans conséquence sur la santé des animaux domestiques ou sauvages. Le volume sonore de certains feux d’artifice peut atteindre 160 décibels (2). L’explosion de feux d’artifice provoquent la panique de centaines de milliers d’oiseaux chaque année. Leur envol précipité engendre des collisions importantes. Cet envol est par ailleurs caractérisé par de très hautes altitudes, pendant plusieurs dizaines de minutes (3). Cette conduite est assez rare chez les oiseaux qui réservent habituellement ce genre d’altitude pour les vols migratoires. Les feux d’artifice se produisent la nuit, moment auquel la plupart des espèces recherchent un abri pour se reposer. Il est évident que les vols de panique générés par les feux d’artifice ont un impact négatif sur la santé et les chances de survie de ces oiseaux, en particulier pour les animaux les plus faibles ou les espèces en déclin (4). Il a également été prouvé grâce à d’autres études qu’un feu d’artifice touche les oiseaux à environ 40km à la ronde. De ce fait, des milliers d’oiseaux peuvent être impactés par un seul et unique feu d’artifice. Soit plusieurs millions d’individus au moment des fêtes nationales ou de fin d’année (4).

Notre position

Les législations sont changeantes, le libre usage de feux d’artifice sera prochainement interdit en Flandre. Les communes pourront déroger à l’interdiction générale, mais uniquement à certains endroits et à des moments bien précis. Cette interdiction est également appliquée aux 19 communes bruxelloises. Pour le reste de la Belgique, certaines communes commencent à adopter l’utilisation de feux d’artifice à bruit contenu. Ces derniers présentent moins de risque pour l’environnement car les fusées et les chandelles ont un plus faible impact au niveau écologique. Ils s’inscrivent également dans le respect du bien-être animal grâce à leur faible niveau sonore : le bruit dégagé par des feux d’artifice à bruit contenu est de plus ou moins 90 décibels, alors qu’il est de 160 décibels pour les feux d’artifice traditionnels.

La Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux préconise, à l’instar de la Flandre, l’interdiction des feux d’artifice en région bruxelloise et wallonne. A défaut, les feux d’artifice à bruit contenu peuvent être un bon compromis entre le désir de l’homme de perpétuer les traditions et le respect des animaux sauvages ou domestiques.

Références

1. Lajoie G. L. (2018). Evaluation de l’impact des feux d’artifice sur l’environnement. Université de Sherbrooke.

2. Commune de Molenbeek. Feux d’artifice, pétards et klaxons. En ligne : http://www.molenbeek.irisnet.be/fr/fichiers/environnement-energie/feu-artifice-fr-web.pdf

3. Shamoun-Baranes J., Dokter A. M., van Gasteren H., van Loon E. E., Leijnse H., & Bouten W. (2011). Birds flee en mass from New Year’s Eve fireworks. Behavioral Ecology, 22(6), 1173-1177.

4. Reyniers M. & Verbelen D.. Natuurpunt. EN ligne : https://www.natuurpunt.be/nieuws/zo-beleefden-vogels-de-nieuwjaarsnacht-20190102