Dans son dernier rapport, l’État de l’environnement wallon confirme une tendance inquiétante, répétée dans chaque rapport depuis des dizaines d’années : les populations d’oiseaux communs continuent de décliner en Wallonie. Aujourd’hui, les Etats membres de l’Union européenne doivent se pencher sur leur Plan national de restauration. Un moment-clé pour définir la trajectoire qu’empruntera la Belgique, mais qui repose entièrement sur la volonté de nos politiciens.
Plan national de restauration : un espoir pour les populations d’oiseaux communs en Wallonie ?
Une situation critique…
Etat : défavorable. Tendance : en détérioration. Voici les conclusions, très claires, émises par l’Etat de l’environnement wallon dans son dernier rapport sur l’évolution des populations d’oiseaux communs en Wallonie.
Les oiseaux des milieux agricoles sont les plus touchés, avec un déclin de plus de 54%, soit plus d’1 oiseau sur 2, depuis 1990.
De manière générale, les oiseaux déclinent 2x plus vite en Wallonie que dans les autres régions européennes.
En cause ? La perte des habitats (sylviculture, agriculture intensive), l’urbanisation, la baisse du nombre d’essence d’arbre et du nombre de strates de végétation, la diminution du nombre de gros arbres et d’arbres morts ou encore, bien sûr, le changement climatique.
L’impact des canicules actuelles sur la nidification risque d’aggraver encore le bilan pour cette année.
… qui dépendra de la volonté politique
La Ligue poursuit son travail quotidien sur différents facteurs de déclin :
- Création de réserves naturelles pour préserver les habitats
- Restauration des milieux dont les zones humides
- Sensibilisation aux bons gestes pour limiter les risques d’atteinte aux population par les particuliers, comme l’élagage-abattage en période de nidification
- Lutte contre la chasse de loisirs et contre le braconnage-tenderie
- Lutte contre les feux d’artifice
- …
Mais sans réelle ambition politique aux côtés des actions des associations, les populations continueront de décliner.
Aujourd’hui, un levier important apparait pour inverser la tendance : le Plan national de restauration (PNR), que chaque état-membre doit remettre à la Commission européenne en automne 2026. Ce plan définira les actions à mener par chaque pays sur les 25 années à venir pour améliorer l’état de la biodiversité sur son territoire. Un plan-clé, qui doit absolument intégrer pleinement les enjeux qui reposent aujourd’hui sur les populations sauvages en Belgique.
Pour élaborer sa part du Plan, la Wallonie a constitué des groupes de travail réunissant différents acteurs du territoire, sélectionnés par la ministre Dalcq. La surprise ? Les ASBL de protection de la nature y sont cruellement sous-représentées, au contraire des acteurs économiques, qui auront donc plus de poids dans les décisions.
Une première mesure qui a de quoi décourager… Mais les associations de protection de la nature ne se laissent pas abattre : nombreuses d’entre elles se sont unies pour tenir des concertations en amont des groupes de travail, pour que les associations choisies par la Ministre Dalcq puissent porter collectivement la voix de la nature dans ces travaux officiels de préparation.
Nous avions déjà remis, en juin dernier, une pétition signée par 40.000 d’entre vous à la Ministre Dalcq pour demander un plan de restauration ambitieux (voir article sur le sujet). Aujourd’hui, nous intégrons ces groupes de travail.
La saga promet encore quelques rebondissements… dont nous vous tiendrons bien sûr informés !
Le rapport en quelques chiffres
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