Cher/Chère Membre,
Il est des moments où la protection de la nature ne peut plus se contenter de beaux discours, de rapports scientifiques ou de promesses politiques. Des moments où il devient nécessaire de se lever, de dénoncer, d’agir collectivement. L’été 2026 sera de ceux-là.
Cette année encore, aux Marais d’Harchies, l’un des joyaux ornithologiques de Wallonie, des centaines d’oiseaux seront attirés hors de la zone protégée pour être abattus à quelques mètres de la frontière française dès l’ouverture de la chasse. Plus de 500 oiseaux tués en une seule soirée : ce chiffre n’est pas seulement choquant, il est le symbole d’une incohérence écologique devenue insupportable. Comment accepter que des décennies d’efforts de conservation, financés par les citoyens et soutenus par l’Europe, soient réduites à néant en quelques heures ?
Face à cette situation, la Ligue a décidé de faire des Marais d’Harchies un combat majeur de 2026. Et sans doute des années suivantes, car nous ne lâcherons rien ! Interpellations politiques, mobilisation associative avec entre autres nos amis français de la LPO et du GON, actions juridiques, sensibilisation citoyenne : tous les leviers sont aujourd’hui activés. Mais cela ne suffira pas sans une mobilisation forte du public. C’est pourquoi nous vous invitons à nous rejoindre nombreux le vendredi 21 août à Bernissart, à deux pas des Marais, pour une grande manifestation contre ce massacre annoncé. Défendre les oiseaux migrateurs, c’est défendre une certaine idée de la civilisation : celle qui refuse que le vivant soit sacrifié au nom de traditions dépassées, pour le plaisir de quelques-uns.
Cette même exigence guide également notre combat contre la tenderie. Derrière cette pratique que certains tentent encore de présenter comme « traditionnelle » se cachent le piégeage illégal, le trafic d’oiseaux sauvages et une pression supplémentaire sur des espèces déjà fragilisées. Le dossier que nous consacrons à cette question rappelle combien la mobilisation citoyenne et associative fut essentielle, hier comme aujourd’hui, pour faire progresser la protection des oiseaux. Rien n’est jamais définitivement acquis. Ici aussi, nous ne lâcherons pas tous les efforts déjà faits !
Mais protéger le vivant, ce n’est pas uniquement dénoncer les destructions. C’est aussi apprendre à mieux connaître, admirer et comprendre les espèces qui partagent notre planète. Dans ce numéro, vous découvrirez ainsi un magnifique article de notre collaboratrice Floriane Dumont, passionnée, entre autres, par cet oiseau, le Macareux moine, ce « clown des mers » aussi fascinant qu’émouvant. Derrière son apparence presque comique se cache un véritable prodige de l’évolution, aujourd’hui menacé par les dérèglements climatiques, la pollution et les activités humaines. Le contempler, c’est mesurer toute la beauté – mais aussi toute la fragilité – du monde sauvage.
Cette protection passe également par nos villes et nos bâtiments. Trop souvent, les rénovations et nouvelles constructions condamnent silencieusement martinets, hirondelles, chauves-souris et autres espèces dépendantes du bâti. Pourtant, des solutions simples existent : nichoirs intégrés, accès maintenus, architecture plus respectueuse du vivant. La biodiversité ne doit plus être pensée comme un élément extérieur à nos espaces de vie : elle doit y retrouver pleinement sa place. La Ligue a renforcé son équipe sur cette thématique pour être encore plus active à ce niveau.
Dans un contexte où les pressions sur la nature n’ont jamais été aussi fortes, notre détermination reste intacte. Grâce à votre soutien, à votre vigilance et à votre engagement, nous continuerons à défendre les oiseaux et la faune sauvage avec conviction. Plus que jamais, chaque voix compte.
Bonne lecture à toutes et tous.
Nous vous espérons en bonne santé. Prenez soin de vous. Merci pour votre soutien. Merci pour votre fidélité.
Jean-François Buslain, Directeur