Trois Belges sur quatre sont opposés à la chasse et plébiscitent une actualisation de la loi

L’objet de la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux est de défendre et de protéger l’avifaune et, d’une manière plus générale, l’habitat de la faune et de la flore. C’est dans ce cadre que la Ligue a souhaité sonder la position de la population francophone par rapport à la chasse. L’objectif était de mesurer le besoin exprimé par la société civile de faire évoluer la loi sur la chasse.

Pour ce faire, la LRBPO a demandé à la société Listen, une société de sondages renommée et indépendante, de réaliser une enquête auprès d’un échantillon représentatif de la population francophone tant de Wallonie que de Bruxelles.

1000 personnes âgées de 18 à 65 ans et plus ont été interrogées.

Opinion vis-à-vis de la chasse

A la question cruciale de ce sondage « Comment vous positionnez-vous vis-à-vis de la pratique de la chasse ? »

74% des répondants ne sont pas favorables à la pratique de la chasse, soit 3 personnes sur 4 ! 

Les femmes y sont  davantage opposées  que les hommes (79% vs 68%). Seul un francophone sur 10 se déclare favorable à la pratique de la chasse, ce qui paraît être un enseignement important à tirer de ce sondage !

Ce résultat résulte de différents éléments dont le sentiment d’insécurité des personnes pratiquant des activités à l’extérieur (balades, sports,…) pendant les périodes de chasse. 1 personne sur 10 seulement se sent réellement en sécurité lorsqu’elle s’adonne à une activité de plein air. Par ailleurs, presque 8 personnes interrogées sur 10 considèrent l’animal (qu’il s’agisse d’un animal domestiqué ou d’un animal à l’état sauvage) comme un être sensible.  Les femmes semblent plus concernées par la cause animale. En atteste leur plus grande propension à juger la chasse comme étant une pratique cruelle envers les animaux. En outre,  près de la moitié des personnes questionnées considèrent que la chasse perturbe la faune et la rend plus farouche. Ces personnes estiment que la chasse est une pratique d’un autre âge, réservée aux plus aisés. Elles soulignent que la chasse n’est pas nécessaire pour se procurer du gibier et pensent que la chasse ne fait pas l’objet de suffisamment de contrôles.

Enfin, 65% des personnes interrogées sont conscientes du danger que représente le saturnisme (intoxication par le plomb) pour l’environnement. Il faut en effet savoir que chaque année 40 000 tonnes de plomb sont utilisées par les chasseurs et les tireurs sportifs en Europe, ce qui provoque la mort d’au moins 2 millions d’oiseaux.

Perception du statut légal des différentes pratiques de chasse

La population belge semble peu informée sur cette question. Près de la moitié des personnes sondées ignore le statut légal des différentes pratiques de chasse. L’autre moitié pense, à juste titre, que la battue à cor et à cris ainsi que le lâcher du gibier d’élevage sont deux pratiques autorisées et que la chasse à courre est interdite. A contrario, le nourrissage du grand gibier, l’utilisation de pièges pour capturer et tuer des prédateurs naturels et la chasse des espèces rares ou en voie de raréfaction (sarcelles d’hiver, perdrix grise, …) sont vues comme des pratiques interdites, ce qui est faux !

Actualisation de la pratique de la chasse

8 personnes sur 10 sont favorables à une actualisation de la loi sur la chasse. Une même proportion se déclare pour une interdiction de la chasse les dimanches et jours fériés. Cette volonté de modification de la loi est en relation directe avec le constat déjà évoqué qui montre que près d’une personne sur deux considère la chasse comme une pratique archaïque.

La loi sur la chasse en Wallonie date de 1882. La LRBPO demande que cette loi soit revue en profondeur pour tenir compte à la fois de la dégradation actuelle de l’environnement et de la biodiversité, mais aussi de l’évolution des mentalités par rapport à la maltraitance des animaux sensibles. Les résultats de ce sondage indiquent de façon très claire qu’un changement radical s’opère dans l’opinion publique et ils attestent du désir de nos concitoyens de voir la règlementation sur la chasse modifiée à l’avenir.

La LRBPO prône un espace naturel partagé, dans le respect, et, comme l’ensemble des Belges, demande une réglementation plus stricte de la chasse, voire l’interdiction de la chasse de loisir et d’un grand nombre de pratiques actuelles. Il est temps que nos dirigeants se mettent au diapason. Nous vivons en démocratie et devons faire face à des urgences environnementales importantes, la voix des défenseurs des animaux et de la nature doit être respectée, elle raisonne dans le cœur et la raison de chacun de nous.

 

Documents à télécharger : Communiqué de presseSynthèse des résultats, Présentation des résultats du sondage, Sondage complet, Les dérives de la chasse en Wallonie, La chasse « business ».

2 février 2019 : Journée mondiale des zones humides

Aujourd’hui, samedi 2 février 2019, c’est la Journée mondiale des zones humides.

Une zone humide est un espace naturel où l’eau constitue le principal facteur déterminant la vie animale et végétale. En Belgique, les marais, les tourbières ou encore les Fagnes en sont de bons exemples. Ces zones, soumises à des variations importantes, forment des sols particuliers qui abritent une végétation et une faune tout à fait spécifiques. Il s’agit de milieux particulièrement riches, parmi les plus productifs du monde. Ils fournissent l’eau et la productivité primaire à un nombre incalculable d’espèces de plantes et d’animaux (oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens, poissons et invertébrés) qui en dépendent pour leur survie.

La Convention internationale sur les zones humides a, dans son dernier rapport, tiré la sonnette d’alarme sur la gravité de la situation. En effet, ces écosystèmes disparaissent à un taux affolant.  On estime que 64% des zones humides de la planète ont disparu depuis 1900 !

Les causes de destruction et de dégradation de ces milieux sont multiples :

– bouleversement dans les modes d’occupations des sols (intensification et expansion de l’agriculture) ;

– détournement des eaux (régulation du débit des cours d’eau et leur canalisation) ;

– pollution de l’eau (excès de matière nutritive) ;

– développement de l’urbanisation ;

– aménagements cynégétiques ou piscicoles

En 1971, la Belgique a signé avec 170 autres pays la Convention internationale de Ramsar par laquelle ces pays ont pris l’engagement de conserver et d’utiliser de façon rationnelle ces zones. Pourtant, en 2018 « Les zones humides disparaissent trois fois plus vite que les forêts » déplore la secrétaire générale de la Convention. En effet, entre 1970 et 2015, 35% des zones humides de la terre ont disparu. Le rythme de disparition n’a pas cessé de s’accélérer depuis le début des années 2000. La situation est d’autant plus critique que l’on estime que 40% des espèces animales vivent et se reproduisent au sein de ces zones. L’oiseau d’eau représente un élément indispensable à l’équilibre de ces écosystèmes.

Ce patrimoine naturel joue un rôle primordial et essentiel dans la régulation des ressources en eau. Il permet à la fois de diminuer les effets des inondations et de lutter contre les épisodes de sécheresse. Sans oublier le rôle qu’il joue dans le stockage du carbone ! Lestourbières, qui ne représentent que 3% de la superficie de la terre, sont capables de stocker deux fois plus de carbone que toutes les forêts du monde.Lesmilieux humides ont donc un impact très positif sur le réchauffement climatique global. Ces écosystèmes variés et riches sont donc vitaux pour la biodiversité et pour l’homme.

Bibliographie :

http://www.gers.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement/Gestion-de-l-eau/Eau-et-biodiversite-jardins-especes-protegees-zones-humides-Natura-2000/L-importance-des-zones-humides

https://www.lpo.fr/images/Presse/dp/2015/dp_jmzh_2015.pdf

Boa constrictor

Un jeune boa constrictor est disponible à l’adoption suite à un abandon.

Attention, ce type d’animaux nécessite des connaissances et des infrastructures particulières.De plus, des démarches administratives sont probablement nécessaire pour la détention de ce type d’espèce, renseignez-vous auprès de votre commune avant toute chose !

Les adoptions sont réservées à nos membres, et des frais d’adoptions supplémentaires sont à prendre en compte.

Intéressé(e) ?

Vous pouvez contacter notre soigneuse Nadège Pineau au 02 521 28 50 afin d’avoir plus de renseignements et obtenir un rendez-vous.

Les adoptions se font du lundi au vendredi de 9h00 à 13h00 et de 14h00 à 16h00.

Merci 🙂

Et n’oubliez pas : En adoptant en refuge, vous sauvez deux vies : celle de votre nouveau protégé, et celle de celui qui pourra être pris en charge à sa place…

 

Un resto du coeur pour nos oiseaux !

Nous sommes déjà en février. Le printemps approche. Nous profitons de cette période hivernale pour compléter nos différents articles sur le nourrissage des oiseaux en allant plus loin : quel menu pour chaque oiseau et chaque espèce ? Pourquoi nourrir les oiseaux ? Quand faut-il nourrir les oiseaux ? Comment faut-il nourrir les oiseaux ? Quelle est l’influence du nourrissage ? Nourrir ou ne pas nourrir ?

Le nourrissage hivernal: du coeur et du bon sens

 À la fin de l’automne, lorsque les jours raccourcissent et que les champs et prairies se couvrent du givre matinal, beaucoup d’espèces d’oiseaux sont déjà parties vers les côtes atlantiques, les régions méditerranéennes ou vers l’Afrique profonde. Mais d’autres espèces hivernent chez nous.

Un menu par saisons

Dès la fin d’aout, nombre d’oiseaux typiquement insectivores nous quittent, ou l’ont déjà fait, tels le Martinet noir, le Coucou gris, le Loriot, le Rossignol, les Gobe-mouches gris et noir, les Fauvettes des jardins, babillarde et grisette, les Hirondelles de cheminée, de fenêtre et de rivage, les Rouges-queues, les Pouillots, pour ne citer que les plus connus, car leur régime alimentaire de base ne leur permet pas de survivre dans nos régions tempérées en période hivernale.

D’autres s’adaptent pour quelque temps, tout en entamant plus tardivement leur migration à longue ou moyenne distance, par petits bonds successifs vers le sud. Dans ces conditions, ils se voient contraints de modifier quelque peu leur menu quotidien, suivant les conditions climatiques ou les disponibilités de nourrissage. Insectivores en été, ils deviennent temporairement frugivores, voire accessoirement granivores.

Ainsi, dès la fructification du merisier, du sorbier, du prunellier, de l’aubépine ou autres sureaux, la Fauvette à tête noire, le Rouge-gorge, l’Accenteur mouchet, le Merle noir, toutes les espèces de Grives et l’Etourneau sansonnet par exemple donneront une nette préférence à la consommation de baies sauvages venues à maturité.

La consommation de baies sauvages et de fruits est d’autant plus recherchée qu’elle est indispensable à l’oiseau qui y trouve des protéines nécessaires à la mue. Cette remarque vaut également pour certains “granivores”.

Plus tard dans la saison, d’autres insectivores partiels tout en continuant à rechercher des insectes et leurs larves, consomment également en période de disette, des semences de graminées. Parmi ceux-ci, le Rouge-gorge ou l’Accenteur mouchet déjà cités viennent plus nombreux visiter nos jardins en hiver. Pour ces espèces, les graines sont principalement recherchées au sol. Il faut en tenir compte lors du nourrissage hivernal.

Mais les espèces les plus communes sont très éclectiques quant à la composition de leur menu. Passant sans grande transition du régime insectivore strict à un régime plus varié, elles se nourrissent tantôt de graines diverses, tantôt de la provende “humaine” présentée sous forme de préparations équilibrées à base de graisse végétale ou animale ou autres produits oléagineux “exotiques”. Ce sont ces oiseaux-là qui visiteront assidûment nos mangeoires, d’autant plus qu’elles appartiennent généralement aux espèces sédentaires ou erratiques, c’est-à-dire qui ne sont pas animées d’un instinct migrateur irrésistible. Il faut cependant quelque peu relativiser cet énoncé, car bon nombre de Mésanges charbonnières et bleues que l’on rencontre dans nos jardins sont des migrateurs (venant parfois de l’Est lointain) qui se mélangent à la population locale de nos Paridae, en période hivernale.

Dans cette catégorie, citons toutes les espèces de Mésanges friandes de toutes les espèces de mésanges friandes de toute matière oléagineuse, le Pic épeiche assidu quand une barde de lard non salé est fixée à un tronc d’arbre, et la Sittelle torchepot qui raffole de tournesol, tout en précisant que nos Mésanges restent des hôtes que l’appétit pousse à goûter à tous les plats (arachides moulues ou petits blocs de fromages en sus).

En dernier lieu, abordons le groupe de granivores-type qui pose moins de problèmes quant au choix de la nourriture à leur présenter en hiver. Nous y comptons classiquement les espèces les plus “connues”: Moineaux domestique et friquet, Verdier, Grosbec casse-noyaux, Pinson chanteur, Pinson du Nord, Tourterelle turque, Pigeon ramier ou colombin, etc.

À ces espèces, ajoutons ces oiseaux qui font flèche de tout bois et sont donc omnivores: la Pie bavarde, le Geai des chênes , le Choucas et la Corneille noire.

Un cas particulier: le Tarin des aulnes, oiseau migrateur et (malheureusement) de cage renommé. Voilà un granivore classique. S’il recherche sa nourriture autant au sol que dans la mangeoire, il n’est pas étonnant de le voir suspendu à ces fameuses “boules à Mésanges” où nous pouvons le photographier aisément.

In fine, afin d’écarter toute suspicion de racisme, n’oublions pas l’Écureuil qui adore grignoter, près de votre terrasse ou sur la mangeoire, quelques morceaux de pomme ou de fromage, ou peler avec grâce les graines de tournesol.

Une remarque générale s’impose cependant, ici, car la classification des espèces, basée exclusivement sur leur régime alimentaire, appartient au passé. Et ce, pour la simple raison que les oiseaux (granivores) consomment des insectes (nidification), des baies (sinon la pulpe, tout au moins le noyau ou les pépins) mais aussi des bourgeons et de jeunes pousses, autant que des graines (au sol) ou des semences portées par des arbres à feuilles caduques ou résistantes (samares). Ce comportement nutritif est illustré e.a. par le Bouvreuil et le Grosbec. Et même la Mésange bleue ne dédaigne-t-elle pas de picorer, dans les grandes cultures d’arbres fruitiers, l’une ou l’autre poire mûre avant la récolte?

Cette brève annotation a comme simple but de montrer la complexité de certains régimes alimentaires de nos oiseaux et d’inciter donc au nourrissage hivernal varié en tenant compte de ces diversités.

Pourquoi nourrir les oiseaux?

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Nous venons de voir que les oiseaux, qui visitent nos points de nourrissage, appartiennent à des espèces tant sédentaires que migratrices. Parmi ces dernières, il y a des oiseaux qui ne seront que de passage, tandis que d’autres établiront leur quartier d’hiver chez nous.

Tenant compte des conditions climatiques du moment, ils ont un besoin (relatif) de notre aide. Si les oiseaux de nos régions ne meurent pas directement de froid, une longue disette les affaiblit, perturbe leur métabolisme corporel (perte de température) et les expose rapidement aux maladies. Ceci est particulièrement vrai lors des périodes de gel prolongé et d’enneigement généralisé, et vaut surtout pour les Foulques et les Hérons cendrés par exemple.

Par ailleurs, les journées sont courtes et la recherche d’une nourriture de base est d’autant plus ardue et souvent aléatoire. Les réserves adipeuses s’épuisent plus rapidement suite à une activité accrue et à un besoin accéléré en calories, surtout par grand froid (les nuits sont longues), ou lors de fortes chutes de neige suivies d’un enneigement prolongé. C’est évident! Ces conditions se sont, d’autre part, aggravées par la disparition d’autres ressources naturelles encore présentes naguère, mais que font défaut à présent, suite à une exploitation agricole à haut rendement économique : il n’y a plus de “restes” pour l’oiseau dans nos champs monoculturisés, pulvérisés par des insecticides ou traités aux herbicides.

La banalisation de notre environnement, malade d’une pollution croissante, nous oblige à venir en aide aux oiseaux par temps de disette et répond donc autant à une exigence biologique qu’à un sentiment d’ordre éthique. Toute aide charitable humaine est mûe principalement par ces deux notions.

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L’aspect éducatif ne saurait être oublié. En attirant les oiseaux sous nos fenêtres (à moins que ce soient eux qui nous font regarder “vers l’extérieur”), nous pouvons enrichir nos connaissances. Surtout les enfants en profiteront pour reconnaître les oiseaux qu’ils ne connaissent souvent que de nom.

Ils sauront apprécier leur présence, étudier leur comportement et ainsi apprendre à les aimer et donc à les protéger. Et, au-delà de ce plaisir de l’esprit  et du coeur, c’est le début d’une ouverture vers la nature toute entière et l’environnement humain.

Quand faut-il nourrir les oiseaux?

Même dans nos pays, le moment de songer au nourrissage peut dépendre des régions où nous vivons et des conditions climatiques locales. En règle générale, le mois de novembre est tout indiqué pour sortir la mangeoire de la remise et se préoccuper de l’achat de graines et autres “gadgets” devenus classiques. D’ailleurs, le va-et-vient des oiseaux nous indique, mieux que ne le ferait le baromètre, quand il faudra commencer et terminer (graduellement) le nourrissage.

Une petite exception cependant: les Tourterelles turques, car elles sont dépendantes de l’homme tout au long de l’année et apprécient donc toujours le petit “supplément journalier”. Sans oublier les oiseaux de nos parcs, quand les autorités communales oublient leurs responsabilités pour s’en remettre exclusivement à la générosité du public.

Comment faut-il nourrir les oiseaux?

Nous venons de voir que chaque espèce est tributaire d’une certaine nourriture et que toutes ne la recherchent pas nécessairement au sol, certaines étant plus arboricoles que d’autres. Il faut donc nourrir de façon variée en divers endroits, les uns plus éloignés que les autres, suivant le degré de témérité de l’oiseau qui se rapproche de nos habitations. Le Pigeon ramier (de nos campagnes) sera donc nourri à plus grande distance (de fuite) que la Mésange charbonnière ou le Rouge-gorge qui ont l’art de nous interroger sur nos intentions jusqu’au seuil de nos portes…

Mettre des graines (sauvages) sous un arbre ou un arbrisseau pour les Pigeons p.ex. est préférable au nourrissage au beau milieu d’une pelouse.

Même si la mangeoire est visitée par de nombreuses espèces, cette méthode n’est pas universelle : n’oubliez pas de prendre des “boules à Mésange”, des distributeurs automatiques, des bardes de lard non salé, et autres friandises à divers endroits de votre jardin.

vivara-bloc-aux-cacahuetes-avec-sultanines-0125Variez les emplacements de nourrissage au sol, ne mélangez pas diverses sortes de nourritures présentées “en tas” (cacahuètes ou arachides moulues avec des graines p.ex.) dans les mangeoires, ne donnez que des produits naturels de qualité et évitez ainsi les moisissures ou la contamination des aliments par les déjections, afin d’écarter les épidémies (les Verdiers et les Tourterelles turques sont très sensibles à la consommation d’aliments pollués de la sorte).

Placez votre mangeoire à bonne distance d’une verrière ou de la porte vitrée de votre salon, afin d’éviter les accidents de collision provoqués par l’envol subit des oiseaux à l’approche d’un Épervier.

Par contre, donnez à vos oiseaux toute possibilité de refuge vers des buissons tout proches où ils pourront s’abriter en cas de danger.

Et si vous avez des chats, faites en sorte que les oiseaux puissent toujours être avertis de leur présence : il est inutile de vouloir nourrir les oiseaux si vous avez plusieurs Minous “chasseurs”… en liberté à l’extérieur.

Prodiguez la nourriture en petite quantité raisonnable suivant le nombre de vos hôtes : ce n’est pas en nourrissant d’abondance, dès le départ, que vous aurez plus de visiteurs ailés ! Mais distribuez celle-ci à heure fixe et régulièrement, de préférence tôt le matin, puis une seconde fois si nécessaire en début d’après-midi afin d’éviter le gaspillage et la contamination.

Si vous avez le temps et si vous possédez (un peu) l’art culinaire, voici une petite recette pour la fabrication d’un mélange idéal à placer dans un “pot de fleurs nourrissoir” :

  • vous malaxez et chauffez un mélange fait de graisse à frites, d’huile végétale, d’arachide, d’avoine concassée, de tournesols, de petites graines sauvages et de pâtée pour oiseaux insectivores
  • vous transvasez dans des pots de fleurs, munis d’un bâton-perchoir passé par le trou du récipient et vous laissez refroidir le tout avant de pendre, dans votre jardin, ce menu “à la carte”.

L’influence du nourrissage

Certains esprits pointus et chagrins prétendront que le nourrissage hivernal est superflu, voire néfaste pour les oiseaux. Ils font alors appel, pour étayer leur thèse, aux sempiternelles notions d’équilibre écologique ou de régulation naturelle sans apporter pour autant de solution pratique pour faire disparaître du monde toutes les nuisances engendrées par l’homme.

Pour notre part, l’aide artificielle et saisonnière apportée à l’oiseau est valable tant au niveau de l’individu que de celle de l’espèce, car elle se généralise (heureusement) et se conforme de plus en plus à des exigences strictes qui garantissent la survie précaire de l’oiseau. Une étude scientifique, menée sur le terrain par le Dr André Dhondt,  a démontré que le nourrissage hivernal, accompagné d’une campagne de pose de nichoirs, avait une influence positive sur l’accroissement d’une population nidificatrice locale de Mésanges bleue et charbonnière.

D’aucuns prétendent aussi que le nourrissage provoquerait une altération de l’impulsion migratoire des oiseaux. En d’autres mots, nourrir des migrateurs de passage provoquerait chez ceux-ci une tendance à se fixer à cet endroit au lieu de poursuivre normalement leur déplacement. Cette allégation est démenti par J.E.S. Cooper qui étudia dans le Sussex la variation du poids des Tarins visitant son jardin et où ils se nourrissaient d’arachides. Des statistiques, observations et reprises d’oiseaux bagués, il résulte que ces Tarins migrateurs prenaient rapidement et suffisamment du poids (2,5 gr/jour), pour leur permettre d’entame un vol de 400-500 km vers le continent. Et il fut prouvé que, dès le poids idéal atteint, les Tarins quittaient le lieu de nourrissage, le “plein” étant fait, pour poursuivre leur vol migratoire sans tarder.

Par ailleurs, nous avons personnellement constaté que les oiseaux ne visitaient plus la mangeoire aussi assidûment et en nombre dès que journée, sans vent, était ensoleillée, même en période de gel. Il est donc certain que les oiseaux préfèrent la recherche de nourriture naturelle dès que les conditions climatiques s’y prêtent, et on les comprend. La consommation artificielle ne sera donc jamais exagérée, l’oiseau cherchant automatiquement son équilibre nutritif, dès qu’il le peut. Son comportement n’est donc nullement altéré par le nourrissage hivernal qui ne restera qu’un pis-aller, mais un pis-aller qui garantit sa sécurité en cas de besoin et améliore temporairement ses conditions précaires de survie.

Du coeur et du bon sens

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L’intervention humaine par le nourrissage hivernal équilibré et varié est donc salutaire à l’oiseau, tant à l’individu qu’à l’espèce, tant pour le sédentaire que pour le migrateur. À la joie de venir en aide aux oiseaux en détresse s’ajoute donc la satisfaction de faire oeuvre utile. Notre geste de protection – égoïste  peut-être en soi – équivaut au paiement d’une dette. Et, juste retour des choses, il n’est qu’un “prêté pour un rendu”.


Vous trouverez dans la boutique sur protectiondesoiseaux.be un grand choix de mangeoires diverses pour tout type d’oiseaux ainsi que de nombreux produits en alimentation pour les oiseaux et autres petits animaux.

Offrez-leur des repas de fêtes !

Voici comment les oiseaux ont vécu le réveillon du nouvel an

Nous vous faisons part ci-après d’un article de nos amis flamands de l’association Natuurpunt sur l’impact des feux d’artifice sur les oiseaux, feux qui génèrent un stress considérable et qui a été mesuré via les radars météo. Merci à Natuurpunt et à ses auteurs.

Les radars météorologiques sont généralement utilisés pour détecter les précipitations. Mais la présence de groupes d’oiseaux en vol peut perturber ces mesures. Cela a été une nouvelle fois observé durant la nuit du dernier réveillon, à cause des pétards et des feux d’artifice, comme le montrent les animations des images des radars de Jabbeke, Helchteren et Zaventem.

Normalement le nombre d’oiseaux en vol autour de ces radars est trop faible pour marquer les données mesurées par ces radars. Par contre, ils détectent les oiseaux lorsque leur nombre dans l’espace aérien augmente fortement, comme c’est le cas lors des périodes de fortes migrations d’oiseaux, mais également durant la nuit du Nouvel An.

C’est ainsi que des milliers d’oiseaux ont été surpris par les feux d’artifice allumés juste après minuit. Ces animations montrent les images retravaillées des radars de Jabbeke (KMI), Helchteren (VMM) et Zaventem (Skeye) juste avant et juste après les douze coups de minuit.

Ces images choquent les protecteurs de la nature.

Les zones clairement visibles sur le radar sont : l’avant-port de Zeebrugge, le Zwin, le bassin hydrographique de Woumen et les polders de la Vallée de l’Yzer et de la Côte Est. Ce sont là des zones importantes qui abritent des oiseaux comme les Bernaches et les Oies (polders de la Côte Est et Vallée de l’Yser), les Canards (avant-port de Zeebrugge) et les Mouettes/Goélands (Woumen).

Il est frappant aussi de constater comme la Vallée de la Meuse est très éclairée.

Ce sont avant tout les oiseaux qui dorment ensemble en grand nombre qui sont concernés par les explosions et par les éclairs artificiels.

En hiver, les oiseaux utilisent leur énergie avec parcimonie et ils limitent leurs vols au strict nécessaire : la recherche de nourriture. La nuit, la plupart des espèces recherchent un abri pour se reposer. Il est évident que les vols de panique du Nouvel An ont un impact négatif sur la santé et les chances de survie de ces oiseaux, en particulier pour les animaux les plus faibles ou les espèces en déclin.

En outre, les feux d’artifice ont également un autre impact direct: en cas de panique et  lorsque la visibilité est réduite, le risque de collision avec les lignes à haute tension augmente. Cela a déjà été observé ces dernières années sur base des inventaires réalisés avant et après le réveillon du Nouvel An.

Cette animation d’images radar montre les informations en accéléré au-dessus de Jabbeke (KMI)

Réflectivité (intensité, dans ce cas, d’oiseaux au lieu de précipitations) au-dessus de Helchteren au cours du réveillon du nouvel an (VMM).

Sur les images radar générées automatiquement telles que celles-ci sur www.meteo.be, le signal des oiseaux est en général trop faible pour être observable. Par contre, lors de groupes importants, le radar détecte les mouvements.

Source :

  • Natuurpunt – https://www.natuurpunt.be/nieuws/zo-beleefden-vogels-de-nieuwjaarsnacht-20190102
  • Texte original : Maarten Reyniers (KMI) & Dominique Verbelen (Natuurpunt Studie)
  • Images : KMI (radar Jabbeke), VMM (radar Helchteren) en Skeyes (radar Zaventem) – animatie door Maarten Reyniers (KMI)
  • Traduction : Emmanuel Verhegghen

Abaissement de la vitesse autorisée pour éviter les collisions. Le bon exemple genevois.

Nous connaissons déjà l’interdiction de la chasse dans le Canton de Genève depuis 1974 ! Voici une autre initiative prise en faveur de nos amis les animaux que nous avons lue dans le « Courrier des Bêtes », journal d’information de la Société vaudoise pour le protection des animaux (numéro 486 – Décembre 2018) et que nous reprenons ci-dessous :

« Pendant la saison des amours chez les cerfs, les animaux ont la tête ailleurs et le risque de collision augmente, notamment à proximité des espaces forestiers où les hardes se regroupent. En effet, ces animaux, dispersés dans les forêts la majeure partie de l’année, se rassemblent pour le brame dans les bois durant l’automne. Habituellement précautionneux à l’égard du trafic, ils peuvent alors être plus imprudents et plus enclins à traverser les axes routiers à l’improviste pour suivre leur groupe. C’est pourquoi, afin d’accroître la sécurité des usagers de la route et diminuer la mortalité chez les animaux, passer la vitesse à 60 km/h sur certains tronçons routiers de façon temporaire est une solution efficace.

C’est une des solutions mises en place par l’Etat de Genève pour diminuer le nombre des indésirables rencontres. Nous souhaiterions que cet exemple se répande à tous les cantons. Compte tenu de la taille et du poids de ces animaux hauts sur pattes, le risque d’une issue lourde de conséquences est non négligeable pour l’automobiliste en cas de collision ; pire, pour l’animal, elle est la plupart du temps mortelle. Adopter une vitesse adaptée peut alors faire la différence. Ainsi, dans le cas d’un cerf débouchant inopinément sur la route à 35 m de distance, un véhicule roulant à 80 km/h appliquant un freinage d’urgence percutera l’animal à une vitesse encore suffisante pour provoquer un impact équivalent à celui d’une chute de cinq étages… Dans la même situation, un automobiliste roulant initialement à une vitesse de 60 km/h parvient à s’arrêter et évite totalement le choc. Les animaux sont bien plus beaux à observer dans la nature qu’encastrer dans la calandre d’un véhicule !

C’est pourquoi, pour diminuer le risque de collision, il est recommandé aux usagers de la route de réduire leur vitesse, notamment de la tombée de la nuit au lever du jour, à proximité des espaces forestiers, même si aucune mesure officielle n’a été prise. Attention, si un animal traverse devant votre véhicule, il est très probable que d’autres suivent !

Et si un choc devait malgré tout se produire, avec des animaux (de la faune sauvage, mais aussi domestiques), nous sommes tenus légalement d’avertir immédiatement la police, qui se chargera d’intervenir ou de prévenir le garde-faune. L’omission de signaler un accident est punissable. Pour les animaux familiers, il faut également avertir le propriétaire de l’animal s’il est identifiable. »

A quand une mesure similaire de limitation de la vitesse chez nous dans les massifs forestiers ?…

 

Pétition : pas d’urbanisation à Völkersberg Hergenrath – Sauver les Muscardins

La Ligue soutient activement et financièrement l’association locale BIHU qui se bat contre le projet d’urbanisation de « Völkersberg Hammerbrückweg » (Hergenrath dans les Cantons de l’Est – Belgique). Cet endroit abrite entre autre l’exceptionnel et rare Muscardin. Son espace serait totalement détruit par cette urbanisation.

Mais ce n’est pas tout : les nombreux animaux qui vivent dans la zone de protection européenne adjacente Natura 2000 « Vallée de la Gueule » (en aval de La Calamine) perdront leur aire de nourriture ! : Hibou grand-duc, Faucon crécerelle, Muscardin, Ermite, Chauves-souris, …

Ce projet ne respecte absolument pas les lois européennes sur l’environnement (Directive Flore-Faune-Habitat 92/42/EWG et Directive Européenne de Protection des Oiseaux 2009/147 EWG).

Si vous voulez aider à la sauvegarde des muscardins et protéger un espace naturel exceptionnel, n’hésitez pas à signer la pétition en ligne.

Plus d’informations sur www.bihu.eu! (en allemand).

L’animal sauvage est écarté du projet de Code wallon sur le bien-être des animaux

Le projet de Code wallon relatif au bien-être des animaux reconnaît l’animal comme un être sensible. Mais pourquoi écarte-t-il l’animal sauvage de son domaine d’application ?

Emmanuel Verhegghen

La sensibilité des animaux est reconnue par le bon sens et par la science : personne ne peut plus nier1 que la souffrance des animaux les plus évolués, comme les cétacés, les mammifères ou les oiseaux, est comparable à celle des humains. En effet, ils forment des communautés de vie structurées et sont doués de conscience, ont un cortex et un système nerveux qui font qu’ils ressentent, comme nous, le stress, la peur, la douleur morale, la souffrance physique ou l’angoisse de l’alarme anticipant un événement risqué. Voilà ce qui explique que le bien-être animal est devenu une préoccupation importante de la grande majorité des citoyens. Ils veulent que les animaux soient respectés et que l’usage par l’homme de la violence irresponsable envers eux soit interdit.

Pour le Code civil l’animal est considéré comme une chose et non pas comme un organisme vivant, autonome et sensible.

Ainsi, l’animal qui est sous le contrôle de l’homme, (l’animal domestique, l’animal de rente ou l‘animal d’expérience) est, juridiquement, un bien meuble appropriable. Son propriétaire a tous les droits sur lui, dont celui, radical, de le tuer. Quant à l’animal sauvage, il n’est pas libre pour autant car il est classé dans la catégorie de la chose sans maître (res nullius), ce qui signifie qu’il est appropriable par tout un chacun. Dès lors, lorsqu’il est déclaré gibier par la loi il devient la propriété du titulaire du droit de chasse et il est assimilé à un bien consomptible, c’est-à-dire que son usage implique sa destruction.

Il existe heureusement d’autres dispositions juridiques qui protègent l’animal sauvage contre le droit de propriété de l’homme grâce à certaines législations spécifiques qui deviennent de plus en plus sévères, comme e.a. la loi fédérale relative au bien-être animal, la loi de protection de la nature et les sanctions pénales pour cruautés faites aux animaux.

Notons que l’idée de placer l’animal du côté des « personnes », comme « personne non humaine » ou comme « personne morale » et non plus comme objet, afin de le faire échapper au régime des biens, est fort débattue par les théoriciens du droit2. Il s’agit, dans cette hypothèse, de reconnaître l’animal sensible pour sa valeur propre et non pas comme étant utile ou non pour l’homme. Il s’agit alors d’accorder à l’animal, sauvage ou non, le droit fondamental de ne pas être tué, torturé ou enfermé par plaisir.

D’après Florence Burgat3

Pour l’animal domestique, ou inféodé à l’homme, plusieurs types de libertés de base sont généralement4 reconnues comme étant constitutives de son bien-être, comme les cinq suivantes :

1. l’absence de faim, de soif, de malnutrition ;

2. la présence d’abris appropriés et le confort ;

3. l’absence de peur et d’anxiété ;

4. l’absence de maladie et de blessure ;

5. la possibilité d’exprimer les comportements propres à l’espèce considérée.

Pour l’animal sauvage, son bien-être nécessite de disposer d’écosystèmes naturels dans lesquels ces mêmes types de libertés s’exercent et où la compétition entre les différentes espèces animales et végétales, au travers de la chaîne alimentaire et du rapport proie/prédateur, conduit à l’équilibre naturel de leurs milieux de vie. Le traitement que l’homme réserve aux organismes sauvages se doit de respecter ces valeurs inhérentes à la nature sauvage et à ces communautés de vie qui interfèrent avec la nôtre.

En Wallonie, le projet5 de Code wallon du bien-être animal, avancé par le Ministre Carlo Di Antonio, a pour but d’actualiser et de régionaliser, sous la forme d’un décret de la Région wallonne, la loi fédérale de 1986 relative à la protection et au bien-être des animaux. Ce projet ambitieux reconnaît que les mesures prises en faveur de la protection des animaux poursuivent un intérêt général qui justifie des restrictions de liberté pour l’homme en le contraignant à des interdictions et en lui imposant un comportement respectueux et empreint de responsabilité vis-à-vis de l’animal.

Ce projet de décret déclare d’ailleurs que l’animal est un être sensible qui possède des besoins et des intérêts qui lui sont spécifiques selon sa nature. Mais il ne s’appliquerait explicitement qu’aux espèces domestiquées ou captives. Par contre, étrangement, l’animal sauvage serait exclu de cette législation nouvelle.

Le comportement positif de l’homme envers l’animal est la bientraitance. Elle est un préalable indispensable au bien-être des animaux, qu’ils soient sous la dépendance de l’homme ou en liberté.

En effet, ce nouveau Code ne veut pas, par principe6 de départ, interférer dans les questions relatives à la protection environnementale ou de la nature. Sur ce point, il ne marque dès lors aucune avancée par rapport à la législation fédérale de 1986 qui prévoyait déjà, en son article 15, à propos de la mise à mort d’animaux, que : « lorsque la mise à mort sans anesthésie ou étourdissement d’un vertébré est tolérée dans le cadre de la pratique de la chasse ou de la pêche en vertu d’autres dispositions légales, ou lorsqu’elle rentre dans le cadre de la législation concernant les animaux nuisibles » alors « la mise à mort ne peut seulement être pratiquée que par la méthode la plus sélective, la plus rapide et la moins douloureuse pour l’animal ».

Maintenir une distinction arbitraire entre les animaux domestiqués et les animaux sauvages ne repose sur aucune justification théorique, scientifique ou rationnelle. Seule compte la volonté de protéger certains intérêts particuliers liés e.a. au monde de la chasse. En effet, comment justifier qu’un gibier, comme par exemple un faisan, ou une perdrix ou un colvert, est protégé contre la maltraitance animale lorsqu’il est élevé pour la chasse alors qu’il ne l’est plus dès l’instant où il s’échappe ou lorsqu’il est lâché pour le tir ?

Il existe donc une lacune dans le projet de décret concernant le bien-être animal pour ce qui concerne les animaux sauvages, alors qu’il est très progressiste par ailleurs. C’est pourquoi la LRBPO demande que la dimension sensible de l’animal sauvage soit également prise en compte par le Parlement wallon lors du vote de la proposition de décret afin d’obliger l’homme à des comportements éthiques également en faveur de la faune sauvage. En complément, pour le gibier, des dispositions spécifiques qui limitent la maltraitance animale doivent ensuite être reprises dans une nécessaire révision en profondeur de la loi sur la chasse, qui date de 1882. Celle-ci, en effet, ne prévoit pas de garde-fous pour éviter les pratiques les plus choquantes et les moins respectueuses de la faune. C’est pourquoi la LRBPO demande depuis de nombreuses années :

• d’interdire ou d’encadrer strictement toutes les pratiques maltraitantes de la chasse, comme : la chasse à l’arc, la pratique cruelle du piégeage et l’élevage et puis le lâcher pour le tir d’espèces comme le faisan, la perdrix ou le colvert ;

• de favoriser les modes de chasse les plus respectueux du gibier, comme la poussée silencieuse et l’affût/approche.


1. Pour les tenants du «  machinisme  » un animal fonctionnerait comme une machine, du mouvement sans réflexion.

2. En effet, il ne sert à rien de déclarer l’animal sensible et autonome si c’est pour le laisser, en droit, dans la catégorie des biens.

3. «  Être le bien d’un autre  ». Florence Burgat. Editions Payot & Rivages, 2018.

4. https://www.gov.uk/government/publications/fawc-report-on-farm-animal-welfare-in-great-britain-past-present-and-future

5. « Projet de décret relatif au Code wallon du bien-être des animaux ». Seconde lecture. Juillet 2018.

6. Ce principe de départ est désolant si l’on considère que toutes les législations relatives à la biodiversité

devraient être coordonnées et former un ensemble cohérent.


Cet article est paru avant le vote du décret sur le code du bien-être animal le 3 octobre 2018, mais il reste bien entendu tout à fait d’actualité après ce vote.
La LRBPO regrette que ce code n’interdise pas les pratiques de la chasse les plus maltraitantes pour la faune.

Espèces exotiques envahissantes : éléments d’analyse et recommandations

L’établissement et la propagation d’espèces sur de nouveaux territoires sont des processus naturels qui ont ponctué l’histoire de la vie sur Terre. Ils ont mené au peuplement des continents et ont participé au processus d’évolution d’une nature complexe, telle que nous la connaissons.

Aujourd’hui, ces mouvements d’espèces sont généralement perçus comme des invasions menaçantes. Or, parmi les nouveaux arrivants, seules 10 à 15% sont problématiques pour l’environnement et la société [1]. Les espèces coupables sont alors définies comme des espèces exotiques envahissantes (EEE), c’est à dire introduites en dehors de leur zone habituelle de répartition passée et présente, dont l’établissement et la propagation menacent les écosystèmes, l’habitat ou les espèces et provoquent des dommages économiques ou environnementaux [2].

Une contextualisation essentielle

Ragondin

Bien que le succès d’implantation et de propagation d’une espèce exotique soit en partie lié à son adaptation avec son nouvel environnement [3], le rôle de l’homme n’est pas à négliger : si certaines espèces constituent aujourd’hui une menace pour la biodiversité et l’économie, c’est aussi en partie suite à la multiplication effrénée des introductions d’espèces réalisées par l’Homme durant le siècle dernier – de manière intentionnelle (élevage, ornementation, chasse) ou non (transport et échanges mondiaux).

En effet, de nombreuses espèces ont été introduites pour leur utilité, et leur caractère invasif n’a été perçu que plus tard, lorsque leur bénéfice pour l’homme n’était plus établi. La perception anthropocentrique et utilitaire d’une espèce, variable dans le temps et l’espace, et dépendante des évolutions socioéconomiques, est bien illustrée par le cas du ragondin. Alors qu’il est actuellement persécuté pour les dégâts qu’il occasionne aux cultures et aux berges, il fut autrefois domestiqué pour sa peau et décrit comme un acteur utile pour la gestion des étangs [4].

Par ailleurs, une fois une espèce exotique introduite, son établissement et sa propagation seront d’autant plus facilités lorsque l’environnement colonisé subit déjà une perturbation écologique laissant des niches écologiques vacantes. Dans ce cadre, les milieux artificialisés et dégradés par les activités humaines apparaissent moins résilients et de nouvelles espèces, compétitives et opportunistes, peuvent y trouver plus facilement une place et se propager de manière déséquilibrée.

Une problématique encore mal connue

Perruche à collier

En Europe, quelque 12.000 espèces sont exotiques et entre 10 et 15% d’entre elles seraient considérées comme problématiques [1]. La plupart restent donc discrètes et se font oublier, ou contribuent à agrémenter nos vies. En Belgique, la plate-forme Harmonia répertorie une centaine d’espèces exotiques qui posent ou poseront potentiellement problèmes chez nous.

Certains de ces animaux, en particulier les oiseaux, sont largement répandus, notamment dans les parcs et les plans d’eau de nos villes. Nous les côtoyons régulièrement ; ils font partie du paysage, sont agréables à observer et sont synonymes d’accès à la faune sauvage pour nombre de citadins. Malheureusement, même si certains d’entre eux présentent un intérêt, ils sont aussi reconnus coupables de nuisances.

Pourtant, si pour certaines espèces exotiques, les impacts sont bien identifiés, dans beaucoup d’autres cas, les éléments de preuves sont faibles et ne sont pas basés sur des recherches scientifiques directes mais plutôt sur des observations anecdotiques, relatives à de petites zones [5]. En outre, il est intéressant de noter que la majorité des études se focalisent sur les nuisances de ces espèces alors qu’elles peuvent aussi être à l’origine d’interactions favorables avec les espèces indigènes [6].

Une gestion parfois interpelante

L’Europe a établi un règlement visant à éviter et à atténuer les impacts des EEE au travers de toute une série de mesures de prévention, de détection précoce et d’éradication rapide, et de gestion des EEE déjà largement répandues. Le règlement s’applique en Belgique et ses mesures sont donc mises en œuvre par les entités compétentes.

Bernache du Canada

Une gestion préventive, permettant d’éviter l’introduction et/ou la propagation au stade précoce de l’invasion est à privilégier puisqu’elle est moins coûteuse et permet d’éviter les impacts. Mais pour les espèces déjà bien établies, le problème est différent et certaines mesures de gestion brutales, telles que le piégeage du rat musqué ou la capture de la bernache du Canada en vue de les euthanasier, sont tout de même appliquées pour tenter d’atténuer les impacts. Dans ces cas, l’éthique et le caractère sans fin des mesures de gestion posent question.

Opinion de la Ligue

Selon la Ligue, il est essentiel que la société prenne conscience de son rôle dans les processus d’invasion et qu’elle remette en question l’éthique et la pertinence de son rapport utilitaire à la nature et aux espèces exotiques afin de poser un autre regard sur cette problématique. Cette démarche critique lui permettra de s’engager dans une politique environnementale traduisant une volonté globale de préservation et de restauration de la nature plutôt que de stigmatiser quelques espèces.

Recommandations

Pour contribuer à une gestion davantage préventive, c’est à dire potentiellement moins brutale pour l’animal et moins dommageable pour le portefeuille et l’environnement, voici quelques recommandations :

  • Sensibiliser à l’impact néfaste du nourrissage de la faune : il profite généralement aux animaux les plus opportunistes – pigeon, corneille, rat, renard… – et aux EEE – ouette d’Egypte, bernache du Canada, perruche à collier. Les nourrir contribue à augmenter leurs populations et les impacts qui y sont associés, et ne contribue souvent pas au bien-être des animaux.
  • Lutter contre les comportements illégaux tels que la détention, l’importation, l’introduction dans la nature ou le commerce d’EEE. Si vous observez ces pratiques ou désirez de plus amples informations, contactez les administrations bruxelloise et wallonne compétentes. A Bruxelles, vos observations peuvent aussi être transmises sur cette adresse mail : inspection-inspectie@environnement.brussels
  • Aider au recensement des EEE afin d’obtenir une évaluation réelle de la situation pour mettre en place une stratégie efficace et cohérente.
  • Si vous trouvez un animal sauvage blessé, veuillez contacter notre centre de revalidation à Bruxelles ou les autres centres ailleurs en Belgique. Si vous identifiez l’animal comme étant une EEE, sachez toutefois que la loi nous interdit de remettre cet animal en liberté, même revalidé. Vous pouvez aussi contacter en direct les administrations bruxelloise et wallonne.
  • Si vous trouvez un oiseau bagué, communiquez votre observation au centre de baguage de l’Institut royal des Sciences naturelles.

Plus d’infos sur :

  • Bruxelles environnement (IBGE) 
  • Portail sur la biodiversité en Wallonie
  • Plateforme Harmonia
  • Règlement européen de 2014 sur les EEE. Il reprend la liste des 49 EEE pour lesquelles des mesures s’appliquent partout en Europe.
  • Liste élargie des EEE en Région bruxelloise reprise dans l’annexe 4 de l’Ordonnance sur la Nature de 2012.

Bibliographie :

[1] Règlement (UE) n°1143/2014 du Parlement Européen et du Conseil du 22 octobre 2014 relatif à la prévention et à la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes, J.O.U.E., L.317/35, 4 novembre 2014.

[2] McNeely, J., Mooney, H., Neville, L., Schei, P. & Waage, J., 2001. A global strategy on invasive Alien Species. UICN Gland, Switzerland, and Cambridge, UK, 55 p.

[3] Colautti, R. I., MacIsaac, H. J., 2004. A neutral terminology to define « invasive » species. Diversity and Distributions, 10, pp. 135-141.

[4] Mougenot, C., Roussel, L., 2006. Peut-on vivre avec le ragondin ? Les representations sociales reliées à un animal envahissant. Nature Sciences Sociétés, 14, pp. 22-31.

[5] Strubbe, D., Shwartz, A. & Chiron, D., 2011. Concerns regarding the scientific evidence informing impact risk assessment and management recommendations for invasive birds. Biological Conservation, 144, pp. 2112-2118.

[6] Goodenough, A. E., 2010. Are the ecological impacts of alien species misrepresented? A review of the ‘‘native good, alien bad’’ philosophy. Community Ecology, 11, pp. 13-21.

Communiqué de presse : le site Natura 2000 du Vellemolen saccagé

Voici le communiqué de presse envoyé, suite à la destruction de ce site exceptionnel, par Bruxelles Nature, qui regroupe toutes les associations de protection de la nature de Bruxelles, dont la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux.

Bruxelles, le 21 novembre 2018

Communiqué de presse :

Le site Natura 2000 du Vellemolen à Woluwe-Saint-Lambert saccagé : les associations naturalistes réclament réparation !

Début octobre, le site Natura 2000 du Vellemolen à Woluwe-Saint-Lambert, pourtant protégé pour sa biodiversité spécifique, a été ‘nettoyé’ en toute illégalité.  Ce ‘nettoyage’ a profondément endommagé le site et créé un grave préjudice à la faune et à la flore qu’il abrite.  Le broyat laissé au sol empêche toute possibilité de repousse spontanée de la végétation.

Ces travaux illégaux ont été réalisés par le Service Public Régional de Bruxelles.  Ni la Commune de Woluwe-Saint-Lambert, ni Bruxelles-Environnement n’en avaient été avisés. Le service des Monuments et Sites les a fait arrêter avant que l’entièreté du bois ne soit touché.

Outre les atteintes environnementales à un site Natura2000, plusieurs infractions urbanistiques ont été relevées dont l’absence, pourtant règlementaire, d’affichage* préalable des travaux, qui aurait permis de réagir et éviter la catastrophe.

Bruxelles Nature asbl, qui regroupe la plupart des associations naturalistes de Bruxelles, des comités d’habitants et des riverains, a déposé plainte, avec constitution de partie civile et saisit un juge d’instruction pour réclamer la remise en état des lieux, ainsi que des dommages et intérêts. Trop souvent en effet,  les associations nature doivent entamer des actions en justice coûteuses à leurs propres frais pour faire respecter la préservation des sites naturels.

Ci-joint, vous trouverez des photos avant et après les travaux pour mesurer l’ampleur du désastre écologique.

Bruxelles Nature