Condamnation de la destruction d’hirondelles : un exemple dissuasif !

Malgré la protection des hirondelles, des destructions inconsidérées et illégales de leurs nids ont lieu chaque année en pleine période de reproduction. Heureusement, un tournant décisif dans la protection de cette espèce vient de voir le jour : la destruction de plusieurs dizaines de nids au château de Harzée a été sanctionnée par une amende de plusieurs milliers d’euros. La Ligue espère que cette condamnation servira d’exemple dissuasif et donnera le signal de sanctions plus lourdes contre les atteintes à la faune sauvage.
Suite à la destruction de plusieurs dizaines de nids d’hirondelles en 2017 sur la façade du château de Harzée, la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux a porté plainte à l’encontre de l’association gestionnaire du bâtiment et responsable du saccage. Le tribunal de Première Instance de Liège a enfin tranché.
Outre l’indemnisation pour le dommage moral causé à la nature, l’asbl prévenue est condamnée à 2.400€ d’amende ferme, 9.600€ prononcé avec un sursis de 3 ans qui tombera automatiquement si de nouveaux faits infractionnels étaient causés dans ce délais.
Cette condamnation permet d’affirmer la légitimité des plaintes contre les atteintes à la faune sauvage et de soutenir les politiques de protection de la nature. Et il était temps ! En effet, encore récemment, la Ligue a déploré la destruction de plus d’une quinzaine de nids d’hirondelles sur la façade de l’Hôtel de Ville de Verviers ainsi que sur celle d’un café à Lambermont.
Il est sidérant de constater que les acteurs de ces destructions tantôt ignorent, tantôt dédaignent le déclin désastreux des populations d’hirondelles. Ils ne respectent pas la législation protégeant l’avifaune et encadrant le respect de la nidification [1]. Nous rappelons par ailleurs que plusieurs mesures permettent de respecter une cohabitation harmonieuse avec ces oiseaux [2].
La récurrence de ces dégradations illégales sur l’ensemble de la Wallonie souligne la nécessité urgente de poursuivre ces infractions et de leur infliger une sanction représentative de l’atteinte environnementale. La répression des destructions de nids d’hirondelles est primordiale pour soutenir la politique et les démarches protégeant cette espèce en déclin.
Références
[1] Article 2 de la Loi du 12 juillet 1973 de la Conservation de la Nature tel qu’inséré par le décret du 6 décembre 2001.
[2] LRBPO (08 juin 2018) : Quand l’hirondelle fait son nid, préservons son abri ! (Communiqué de presse).

Participez à notre crowdfunding (financement participatif) « Du matériel médical pour la faune sauvage de Bruxelles »

En tant qu’association sans but lucratif oeuvrant dans la protection de la biodiversité, les budgets sont toujours très limités. Les animaux en soin coûtent cher (nourriture, médicamentation, matériel médical, etc.) et il n’est pas toujours possible d’investir dans de l’équipement médical onéreux mais pourtant nécessaire. Malheureusement, notre vaporisateur d’anesthésie commence à rendre l’âme, et il devient vital de le changer, voici pourquoi nous lançons cette campagne aujourd’hui.

À quoi servira la collecte?

De par leur comportement sauvage, les animaux que nous recevons en soin ne sont jamais enclins à se laisser faire. Pourtant, il est nécessaire de les manipuler, dans le cadre d’une auscultation, d’un soin ou même d’une opération. Et cette manipulation, pas toujours évidente, génère un stress très intense pour l’animal et peut constituer un danger pour notre vétérinaire et nos soigneurs.

Ausculter le ventre d’un hérisson qui s’enroule, nettoyer une plaie ouverte d’un renard qui mord, ou faire une attelle à une chouette qui se débat relèverait du parcours du combattant si nous n’avions pas la possibilité d’anesthésier l’animal le temps du soin. De plus, sans ceci, la manipulation pourrait entraîner un arrêt cardiaque provoqué par le stress chez les espèces les plus fragiles.

Cette anesthésie se fait grâce à une petite machine : un vaporisateur d’anesthésie. Celui-ci va offrir une ventilation constante d’oxygène et de gaz anesthésiques avec une concentration précise, et ce le temps des soins.

Malheureusement, notre vaporisateur se fait vieux et des fuites de produits commencent à apparaître. Il est maintenant plus que temps de le remplacer, mais ceci a un coût. Nous comptons donc sur votre générosité pour atteindre la somme nécessaire au remplacement de cet outil indispensable.

 

Participez à notre crowdfunding (Financement participatif) « Du matériel médical pour la faune sauvage de Bruxelles »

budget

  • Cuve ISO : 900 € + TVA 21% = 1089€
  • Raccord inox pour bain et Ayres : 21.97 € + TVA 21% = 26.58€
  • Circuit Bain : 16.66 € + TVA 21% = 20,16€
  • Circuit Ayres : 31.21 € + TVA 21% = 37.76€
  • Prix par bouteilles d’ISOFLURANE = 131,74*2=263,48€
  • Prix par Bouteille d’oxygène médical = 246€*2 = 492€

Petit matériel médical de prise en charge ci-dessous :

  • Tondeuse sans fil  pour les soins spécifiques des vétérinaires= 139,46€
  • Stérilisateur poupinnel à chaleur sèche = 131,89€
  • Pince Dissection avec griffes en inox  = 3,45€ * 2 = 6,90€
  • Porte aiguille Mayo-Hégar – En inox = 8 ,99 * 2 = 17,98€
  • Pince Adson Holtex sans griffes = 4 ,66€*4=18,64€
  • Boîte de stérilisation Inox = 20,90€*2 = 41,8€
  • Pince dissection Semkin = 2.42€ = 4,84€
  • Ciseaux de précision = 3,56€
Total : 2294,05€

(5% Commission KissKissBankBank et 3% frais bancaires)​

Aidez-nous 

Même quelques euros peuvent faire la différence, alors aidez-nous à aider les animaux et ensemble, améliorons la prise en charge de la faune sauvage à Bruxelles.

 

Les oiseaux ont soif !

Les périodes de fortes chaleurs sont critiques pour les oiseaux, en particulier pour les jeunes qui commencent à voler de leurs propres ailes : les eaux de surfaces indispensables pour qu’ils s’abreuvent et entretiennent leur plumage ne sont plus disponibles. Pour leur venir en aide, des solutions existent.

Le temps chaud et sec de ces derniers jours a provoqué l’assèchement des points d’eau de faible profondeur tels que les mares, les fossés, les flaques, etc. Or ces sources d’eau fraîche et ces petits coins de baignade sont précieux pour la faune sauvage. En cette période de fortes chaleurs, les jeunes oiseaux sont particulièrement en péril.

Afin de leur venir en aide, la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux (LRBPO) invite les citoyens à placer une assiette de faible profondeur (3-4 cm) remplie d’eau fraîche sans additif à l’ombre, dans le jardin ou sur un balcon. Le récipient peut être déposé au sol si les chats sont absents ou dans un endroit ouvert et en hauteur (plus d’un mètre) si des félins rodent aux alentours.

Les oiseaux étant sensibles à l’hygiène de leur plumage en cas de baignade, il est idéal de changer l’eau tous les jours. Des petites pierres ou brindilles peuvent être disposées dans l’eau afin que les espèces de petite taille puissent également y avoir accès sans nécessairement se mouiller. Les oiseaux en profiteront de jour comme de nuit !

Pour les plus courageux, la construction d’une mare profitera à de nombreuses espèces tout au long de l’année.

Quand l’hirondelle fait son nid, préservons son abri !

En Belgique, notre patrimoine naturel comprend trois espèces d’hirondelles. Elles sont  intégralement protégées par le législateur. Or, chaque année, les associations environnementales (Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux, Bruxelles Nature et Natagora) ainsi que l’unité anti-braconnage (UAB) recensent un nombre important d’alertes relatant la destruction intentionnelle et illégale de nids.

Au retour des beaux jours, trois espèces d’hirondelles, à savoir l’hirondelle de fenêtre, l’hirondelle rustique et l’hirondelle de rivage, remontent de l’Afrique vers l’Europe afin de se reproduire dans nos régions. Malheureusement, ces colonies migratrices affichent un déclin depuis près de 30 ans suite, entre autres, à la destruction intentionnelle de leurs nids.

Dans le courant du mois de mai 2018, un nouveau signalement de volonté de destruction de nids d’hirondelles par des locataires et propriétaires d’immeubles a été observé à Braine l’Alleud. Des situations similaires ont été évoquées à Welkenraedt, Namur, Martelange et Jodoigne.

Ignorant le cadre légal protégeant ces oiseaux et leurs nids, ces actes hors-la-loi sont souvent motivés par les salissures qui tachent les trottoirs et les façades. De même, des travaux de rénovation irréfléchis sont fréquemment à l’origine de ces destructions. Or, la démolition des nids d’hirondelles, a fortiori en période de nidification, est interdite et passible de poursuites judiciaires [1].

Pourtant, le suivi de plusieurs mesures permet de respecter une cohabitation harmonieuse avec ces oiseaux. Par exemple, la réalisation de travaux sur une façade colonisée par des hirondelles devrait être programmée en dehors de la période de nidification qui s’étale d’avril à septembre. Si toutefois des nids venaient à être détruits, leur remplacement par des structures artificielles devrait être entrepris afin d’assurer la réinstallation des oiseaux au printemps suivant.

En présence d’hirondelles, la mise en place d’une planchette sous les nids est également conseillée : bien positionnée, cette structure protégera la façade et le trottoir des déjections.

La Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux, Bruxelles Nature et Natagora espèrent que ces conseils inciteront chacun à adopter un comportement adéquat afin de préserver ces oiseaux.

Références
[1] Article 2 de la Loi du 12 juillet 1973 de la Conservation de la Nature tel qu’inséré par le décret du 6 décembre 2001.

Menaces sur la conservation de la Nature !

La nature va mal, de plus en plus mal, constate un groupe de 270 scientifiques belges qui réclame au Gouvernement des mesures pour sauvegarder la biodiversité. Plusieurs études scientifiques montrent que les oiseaux des campagnes disparaissent à une vitesse vertigineuse. Quant aux oiseaux des forêts, il en est de même pour les espèces nichant au sol où abondent cervidés et sangliers.

Hélas, nos dirigeants politiques ne semblent pas en prendre réellement conscience. Ils continuent de rêver de développements économiques, de satisfaire les producteurs d’une agriculture intensive et les amateurs de tableaux de chasse plantureux. Mettre fin à cette dégradation effarante de la flore et de la faune ne semble pas être, pour eux, une priorité. Cela apparaît clairement dans la composition du pôle « Ruralité », qui est chargé de remettre des avis sur la politique régionale relative à la protection et la conservation de la nature.

Pour éviter que les avis de ce pôle, censé représenter l’ensemble des citoyens, ne viennent contrarier leurs objectifs politiques, il a été formé à « géométrie variable ». Les variations dans la composition de cette assemblée permettent ainsi d’assurer le maintien des dérives de la chasse, de la pêche, de l’agriculture et de la sylviculture dans les atteintes qu’elles portent à la nature. Etant constitué au départ d’une base de 16 membres, le pôle passe à 33 lorsqu’il est question de chasse, afin qu’il comporte une majorité de 18 membres attachés à cette pratique et qu’il n’y ait qu’un seul représentant pour la sauvegarde de la nature. Le même scénario se répète également lorsqu’il s’agit de satisfaire pêcheurs, agriculteurs et exploitants de forêts. Mais, lorsque les avis à émettre concernent la nature, l’assemblée est alors réduite à 25 membres. Ainsi, les représentants pour la nature se trouvent en minorité et leurs avis ne doivent pas être pris en compte.

Et ce n’est pas tout ! En plus de cette mascarade de démocratie qu’est le pôle de la ruralité, il est maintenant question de dissoudre l’UAB (Unité Anti-Braconnage), service créé en 2003, et qui prouve, à suffisance, son utilité dans la lutte contre toutes les atteintes à l’Environnement. Rien qu’en 2017, les 8 agents spécialisés de l’UAB (service qui n’est pourtant pas au complet) ont dressé 512 procès-verbaux, saisi et rendu la liberté à 822 oiseaux, et constaté 80 infractions en matière de pêche, dont 50 effectuées de nuit. Cette Unité est aussi très efficace contre toutes les formes de braconnage (grenouilles, chevreuils, etc.), d’usage de pièges à mâchoires, de récolte de plantes protégées, d’infractions au bien-être animal. Mais elle dérange lorsque ses contrôles s’exercent sur les dérives de certains chasseurs fortunés qui s’adonnent au tir de cervidés sans déclaration, à la destruction d’espèces protégées et à des lâchers illégaux de gibiers.

Par cette dissolution, ces agents spécialisés du Département de la Police et des Contrôles, qui agissent dans toute la Wallonie, seraient envoyés dans le Département de la Nature et des Forêts, où leurs missions seraient restreintes au territoire de la Direction dans laquelle ils seraient affectés. Ce transfert perdrait certainement en efficacité pour poursuivre les associations de braconniers qui, elles, ne s’embarrassent pas de limites territoriales.

En fait, la composition non démocratique du pôle Ruralité et ce projet d’élimination d’un service, très utile à la répression des infractions, sont conçus pour couvrir et masquer bien d’autres atteintes à la nature :

– le non respect de la Directive en ne restaurant pas d’habitats suffisants pour la faune des plaines ;

– le maintien de la chasse à des espèces en danger d’extinction ;

– l’extension de la chasse, après le coucher du soleil et avant son lever, favorisant des tirs à l’aveugle sur des espèces protégées ;

– l’attribution de dérogations à la protection d’espèces durant leurs périodes de reproduction ;

– l’absence d’application du bien-être animal à des pratiques de chasse d’une barbarie sans nom ;

– etc, etc.

Tout cela résulte d’une orientation politique qui n’assume pas sa responsabilité, évidente et prépondérante, dans la dégradation de plus en plus catastrophique de la nature et de sa biodiversité.

Monsieur le Ministre, à vous qui avez en charge la protection et la conservation de la nature, la Ligue Royale Belge de Protection des Oiseaux vous demande, instamment, de revoir la composition du pôle de la Ruralité pour développer une vraie politique de protection et de conservation et que la Nature soit efficacement protégée par une Unité Anti-Braconnage, non seulement maintenue, mais renforcée.

FESTIVAL JEU NATURE Le 22 et 23 septembre 2018

Le 22 et 23 septembre 2018, Jeunes et Nature vous propose de célébrer son 40e printemps dans le domaine d’Heure-Nature, près de Marche-en-Famenne. Pour marquer cet anniversaire symbolique, l’association lance son premier Festival du Jeu(ne) Nature. Fort de toutes ces années de découvertes, d’observations, de recensements, de camps, de jeux, et tant de passions naturalistes, cet événement convivial et festif est l’occasion de mettre cette expérience au profit d’un public aussi large que possible. Au total, une centaine d’activités ludiques sur le thème de la nature sont proposées, tant pour les enfants et les jeunes, que pour les adultes.

Horaires : samedi 22 septembre 9h-22h30 / dimanche 23 septembre 9h-18h
PAF : 3€ la journée / 5€ pour les 2 jours / 20€ pour les 2 jours + logement
Lieu : Domaine Heure-Nature 4, rue Bois Nolomont 5377 Heure – en – Famenne

STOP aux spectacles de rapaces dans l’espace public Le bon exemple donné par la Flandre

A l’occasion de foires au thème médiéval, de fêtes au château, de marchés annuels ou d’autres événements publics à caractère commercial, de prétendus fauconniers1 procèdent à des « démonstrations » de rapaces et exposent à la vue des badauds des rapaces captifs, diurnes et nocturnes, déposent ces oiseaux sur le bras ou l’épaule d’un visiteur pour faire une photo, ou leur font exécuter un court vol en les attirant à l’aide d’un appât, etc.

…perchés à longueur de temps sur un support artificiel, à côté d’un bac en plastique contenant un peu d’eau.

Un manque d’encadrement légal favorise ces pratiques. C’est pourquoi la Ligue de Protection des Oiseaux demande depuis de nombreuses années l’interdiction de ces exhibitions. En effet, les rapaces ne sont pas des animaux domestiques. Ils ont besoin de beaucoup d’espace et de liberté de vol. Ils ne sont pas conçus pour être attachés et perchés à longueur de temps sur un support artificiel, à côté d’un bac en plastique contenant un peu d’eau.

Ces spectacles sont contraires aux principes élémentaires du bien-être animal 2 : emprisonnés et encagés à longueur de journée, les oiseaux sont soumis à un entraînement dégradant et privés de leur liberté d’agir et de voler. La vision de ces rapaces qui tentent de s’envoler et puis qui se blessent en retombant, car ils portent une chaine à une de leurs pattes, est affligeant et cruel. Et pourtant les rapaces requièrent des soins très spécialisés lorsqu’ils sont accueillis dans les centres de revalidation. Permettre la détention de rapaces par des particuliers, sous le prétexte qu’ils sont nés en captivité, c’est donc aussi favoriser la maltraitance animale.

En outre, les démonstrations de rapaces donnent à penser que l’homme a le droit de s’approprier la liberté d’un animal sauvage. Elles donnent l’envie au public de garder un rapace chez soi, comme un animal domestique, alors que l’origine des oiseaux détenus est toujours suspecte et qu’ils proviennent le plus souvent d’un commerce illégal et de pratiques interdites : récolte d’œufs sur les aires, prélèvements de juvéniles au nid, bagues truquées, transports traumatisants, maladies, etc. Et, il est encore trop facile de s’approprier3 un oiseau rapace, par exemple sur Internet, et de favoriser ainsi un commerce illégal.

Il est magnifique et plus instructif d’observer un rapace en liberté, dans son habitat, là où il peut se comporter naturellement, plutôt que de le voir soumis, enchaîné, à la curiosité malsaine de spectateurs non avertis. Par exemple, une Chouette effraie, dont l’envergure des ailes est de l’ordre du mètre, a besoin d’un territoire de chasse qui peut dépasser 200 hectares ! Imaginez-vous ce nocturne, confiné en plein jour dans une petite cage ou attaché à une chaîne, sans être en mesure d’exprimer son comportement naturel et de satisfaire ses instincts … Le spectacle qu’offrent les rapaces en liberté, et les oiseaux en général, ne nécessite absolument pas le recours à des démonstrations qui ne profitent qu’à leurs organisateurs.

« Il est magnifique et plus instructif d’observer un rapace en liberté »

En avril 2012, la Ligue avait adressé aux communes une lettre demandant l’interdiction de ces pratiques, mais sans grand succès. Le 3 juin 2015 elle remit, à ce sujet, au cabinet du Ministre wallon Di Antonio, une pétition signée par plus de 18.000 personnes. En 2016, un communiqué de presse, inspiré par la Ligue, était relayé par d’autres associations de protection de la nature. Malheureusement, toutes ces actions n’ont encore donné que trop peu de résultats concrets à ce jour. 

Et pourtant les lignes commencent à bouger, mais c’est en Flandre. En effet, notre association sœur, Vogelbescherming Vlaanderen, nous informe que les grandes villes d‘Anvers, d’Ostende, de Saint-Nicolas, d’autres encore, et puis tout récemment, le 22 janvier dernier, la belle ville de Gand, ont interdit la pratique, sur leur territoire public, de toute exhibition d’oiseaux maintenus en détention, ainsi que le fait de parader en ville avec un rapace diurne ou un hibou ou une chouette, ou d’associer, d’une quelconque manière, ces animaux à toute manifestation à caractère public. Ces interdictions sont justifiées par le fait que la morphologie de ces oiseaux et leurs modes de vie nécessitent un milieu naturel spacieux et de qualité. Même les oiseaux nés en captivité ne sont pas faits pour être emprisonnés et attachés par une chaîne à un billot. Dans le cas des rapaces nocturnes le « mal-être » est encore aggravé par l’exposition à la lumière du jour, surtout par journée de grand soleil.

« Anvers, Ostende, Saint-Nicolas, Gand
ont interdit les démonstrations de rapaces »

En cette année électorale, la LRBPO relancera les villes et les communes wallonnes et bruxelloises afin d’interdire, à leur tour, comme en Flandre, ce genre de spectacle dégradant. Il sera demandé de reprendre dans un règlement communal qu’ « Il est interdit d’exhiber dans l’espace public des oiseaux de proie en captivité, en ce compris les hiboux et les chouettes, et d’y procéder à des démonstrations de rapaces ou à des parades, ou d’en faire usage d’une quelconque manière lors d’événements publics ». En outre, il sera demandé aux autorités régionales d’interdire le transport de ces oiseaux et de mettre en place des outils légaux encadrant strictement la détention de rapaces.

Rappelons, par ailleurs, que l’usage des animaux de la faune sauvage n’est plus toléré dans les spectacles de cirque. Il n’y a aucune raison de tolérer encore les expositions itinérantes de rapaces !

RÉFÉRENCES

1 La fauconnerie, en tant que forme de chasse ancestrale, a été reconnue par l’Unesco comme patrimoine immatériel de l’humanité. Les voleries et les démonstrations de rapaces en public n’ont rien de commun avec elle.

2 Le législateur exclut largement la faune sauvage de la législation sur le bien-être animal, manifestement pour protéger certains intérêts particuliers.

3 La législation relative au bien-être animal est fort complexe. La loi du 14 août 1986 et l’Arrêté du Gouvernement wallon du 23 mars 2017 fixant les règles de publicité à propos de la commercialisation d’espèces n’autorise en tous cas pas de faire de la publicité pour la vente de rapaces, sauf dans les revues et les sites spécialisés agréés et reconnus par la Région wallonne.

La présence du Renard roux (Vulpes vulpes) diminue le risque pour l’homme de contracter la maladie de Lyme. Cet animal doit être protégé.

Il existe un lien entre la présence du renard et le moindre risque de contracter la maladie de Lyme.

Chélicères de la Tique du mouton (Ixodes ricinus).

Dans un article récent paru dans la revue Mens & Vogel1, Tim Hofmeester, écologue, présente le résultat d’une étude relative au rapport qui existerait entre la présence du renard, d’une part, et celle de tiques (acariens hématophages du genre Ixodes) contaminées par la bactérie responsable de la maladie de Lyme, d’autre part. 

Cette étude a été menée dans le cadre d’une thèse de doctorat de l’Université de Wageningen et du « Rijksinstituut voor Volksgezondheid en Milieu », aux Pays-Bas. Cette étude a également été publiée par la RSPB sous sa forme scientifique avec le titre « Cascading effects of predators activity on tick-borne disease risk ». 

Cet article fait référence à un autre article scientifique de Jana Heidrich, concordant, paru en Allemagne 2,3 

La maladie de Lyme, ou borréliose, est transmise par une tique infectée par une bactérie du complexe « Borrelia burgdorferi », lequel comporte différentes espèces. Pour survivre, cette tique a besoin d’un taux d’humidité élevé et vit sur les vertébrés et dans la végétation, principalement dans les forêts, lisières, taillis et bois. Elle est transportée par certains animaux sauvages et domestiques. Sa morsure, qui passe le plus souvent inaperçue au départ, transmet parfois à l’homme, par l’intermédiaire de la salive de la tique, des maladies infectieuses, comme la borréliose. Celle-ci est une affection bactérienne qui peut présenter différents symptômes et qui peut s’avérer fort grave et devenir chronique (conduisant à de l’arthrite, des troubles cardiaques et neurologiques ou de la vision, etc.) si elle n’est pas détectée et traitée. 

Borrelia burgdorferi, le parasite qui cause la maladie de Lyme a une forme serpentine et spiralée particulière, d’où son nom de spirochète.

Pour en savoir plus à propos de cette maladie, de sa transmission par une tique et comment s’en prévenir vous lirez avantageusement, par exemple, l’article des Cercles Naturalistes de Belgique « La maladie de Lyme – Mythes et réalités »4 de J-P. THYS, G. BIGAIGNON, Ph. MARTIN et/ou l’article paru dans Forêt et Nature « Lyme, l’incroyable méconnue » de Philippe MOËS .5

Selon Tim Hofmeester, la tique commune ou tique du mouton (Ixodes ricinus) connait trois stades actifs (la larve, la nymphe et la tique adulte) et trois hôtes successifs. Afin de survivre, la larve et la nymphe doivent se nourrir du sang d’un vertébré, alors que la tique adulte femelle recherche ce sang pour avoir l’énergie que nécessite l’élaboration de ses œufs. Les larves se nourrissent pour la plupart du sang de petits mammifères comme les rongeurs, tandis que les nymphes se nourrissent sur des oiseaux de taille moyenne, comme les merles, mais également sur des mammifères de diverses tailles. Quant aux adultes ils parasitent les mammifères de plus grande taille comme les sangliers, les chevreuils et les cerfs. En plus de ses hôtes porteurs, cette tique a besoin également d’un microclimat humide comme indiqué ci-dessus. Ces tiques ne naissent pas en étant porteuses d’une des bactéries de type Borrelia, mais elles sont contaminées par le sang d’un animal hôte déjà contaminé.

L’étude de Tim Hofmeester a porté plus particulièrement sur le Renard roux. Durant deux ans il chercha à établir un lien entre la présence et la densité de tiques et de mammifères, le renard en particulier, et la survenance des bactéries du complexe Borrelia burgdorferi. Pour ce faire il plaça des pièges photographiques dans 20 bois d’une surface d’un hectare, répartis dans toute la Hollande. Ces caméras détectent et filment ou photographient tout mouvement repéré par la chaleur émise par un mammifère de taille moyenne ou grande (de l’écureuil au cerf). Pour étudier la présence et la densité de plus petits mammifères comme les rongeurs (souris, mulots, Campagnol roussâtre) qui sont plus difficilement filmés, il installa des pièges (« live traps ») qui ne tuent pas l’animal mais qui permettent de le capturer pour le marquer, le relâcher ensuite et éventuellement le piéger à nouveau. Ces captures ont permis aussi de prélever et de compter les tiques présentes sur ces animaux et de les analyser en laboratoire pour constater si elles étaient infectées ou non. 

Les principaux enseignements de cette recherche particulière, qui s’inscrivait dans un cadre plus large, sont repris ci-après. 

• Il n’est pas connu à ce jour si un renard contaminé (dans une proportion de 7 renards contaminés sur 100 selon l’étude allemande de Jana Heidrich) est « capable » de transmettre la bactérie de la borréliose aux tiques qui se nourrissent de son sang. Mais Il semble en tous cas que le renard lui-même ne joue pas un rôle très important pour infecter les tiques.

• C’est la densité des petits rongeurs, qui est beaucoup plus élevée que celle du renard (de l’ordre de 1000 fois selon l’étude), qui forme le réservoir des acariens, contaminés ou non. 

• Le renard limite cette source de contamination par son action de prédation et de régulation de ses proies de rongeurs. 

• Les prélèvements de terrain de Tim Hofmeester indiquent qu’il y a moins de tiques dans l’environnement lorsque il y a plus de renards. 

• Ainsi, là où le renard a été photographié plus souvent, il y avait 4 fois moins de larves de tiques présentes sur les rongeurs et également moins de nymphes présentes dans la végétation (dans la litière par exemple), que là où il était absent. 

Il résulte donc de cette recherche que, lorsque le renard occupe naturellement sa niche écologique, le nombre de tiques, infectées ou non, présentes dans les biotopes étudiés est beaucoup plus faible. Autrement dit, il y a une corrélation négative entre le nombre de tiques, larves ou nymphes, infectées ou non par une bactérie du complexe Borrelia, et le nombre de renards. Le risque pour l’homme d’être piqué par une tique est donc relativement moindre lorsque le renard est bien présent dans un bois que lorsqu’il en est absent. 

Cela signifie qu’une contamination par une bactérie du type Borrelia afzelii, celle que portent les rongeurs forestiers, et le risque de contracter la maladie de Lyme augmente lorsque le renard est absent. 

Le renard doit donc être protégé, non seulement en raison de son rôle bénéfique aux équilibres des écosystèmes et à l’agriculture en général6, mais aussi pour des raisons sanitaires puisque le renard est predateur des petits rongeurs contaminés par des acariens qui peuvent eux-mêmes être porteurs d’une bactérie provoquant la borréliose. Ce statut d’animal protégé ne présenterait aucun inconvénient, sauf pour les chasseurs qui le déclarent nuisible afin de protéger leur gibier d’élevage. 

Il ne faut plus tuer systématiquement le renard dans le seul but de favoriser la chasse de loisir

Par ailleurs, nous savons que le régime alimentaire du renard est varié : cet animal est un omnivore généraliste. Il joue dans la nature un rôle de prédateur, entre autres et plus particulièrement, en limitant les populations des mulots et autres campagnols. Malgré ce rôle essentiel pour l’équilibre des écosystèmes, le goupil est, en Wallonie, tiré, piégé et pourchassé7 toute l’année, sans quota, et cela uniquement parce qu’il est considéré comme nuisible à leurs activités par les chasseurs de faisans et de perdrix. Pourtant le renard n’est susceptible que de prélever une infime partie de ce « gibier ». Assez paradoxalement, ces nemrods favorisent pourtant la présence de leur concurrent en garnissant son garde-manger par ces dizaines de milliers oiseaux d’élevage qui leur servent de cibles. 

En outre, lorsqu’un territoire se libère par la mort de son occupant il est rapidement reconquis par un autre renard. Ce brassage forcé des populations a d’ailleurs pour effet négatif, selon les milieux scientifiques, de favoriser la dispersion des maladies infectieuses qui atteignent les animaux et qui peuvent être transmises à l’homme (zoonoses)8. 

D’aucuns dans les milieux cynégétiques proclament pourtant que le renard est en surnombre. Mais connait-on seulement le nombre de renards tués par an en Wallonie par le tir et le piégeage et le nombre de ceux qui sont accidentés sur les routes ? Et connaissons-nous avec plus ou moins de précision la taille de sa population ? Dire qu’il y a trop de renards c’est un peu comme dire qu’il y a trop de mésanges dans les bois… 

En Flandre, il est question, selon l’article de Mens & Vogel d’une population régionale de l’ordre de 11.000 renards dont un tiers serait tuée chaque année par les chasseurs ! 

En France également le renard est exterminé sans raison autre que celle de la chasse et sous le prétexte fallacieux de préservation de la santé publique, « alors que la faculté d’autorégulation de cet animal, en fonction des ressources alimentaires disponibles, est citée régulièrement dans la littérature scientifique et que le Ministère de l’Ecologie y rapporte que « les processus épidémiologiques sont tels qu’il n’est pas justifié sur un plan scientifique d’invoquer cette maladie {échinococcose alvéolaire} pour classer le renard nuisible … et que de récentes recherches ont démontré scientifiquement qu’une forte pression de la chasse sur les populations de renards augmentait le risque sanitaire pour les populations humaines en termes d’échinococcose alvéolaire. Irions-nous vers un nouveau scandale sanitaire ? »9.

Conclusions : le Renard roux doit être protégé plutôt que chassé

Le renard limite, lorsqu’il n’est pas systématiquement éliminé, le risque de morsure par des tiques et la propagation des zoonoses par son action de prédation sur les populations de rongeurs. Il régule ceux-ci en éliminant les plus faibles, les malades, les blessés… 

Le lien qu’établit Tim Hofmeester entre la présence du renard et la moindre présence de tiques, et donc aussi le moindre risque pour l’homme de contamination par la bactérie Borrelia, ne devrait-elle pas inciter la Région wallonne à revoir, pour des raisons de santé publique, la politique d’extermination, autorisée et favorisée par la réglementation, que mènent les chasseurs contre le renard ? Et aussi de revoir et d’interdire les pratiques de nourrissage du sanglier, dans les bois et forêts, qui favorisent l’augmentation artificielle des populations de ce suidé et leur dispersion, d’autant plus qu’elles favorisent aussi, en même temps, la propagation des rongeurs porteurs de tiques qui profitent eux aussi de ces nourrissages artificiels ? Corrélativement, l’arrêt des lâchers d’oiseaux d’élevage (faisans, perdrix) dans le seul but de les chasser doit être interdit, pour toutes les raisons déjà évoquées dans de précédents articles, mais aussi parce qu’ils favorisent une surpopulation de renards … qui sont ensuite exterminés

RÉFÉRENCES

1 Tim Hofmeester. Mens en Vogel. 55ste jaargang. Nr 2. April-mei-juni 2017. Vossen en Lyme.
2 Hofmeester TR, Jansen PA, Wijnen HJ, Coipan EC, Fonville M, Prins HHT, Sprong H, van Wiesen SE. 2017. Cascading effects of predators activity on tick-borne disease risk. Proc R. Soc. B 284: 20170453. http://dx.doi.org/10.1098/rspb.2017.0453
3 Jana Heidrich. « Untersuchungen zur Prävalenz von Borrelia burgdorferi sensu lato beim Rotfuchs in Ostbrandenburg ».
4 http://www.cercles-naturalistes.be/Publications/Publicationstelechargeables/2004/Lyme1-2004.pdf
5 Forêt et Nature. N° 139. Avril-Mai-Juin 2016
6 Les exemples de limitation ou d’interdiction de la chasse au Grand-duché de Luxembourg ou dans le canton de Genève en témoignent.
7 http://www.wallonie.be/sites/wallonie/files/publications/depliant_chasse_2016-2021_final.pdf
8 Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel Grand Est. « Motion relative à l’autorisation du tir de nuit du Renard roux dans le Département de la Moselle. Conséquences écologique et sanitaire. » Avis 2016-10
9 « Lettre ouverte à l’ensemble de la classe politique française ». Collectif Renard Grand Est. 2017.

La présence du Renard roux (Vulpes vulpes) diminue le risque pour l’homme de contracter l’Echinococcose alvéolaire. Cet animal doit être protégé.

Dans un article précédent1 nous mettions en évidence l’utilité du Renard roux qui capture les rongeurs et qui régule les milieux naturels par son action de prédateur2. Cet animal diminue ainsi le risque pour l’homme de contracter la maladie de Lyme.

La même conclusion est valable pour une autre maladie : l’Echinococcose alvéolaire.

L’Echinococcus multilocularis est un cestode3 présent en Wallonie dont le cycle de vie traverse deux hôtes :

a) un carnivore ou omnivore dit « hôte définitif » : il héberge le ver adulte ;

b) un herbivore dit « hôte intermédiaire » : il abrite le stade larvaire qui est potentiellement pathogène.

Le ver adulte parasite l’intestin grêle des hôtes définitifs : des canidés (renards, chiens, loups) et, plus rarement, des félins (chats notamment, via le léchage). Le cestode adulte est hermaphrodite4. Ses œufs sont expulsés dans l’environnement via les excréments de l’animal infecté. Ils peuvent alors être ingérés par un hôte intermédiaire, un rongeur par exemple, qui consomme des végétaux souillés. Le stade larvaire se loge alors le plus souvent chez les micromammifères, comme le campagnol, qui vivent sur le sol dans les prairies ou les forêts. Après ingestion, les œufs éclosent et migrent vers un organe, comme le foie, où ils provoquent des kystes. Le cycle de vie du parasite est bouclé lorsque le carnivore infecté est mangé par son prédateur, comme le renard roux.

Mais l’homme aussi peut être un hôte « intermédiaire ». L’infection est alors due à l’ingestion d’œufs présents sur certains aliments, comme des baies sauvages ramassées au sol et contaminés par des excréments de renards, chiens ou chats ; ou présents sur les mains après contacts directs avec un des hôtes définitifs, par exemple en manipulant une dépouille de renard.

Heureusement les cas de contagion de l’homme sont rares car le risque d’ingestion d’œufs est minime et qu’il n’est pas un hôte naturel du parasite. 

La maladie chez l’homme se présente le plus souvent sous la forme de lésions hépatiques, après une longue période d’incubation sans symptômes. Cette maladie chronique grave doit être soignée par chirurgie et avec un traitement antiparasitaire de longue durée afin d’enlever les kystes et de freiner la progression des lésions.

Une des raisons avancées pour détruire systématiquement les renards par la chasse est de réduire le risque d’infection de l’homme puisque ce carnivore terrestre est susceptible de véhiculer, comme hôte définitif, le cestode à l’origine de l’échinococcose alvéolaire. Mais Il apparaît aujourd’hui que la « régulation » des renards augmente la présence du parasite et qu’il est plus efficace de traiter le problème par un vermifuge que de le tuer systématiquement. 

En effet, une étude récente5 menée en France et publiée récemment démontre, une nouvelle fois, l’inefficacité de l’acharnement que subit le renard. Son élimination est infructueuse car sa population se renouvelle sans cesse, ce qui a pour effet d’augmenter la présence du parasite responsable de l’échinococcose alvéolaire ! Elle préconise de vermifuger6 les renards à l’aide d’appâts dans les régions à risque afin de combattre le cestode Echinococcus multilocularis chez les canidés sauvages. 

Conclusions

Le Renard roux est un vecteur de maladies dont certaines sont transmissibles à l’homme. Mais c’est le cas aussi d’autres animaux, domestiques ou sauvages. L’acharnement à le détruire est sans doute lié au fait qu’il a été porteur de la rage au siècle passé. Mais après l’avoir gazé, sans résultat, il a été vacciné et la rage a disparu. 

Pourquoi alors encore poursuivre le goupil ? 

Pour protéger les poulaillers ? Il suffit de bien les clôturer ! 

Non, c’est son statut d’« autre gibier » (article 1 bis de la loi sur la chasse de 1882) qui permet aux chasseurs de le tuer toute l’année. Pourquoi ? Pour protéger le petit gibier élevé en cage et qui est ensuite lâché dans la nature pour le tir. 

Voilà qui est absurde : le renard est exterminé alors qu’il est utile à l’agriculture, à l’équilibre des écosystèmes et qu’il limite la propagation des maladies véhiculées par ses proies, les rongeurs. Au vu du nombre d’années que cela dure, cette destruction est d’ailleurs menée sans succès. Pourtant, il existe des alternatives, comme la vaccination l’a été pour la rage, afin de limiter les maladies à moindre frais et manière plus éthique et plus écologique ! 

Tout cet acharnement sur le renard afin de protéger le gibier artificiel (faisans, perdrix) des chasseurs. Ce gibier est élevé dans des cages, voire importé, pour le seul plaisir du tir, de la chasse de loisir et sans souci aucun de la souffrance animale. Alors que les recherches scientifiques montrent qu’une forte pression de la chasse sur les populations de renards augmente le risque sanitaire pour les populations humaines en termes d’échinococcose alvéolaire et de maladie de Lyme. Et pour remplacer le renard et traquer les campagnols, les agriculteurs ont alors recours à la lutte chimique, comme le bromadiolone, un puissant anticoagulant, qui a comme conséquence indirecte la mort des animaux qui nous débarrassent des charognes, comme certains oiseaux de proie protégés ! 

RÉFÉRENCES

1 L’Homme et l’Oiseau, 3ème trimestre 2017.
2 Le régime alimentaire du renard varie en fonction des ressources disponibles mais 4 proies sur cinq à peu près sont des rongeurs.
3 Parasite autrefois classé dans le groupe des ténias. Le ver adulte mesure de 1,2 à 4mm.
4 Il présente les organes génitaux des deux sexes.
5 « Echinococcus multilocularis management by fox culling : An inappropriate Paradigm ». Preventive Veterinary Medicine 147 (2017) 178-185.
Sébastien Comte (a), Gérald Umhang (b), Vincent Raton (a), Francis Raoul (c), Patrick Giraudoux (c, d), Benoit Combes (a), Franck Boué (b).
a) Entente de Lutte Interdépartementale contre les Zoonoses (ELIZ), Technopôle Agricole et Vétérinaire, Batiment G, 54220 Malzéville, France
b) ANSES, Nancy Laboratory for Rabies and Wildlife, National Reference Laboratory for Echinococcus spp., Wildlife Surveillance and Eco-epidemiology Unit, 54220 Malzéville, France
c) Laboratoire Chrono-Environnement, UMR 6249 CNRS, Université of Bourgogne Franche-Comté, 16 route de Gray, 25030 Besançon, France
d) Institut Universitaire de France, Paris, France
6 « The use of praziquantel-based anthelmintic

Juvéniles en détresse ? Les bons gestes !

En période de nidification, un grand nombre de jeunes mammifères et oisillons vagabondent dans nos jardins. Certains de ces jeunes animaux semblent abandonnés et incitent alors les citoyens à leur venir en aide. Cependant, la découverte de juvéniles hors du giron familial n’est pas toujours un signe de détresse.

A chaque printemps, un grand nombre de citoyens sont confrontés à la découverte d’oisillons et de jeunes mammifères supposés en détresse. La période de nidification battant son plein, la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux tient à rappeler les premiers gestes à adopter lors de la découverte d’un jeune animal.

La première nécessité est d’évaluer l’état de détresse de l’animal. En effet, un juvénile vagabondant hors du giron familial n’est pas forcément abandonné ou perdu. Ses parents ne sont peut-être pas loin et peuvent toujours le prendre en charge. Ainsi, avant de saisir un animal, nous conseillons d’observer son comportement et d’évaluer s’il est en danger.

Si vous observez des signes de détresse (blessure, pelage ou plumage épars, abri détruit, cadavres des parents, etc.), les premiers gestes sont de mettre le juvénile hors de portée des prédateurs en le plaçant dans une caisse en carton pourvue de trous d’aération. Ensuite, il vous suffit d’appeler un centre de revalidation pour la faune sauvage qui vous guidera dans la démarche à suivre.

Les centres de revalidation pour la faune sauvage disposent des compétences et des agréments nécessaires pour apporter les soins adaptés aux animaux sauvages et leurs juvéniles. Il en existe une dizaine en région wallonne (CREAVES) et un sur Bruxelles (CROH) géré par la Ligue.

Par ailleurs, la détention d’un animal sauvage par un particulier est interdite [1,2] et compromet ses chances de survie et de réhabilitation à l’état naturel. En effet, chaque espèce sauvage nécessite des soins particuliers et doit à tout prix éviter d’être apprivoisée. De ce fait, si vous trouvez un oiseau ou un animal sauvage en détresse sur le bord du chemin ou dans votre jardin, n’hésitez pas à contacter le centre de soins le plus proche et à confier, si nécessaire, votre découverte à des spécialistes.

Références
[1] Ordonnance relative à la protection de la nature de 2012 (Bruxelles).
[2] Loi sur la Conservation de la Nature de 1973 (Wallonie).

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