La LRBPO a réalisé un dossier présentant cinq des plus graves dérives de la chasse en Wallonie. Chaque mercredi, une dérive vous est présentée. Ci-dessous, vous pourrez découvrir la troisième.

Les dérives de la chasse sont mises en évidence car elles ont des impacts nuisibles pour l’ensemble de la nature. Les chasseurs créent des déséquilibres en augmentant artificiellement les effectifs des espèces dites « gibiers », pour pouvoir en abattre plus.

Ils ne respectent ni le bien-être animal ni une éthique largement acceptée dans notre société. Ils chassent également des espèces en déclin et des prédateurs, dont le rôle est important dans l’équilibre des écosystèmes.

Les chasseurs ne représentent même pas 0,3 % de la population wallonne. Pourtant cette minorité impose ses vues depuis de longues années au gouvernement wallon. La LRBPO demande dès lors une modification rapide de la législation sur la chasse.

Troisième dérive : le nourrissage du sanglier

Figure 1: Evolution du nombre de sangliers tués par la chasse, représentant l’évolution des populations wallonnes (1985 =1) qui ont quadruplé en 30 ans.

La plus flagrante dérive du monde cynégétique wallon, avec les lâchers de gibier d’élevage dans les plaines agricoles, est certainement le nourrissage du sanglier. Les hivers plus doux, les faînes et les glands abondants dans nos forêts induisent une augmentation naturelle des populations de sangliers. Mais le chasseur n’en a pas assez, il en veut plus ! Il nourrit alors le suidé dans la forêt sous prétexte de protéger les cultures de maïs cela engendre une augmentation démesurée de leurs populations, il doit alors augmenter les rations pour que les animaux restent sur son territoire de chasse : ce cercle est vicieux. Ces animaux surabondants ont alors un impact très négatif sur l’environnement.

A l’heure actuelle où le bien-être animal est devenu  d’une grande importance dans notre société et même une compétence ministérielle, comment peut-on encore imaginer que des personnes nourrissent des animaux pour pouvoir en tuer plus et ainsi accroitre leur plaisir ? Il s‘agit bien là de perversion.

Figure 2 : Sur les sites de nourrissage, des dizaines de tonnes de grains sont distribuées aux sangliers chaque année menant à de grands déséquilibres dans l’écosystème forestier (Damien Hubaut).

Quelques informations à ce propos :

a) Les populations de sangliers ont quadruplé depuis les années 80 (Figure 1) !

b) Le sanglier est omnivore, de trop grandes densités ont donc un impact négatif fort sur la régénération de la forêt, sur certaines plantes et sur les animaux en danger d’extinction (la plupart des reptiles et certains oiseaux comme l’Engoulevent d’Europe ou la Gélinotte des bois). C’est l’ensemble des écosystèmes qui sont perturbés.

c) Sur un territoire de chasse où sont présents 80 sangliers adultes, le chasseur distribuera 55 tonnes de grains annuellement (Figure 2) et prélèvera 160 sangliers.Etant donné que le nourrissage permet le triplement de la population.

d) Pour pouvoir tuer autant de sangliers, des battues doivent être réalisées très régulièrement. Il s’agit du pire type de chasse pour la forêt et les animaux (ils sont nombreux à y être blessés) comme expliqué dans la première dérive.

La Ligue demande donc que les politiques prennent leurs responsabilités, pour la nature et pour le sanglier. Une période transitoire de deux ans durant laquelle le nourrissage est fortement limité devrait donc être fixée. Ensuite, il devrait être interdit complètement.

Dérives déjà parues : 

• Le non-respect du bien-être animal et de la législation

• L’appropriation de la forêt par les chasseurs

A suivre :

• La chasse d’espèces en déclin : Perdrix grise et Sarcelle d’hiver

• L’introduction de perdrix et de faisans d’élevage pour la chasse