SOMMAIRE

EDITO 5

1922-2014 : 92 ANNÉES DE COMBATS 6

POUVOIRS PUBLICS ET NATURE 9

HOMME & OISEAU 14

IL Y A 100 ANS… 18

OISEAUX DANS LE MONDE 22

LU, VU ET ENTENDU 30

NOTRE CENTRE NATURE 40

NOUVELLES DE NOS RÉSERVES 45

LA LIGUE EN ACTION 46

AGENDA 48

HERPÉTOLOGIE 52

BOUTIQUE VERTE 64

OISEAU DE L’ANNÉE 66

RECUEILLIR • SOIGNER • RELÂCHER 69

EDITO

Le monde à l’envers

Aux îles Féroé, quatorze volontaires de l’ONG Sea Shepherd qui voulaient s’opposer au massacre des Dauphins globicéphales, ont été interpellés par la marine danoise et un de leurs bateaux saisi. Six militants ont été expulsés et huit autres devraient être jugés pour « entrave à une opération de pêche légale ». Ce sont les responsables de ces tueries de cétacés, de ces bains de sang, qui devraient être arrêtés, jugés, expulsés… C’est le monde à l’envers.

Ainsi, la tradition autorise les féringiens à tuer les Globicéphales. Elle autorise les maltais, les chypriotes, les libanais à tuer les Oiseaux, les canadiens à tuer les Phoques, les japonais et les norvégiens à tuer les Baleines, les tendeurs des Ardennes françaises à tuer 20.000 Grives chaque année… La liste est longue. Au nom de la tradition, l’homme peut détruire tout ce qui lui plaît. Il suffit de dire : « On a toujours fait comme ça… ».

La Région wallonne admet que la Perdrix grise et la Sarcelle d’hiver sont des espèces menacées et dans le même temps, elle en autorise la chasse. C’est le monde à l’envers.

Les chasseurs, qui se plaignent tout le temps de la disparition de la Perdrix, continuent paradoxalement à la chasser. Ils les tueront jusqu’à la dernière. Ils ont toujours fait comme ça! Et les informer, les sensibiliser ne suffit pas, cela ne sert presqu’à rien. Ils sont butés. Ils ont peur que si on protège ces espèces, c’est tout leur passe-temps et leur liberté de tuer qui seront menacés.

Dans les années cinquante et soixante, les chasseurs, tendeurs, colombophiles étaient bien informés des problèmes environnementaux graves liés à la disparition des Rapaces. Ils continuèrent, cependant, à les piéger, à les tuer, parce qu’ils ont toujours fait comme ça. Compter sur la bonne volonté des gens pour respecter les espèces ne suffit pas. C’est un voeu pieux. Seule une bonne législation assortie de contrôles efficaces sauvera la Nature. Avec la protection des rapaces en 1972, et les amendes à la clef, la situation s’est améliorée et on a commencé à revoir Buses et Faucons dans le ciel.

Malheureusement, le pouvoir législatif n’est pas toujours à la hauteur. En 1980, à une question parlementaire, le ministre en charge de l’Agriculture s’est débarrassé de la question en répondant que la protection de la Perdrix était du ressort des chasseurs…

L’information sauvera la Nature disait Christian Zuber ; j’ajouterai : une bonne législation aussi. Globicéphales, Perdrix grises même combat.

Jean-Claude Beaumont, Président